اللغة الفرنسية🎓 هدف البكالوريا

Projet 2 — Le débat d'idées Concéder ou réfuter dans un débat

Concéder ou réfuter dans un débat — Compréhension de l'écrit

🔊 المعلّمة تقرأ لك
Un homme est attaqué pour avoir confié ses enfants à un hospice. Il ne nie rien — « Oui, madame, j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés » — et pourtant il refuse d'être jugé coupable. Il accorde le fait, il conteste le jugement. Peut-on reconnaître ce qu'on vous reproche, et gagner quand même le débat ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التعرّف على التنازل والدحض في نصّ حجاجيّ رسائليّ
  • التمييز بين الاعتراف بالواقعة ورفض الحكم الذي يُطلق عليها
  • تحديد وظيفة الأسئلة البلاغية والمعضلة ⁦(dilemme)⁩ في الإقناع
  • استخراج حجج الكاتب وتصنيفها
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • مفهوم الأطروحة والحجّة
  • أدوات التعارض والتنازل: ⁦certes… mais⁩
  • قرائن حضور الكاتب في نصّه
Lettre à Madame de Francueil

(J.-J. Rousseau a confié ses cinq enfants aux Enfants-Trouvés, organisme qui correspond aujourd'hui à l'assistance publique. Il a été pour cela l'objet de multiples attaques.) À Madame de Francueil, Paris, le 20 avril 1751. Oui, madame, j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés ; j'ai chargé de leur entretien l'établissement fait pour cela. Si ma misère et mes maux m'ôtent le pouvoir de remplir un soin si cher, c'est un malheur dont il faut me plaindre, et non un crime à me reprocher. Je leur dois la subsistance, je la leur ai procurée meilleure ou plus sûre au moins que je n'aurais pu la leur donner moi-même. Vous connaissez ma situation, je gagne au jour la journée¹ mon pain avec assez de peine ; comment nourrirais-je encore une famille ? Et si j'étais contraint de recourir au métier d'auteur, comment les soucis domestiques et les tracas des enfants me laisseraient-ils, dans mon grenier, la tranquillité d'esprit nécessaire pour faire un travail lucratif ? Les écrits que dicte la faim ne rapportent guère et cette ressource est bientôt épuisée. Il faudrait donc recourir aux protections, à l'intrigue, au manège, briguer quelque vil emploi ; le faire valoir par les moyens ordinaires, autrement il ne me nourrira pas, et me sera bientôt ôté ; enfin, me livrer moi-même à toutes les infamies pour lesquelles je suis pénétré d'une si juste horreur. Nourrir, moi, mes enfants et leur mère, du sang des misérables ! Non, madame, il vaut mieux qu'ils soient orphelins que d'avoir pour père un fripon. ¹ au jour la journée : au jour le jour. Jean Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, Booking International, Paris, 1994.

Observation

لاحظ العناصر المحيطة بالنصّ: التقديم والعنوان والتاريخ، فهي تكفي لتوقّع نوع النصّ.
Observe les éléments périphériques du texte. Quelles hypothèses de sens peux-tu formuler ?
لاحظ العناصر المحيطة بالنصّ. ما الفرضيات التي يمكن أن تصوغها؟
ÉlémentCe qu'il ditCe qu'on en déduit
Le chapeauRousseau a confié ses cinq enfants aux Enfants-Trouvés et a été attaqué pour celale texte répondra à ces attaques
Le titre« Lettre à Madame de Francueil »une lettre : un « je » s'adresse à une personne précise
La date et le lieuParis, le 20 avril 1751une lettre datée, au XVIIIe siècle
L'auteurJean-Jacques Rousseaucelui-là même qu'on attaque

Hypothèse avant lecture : une lettre où Rousseau se défend — un texte argumentatif, écrit pour répondre à des reproches.

Lecture analytique

أجب عن كلّ سؤال في ذهنك أو على كرّاسك أوّلا، ثمّ افتح الجواب لتصحّح نفسك. ⛔ لا تفتح قبل أن تُجيب : الجواب الجاهز لا يُعلّم شيئا.
L'auteur se manifeste-t-il dans le texte ? Quels sont les indices qui y renvoient ?
هل يظهر الكاتب في النصّ؟ ما القرائن الدالّة على ذلك؟

Oui, à chaque phrase — c'est une lettre, et il y plaide sa propre cause : — la 1re personne : « j'ai mis mes enfants », « ma misère et mes maux », « je gagne […] mon pain », « comment nourrirais-je » ; — l'insistance sur soi : « Nourrir, moi, mes enfants et leur mère » ; — la ponctuation expressive : questions et exclamation — « du sang des misérables ! ». ⟹ Le « je » n'est pas ici celui d'un témoin qui raconte : c'est celui d'un accusé qui se défend.

À qui s'adresse-t-il ?
إلى من يوجّه كلامه؟

À Madame de Francueil, la destinataire de la lettre. Il l'interpelle directement, au début et à la fin : « Oui, madame », « Non, madame ». Et il la prend à témoin : « Vous connaissez ma situation ». ⟹ Remarque l'effet de ce « Vous connaissez » : il rappelle à son interlocutrice qu'elle sait déjà ce qu'il va dire — et qu'elle ne peut donc pas le contester.

