اللغة الفرنسية🎓 هدف البكالوريا

Projet 4 — La nouvelle fantastique Rédiger une nouvelle fantastique

Rédiger une nouvelle fantastique — Compréhension de l'écrit

🔊 المعلّمة تقرأ لك
Un barbier se lève, sent l'odeur du pain chaud, épluche deux oignons, coupe son pain… et y trouve un nez. Rien, dans la scène qui précède, ne montrait l'étrange : une chambre, une épouse qui aime le café, un petit-déjeuner d'oignons. Pourquoi un récit qui veut troubler son lecteur commence-t-il par le rassurer ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التعرّف على الوضعية الافتتاحية في القصّة العجائبية (⁦fantastique⁩): واقع يوميّ مألوف وشخصية عادية
  • تحديد اللحظة التي يقتحم فيها حدثٌ لا تفسير له هذا الإطارَ الواقعيّ
  • مقارنة موقفي الشخصيتين أمام الحدث الغريب: من يفسّر ومن يشكّ
  • تعليل الزمن الغالب وأثره في إيقاع السرد وفي خلق الترقّب
  • كتابة بداية قصّة يقتحم فيها حدثٌ غريب وضعيةً يومية
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • أزمنة السرد: ⁦passé simple, imparfait⁩
  • مستويات اللغة: الراقي والمألوف والعاميّ
  • عناصر القصّة: الشخصيات والزمان والمكان والحدث
Le Nez

Le 25 mars, un événement tout à fait étrange s'est produit à Saint-Pétersbourg. Le barbier Ivan Iakovlévitch, demeurant avenue Voznéssenki (le souvenir de son nom de famille est perdu et son enseigne même ne porte rien de plus que la tête d'un monsieur au visage barbouillé de savon et l'inscription : Ici on pratique aussi la saignée), il s'éveilla d'assez bonne humeur et sentit l'odeur du pain chaud. Se soulevant à demi sur son lit, il vit que son épouse, une dame assez respectable et qui appréciait beaucoup le café, retirait des pains du four. — Aujourd'hui, Prascovia Ossipovna, je ne prendrai pas de café, dit Ivan Iakovlévitch ; je mangerai plutôt du pain chaud et de l'oignon (Ivan Iakovlévitch se serait volontiers régalé de café et de pain frais, mais il savait qu'il était inutile de demander deux choses à la fois : Prascovia Ossipovna n'admettait pas ces fantaisies). « Il n'a qu'à manger du pain, l'imbécile ! songea la dame ; tant mieux pour moi : il me restera plus de café ». Et elle lança un pain sur la table. Soucieux des convenances, Ivan Iakovlévitch enfila son habit par-dessus sa chemise et s'étant installé à table, il éplucha deux oignons, les saupoudra de sel, prit en main son couteau et, la mine solennelle, se mit en devoir de couper le pain. L'ayant partagé en deux, il aperçut à son grand étonnement une masse blanchâtre dans la mie ; il piqua la chose avec précaution du bout de son couteau, puis la tâta du doigt : « C'est dur, se dit-il ; qu'est-ce que cela pourrait bien être ? » Il plongea ses doigts dans la mie et en retira… un nez ! Les bras lui en tombèrent. Il se frotta les yeux et palpa l'objet : oui, c'était bien un nez. Et de plus, un nez qu'il lui semblait connaître. La terreur se peignit sur le visage d'Ivan Iakovlévitch. Mais cette terreur n'était rien auprès de la colère qui s'empara de son épouse. — Où as-tu coupé ce nez, animal ? s'écria-t-elle furieuse. Canaille ! Ivrogne ! Je vais te livrer à la police, brigand ! J'ai déjà entendu trois clients se plaindre que tu tirais tellement sur leurs nez en leur faisant la barbe que tu as failli le leur arracher. Cependant Ivan Iakovlévitch était plus mort que vif : il avait reconnu ce nez, qui n'était autre que le nez de l'assesseur de collège Kovaliov qu'il rasait chaque mercredi et chaque dimanche. N. Gogol, Le Nez (1835), traduction française, Éd. Flammarion, 1995.