Que lui reproche son interlocutrice ? Relève l'expression qui le montre.
بمَ تلومه محاورته؟ استخرج العبارة الدالّة على ذلك.

Elle lui reproche d'avoir mis ses enfants aux Enfants-Trouvés — et elle y voit une faute grave. L'expression qui le montre est celle que Rousseau reprend pour la rejeter : « un crime à me reprocher ». Le début de la lettre, « Oui, madame, j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés », sonne d'ailleurs comme la réponse à une question qu'on lui aurait posée.

L'auteur accepte-t-il ces reproches ? Relève l'expression qui le montre.
هل يقبل الكاتب هذه اللوم؟ استخرج العبارة الدالّة على ذلك.

Il accepte le fait, il refuse le reproche. Deux temps, en deux phrases : — il concède le fait : « Oui, madame, j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés » ; — il refuse le jugement : « c'est un malheur dont il faut me plaindre, et non un crime à me reprocher ». ⟹ Tout se joue dans « et non » : il remplace le mot de son adversaire (« crime ») par le sien (« malheur »). Le fait reste le même ; c'est sa qualification qui change — et avec elle, la réponse : on ne punit pas un malheureux, on le plaint.

Observe les questions posées dans le deuxième paragraphe. Quelles réponses l'auteur attend-il ?
لاحظ الأسئلة المطروحة في الفقرة الثانية. ما الأجوبة التي ينتظرها الكاتب؟

Il n'attend qu'une seule réponse à chacune — la sienne : — « comment nourrirais-je encore une famille ? » → tu ne le pourrais pas ; — « comment les soucis domestiques et les tracas des enfants me laisseraient-ils […] la tranquillité d'esprit nécessaire pour faire un travail lucratif ? » → ils ne te la laisseraient pas. Ce sont des questions oratoires : elles ont la forme d'une question, mais elles « ne peuvent avoir qu'une réponse possible : celle voulue par le locuteur ».

Pourquoi, d'après toi, l'auteur utilise-t-il ce procédé ?
لماذا يستعمل الكاتب هذا الأسلوب في رأيك؟

Pour faire répondre son interlocutrice à sa place. Une affirmation — « je ne pouvais pas nourrir une famille » — se discute. Une question oratoire oblige l'autre à formuler elle-même la réponse ; et une conclusion qu'on a tirée soi-même, on la conteste beaucoup moins. D'autant que Rousseau l'a préparée : « Vous connaissez ma situation ». ⟹ Le procédé transforme l'accusatrice en complice du raisonnement.

Quels arguments Rousseau utilise-t-il pour justifier son acte ?
ما الحجج التي يستعملها روسو لتبرير فعله؟
ArgumentCe que dit le texte
la misère et la maladie l'empêchent d'élever ses enfants« Si ma misère et mes maux m'ôtent le pouvoir de remplir un soin si cher… »
l'établissement leur assure une vie meilleure que la sienne« je la leur ai procurée meilleure ou plus sûre au moins que je n'aurais pu la leur donner moi-même »
il gagne à peine sa propre vie« je gagne au jour la journée mon pain avec assez de peine »
écrire avec des enfants à charge ne le nourrirait pas« Les écrits que dicte la faim ne rapportent guère et cette ressource est bientôt épuisée. »
les seuls autres moyens seraient malhonnêtes« recourir aux protections, à l'intrigue, au manège, briguer quelque vil emploi »

⟹ Une progression : de la misère (je ne peux pas) à la morale (je ne veux pas devenir malhonnête). Le dernier argument est le plus fort, et c'est lui qui prépare la dernière phrase.

Pour quelle raison Rousseau refuse-t-il de recourir aux « moyens ordinaires » pour prendre en charge sa famille ?
لماذا يرفض روسو اللجوء إلى « الوسائل المعتادة » لإعالة أسرته؟

Parce que ces « moyens ordinaires » sont, pour lui, déshonorants : « les protections, l'intrigue, le manège », « quelque vil emploi » — bref, « toutes les infamies pour lesquelles je suis pénétré d'une si juste horreur ». Nourrir sa famille à ce prix, ce serait la nourrir « du sang des misérables ». Son refus repose donc sur une valeur : l'honnêteté. Et remarque le renversement : ce n'est plus lui qui a quelque chose à se reprocher, c'est la société, qui ne laisse au pauvre que le choix entre la misère et l'infamie.

Quel choix Rousseau présente-t-il dans la dernière phrase ? Pourquoi est-ce un piège pour son interlocutrice ?
ما الاختيار الذي يعرضه روسو في الجملة الأخيرة؟ ولماذا يُعدّ فخّا لمحاورته؟

« Non, madame, il vaut mieux qu'ils soient orphelins que d'avoir pour père un fripon. » Rousseau enferme la question dans un choix à deux issues, et deux issues seulement : des enfants confiés à un établissement, ou des enfants nourris par un malhonnête homme. C'est un dilemme — « on enferme la thèse dans un choix impossible ». Le piège est là : entre ces deux maux, aucun lecteur honnête ne peut préférer le second. Madame de Francueil est donc amenée à approuver ce qu'elle reprochait. Mais un dilemme se discute : existait-il vraiment aucune autre voie ? C'est la question que doit se poser tout lecteur critique.

Faire le point

أعد قراءة هاتين الخلاصتين مرّتين، ثمّ أغلق الصفحة وأعد صياغتهما بكلماتك. هما التعريفان اللذان ستوظّفهما في الامتحان.
Relis ces deux définitions deux fois, puis ferme la page et reformule-les avec tes mots. Ce sont les deux opérations du débat que tu réutiliseras en épreuve.
Concéder, c'est admettre que les arguments de l'interlocuteur sont recevables pour mieux leur opposer des arguments contraires. Réfuter consiste à contester la pertinence du point de vue avancé par l'adversaire en niant la relation de cause à effet, en niant la vérité d'un jugement ou en mettant en évidence les contradictions possibles.

Expression écrite

الهدف: أن تعارض محاورك بعد أن تعترف له ببعض حججه، فتكون حججك أقوى.
Voici quelques arguments qu'un interlocuteur t'avance lors d'un débat sur le travail des enfants : — Ils pourront aider leurs parents. — En les employant, je leur évite les mauvaises fréquentations. — En les rémunérant, je leur donne les moyens de s'affranchir. Rédige une dizaine de lignes pour t'opposer à ton interlocuteur. Tu commences par admettre certains de ses arguments pour introduire les tiens, d'une plus forte valeur — comme Rousseau accorde le fait avant de contester le jugement. Tes outils : il est vrai que…, j'admets que…, certes… mais, cependant.
Compare avec un modèle
قارن ما كتبتَه بهذا النموذج.

Il est vrai qu'un enfant qui travaille peut aider ses parents, et j'admets même qu'un atelier l'éloigne parfois des mauvaises fréquentations. Mais ce salaire, il le paie de son enfance : chaque heure passée à l'atelier est une heure perdue pour l'école. Et tu dis le rémunérer pour qu'il s'affranchisse : c'est pourtant l'école, et non quelques pièces de monnaie, qui lui donnera un jour les moyens d'être libre. ⚖️ Regarde la construction : deux arguments concédés (« Il est vrai que », « j'admets »), puis un mot d'opposition (« Mais »), puis le troisième argument retourné contre celui qui l'avançait. On n'a pas rejeté l'adversaire en bloc : on lui a donné raison sur ce qui est recevable, pour mieux le battre sur l'essentiel.

Expression orale

يُنجَز وحدك، بهاتف أو حاسوب: اعترف ثمّ ادحض، سجّل صوتك، أعد الاستماع، ثمّ أعد التسجيل.
À faire seul, avec un téléphone ou un ordinateur. Tes parents te reprochent de passer trop de temps avec tes amis. ① Prépare une argumentation pour rejeter ce reproche — mais commence, comme Rousseau, par reconnaître ce qui est vrai (« Oui, je passe beaucoup de temps avec eux… »). ② Enregistre-toi en une minute : un fait concédé, un jugement contesté (« … et non… »), deux arguments. ③ Réécoute-toi : as-tu vraiment concédé quelque chose, ou seulement fait semblant ? Une concession qui n'accorde rien ne convainc personne. ④ En classe, chacun lira son texte ; tu prendras des notes pour présenter, oralement, le compte rendu de ces lectures.
En épreuve, ce type de texte revient sous des consignes comme « L'auteur accepte-t-il les reproches ? Relevez l'expression qui le montre », « Quel procédé l'auteur utilise-t-il dans le deuxième paragraphe ? Dans quel but ? », « Relevez les arguments de l'auteur ». Aie trois choses prêtes : ① les deux définitions — concéder, c'est admettre les arguments recevables de l'adversaire pour mieux lui opposer les siens ; réfuter, c'est contester son point de vue, notamment en niant la vérité d'un jugement ; ② les marques repérables — « Oui, madame » (le fait concédé), « et non » (le jugement rejeté), les questions oratoires, le dilemme ; ③ la distinction entre un fait et le jugement qu'on porte sur lui. ⚠️ L'erreur à éviter : écrire que Rousseau « accepte les reproches » parce qu'il avoue les faits. Avouer un fait n'est pas accepter le jugement qu'on porte sur lui.
Ce que je retiens — Dans un débat, concéder et réfuter vont souvent ensemble. Rousseau concède d'abord ce qu'il ne peut pas nier — « Oui, madame, j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés » —, puis il réfute le jugement de son adversaire en le remplaçant par le sien : « un malheur […], et non un crime ». Pour convaincre, il pose des questions oratoires, qui n'admettent qu'une réponse — la sienne —, et il finit par un dilemme, qui ne laisse le choix qu'entre deux maux. Concéder n'est donc pas céder : c'est accorder ce qui est recevable pour mieux l'emporter sur l'essentiel.

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