Observation

🔊 اقرأ النصّ بصوت مرتفع مرّة واحدة قبل أن تجيب، ثمّ استعمل زرّ « المعلّمة تقرأ لك » واتبع بعينيك: ستسمع كيف يتباطأ السرد قبل ظهور الأنف.
Observe le titre et les références du texte : quelles hypothèses de sens suggèrent-ils ?
لاحظ العنوان ومرجع النصّ: ما الفرضيات التي يوحيان بها؟
ÉlémentCe qu'il ditCe qu'on en déduit
Titre« Le Nez »un simple nom commun : que peut-on raconter d'un nez ?
Date1835un récit du XIXe siècle
Traductiontraduction française, Éd. Flammarionle texte a été écrit dans une autre langue
Première phrase« Le 25 mars », « à Saint-Pétersbourg »une date précise, une ville réelle

Une hypothèse s'impose avant la lecture : un récit ancré dans le réel, daté et situé. Et pourtant la toute première phrase annonce « un événement tout à fait étrange » : le cadre est réel ; l'événement, peut-être pas.

Lecture analytique

أجب عن كلّ سؤال في ذهنك أو على كرّاسك أوّلا، ثمّ افتح الجواب لتصحّح نفسك. ⛔ لا تفتح قبل أن تُجيب: الجواب الجاهز لا يُعلّم شيئا.
Les personnages sont-ils situés socialement avec précision (identité, famille, métier) ?
هل حُدّدت مكانة الشخصيات الاجتماعية بدقّة: الهويّة، والأسرة، والمهنة؟
PersonnageCe que le texte en dit
Ivan Iakovlévitchbarbier ; demeure avenue Voznéssenki ; son enseigne annonce « Ici on pratique aussi la saignée »
Prascovia Ossipovnason épouse ; « une dame assez respectable et qui appréciait beaucoup le café »
Kovaliovassesseur de collège ; client rasé « chaque mercredi et chaque dimanche »

Oui, avec une grande précision : des noms complets, un métier, une adresse, une habitude, un client régulier. Ce sont des gens ordinaires, dans leur vie de tous les jours. ⭐ Une seule précision manque, et le texte le dit lui-même : « le souvenir de son nom de famille est perdu ». Le récit se donne l'air d'un rapport exact — jusqu'à avouer ce qu'il ignore.

Quel niveau de langue la femme du barbier utilise-t-elle ? En quoi cela accentue-t-il la banalité de la scène ?
ما مستوى اللغة الذي تستعمله زوجة الحلّاق؟ وكيف يزيد ذلك المشهدَ عاديةً؟

Un niveau familier, qui va jusqu'à l'injure : « l'imbécile ! », « animal », « Canaille ! Ivrogne ! », « brigand ! » — et le tutoiement de la dispute : « Où as-tu coupé ce nez ». C'est la langue d'une querelle de ménage. Même devant un nez trouvé dans le pain, elle ne s'émerveille pas, elle ne s'effraie pas : elle crie après son mari, comme chaque jour sans doute. L'extraordinaire est reçu avec les mots les plus ordinaires — et la scène n'en paraît que plus banale.

Dans le paragraphe qui précède la découverte du nez, comment est créé un effet d'attente et de tension ? Repère le temps le plus utilisé et indique sa valeur. Quelle en est la conséquence sur le rythme du récit ?
كيف يُخلق الترقّب في الفقرة التي تسبق اكتشاف الأنف؟ حدّد الزمن الأكثر استعمالا وقيمته، وأثره في إيقاع السرد.

Le temps dominant est le passé simple : « enfila », « éplucha », « saupoudra », « prit », « se mit en devoir de couper », puis « aperçut », « piqua », « tâta ». Sa valeur : des actions successives et achevées, qui s'enchaînent une à une. L'effet d'attente vient de leur nombre et de leur banalité : enfiler un habit, éplucher deux oignons, les saler, prendre son couteau « la mine solennelle »… Le récit détaille chaque geste d'un petit-déjeuner, comme au ralenti. Puis tout se resserre : « une masse blanchâtre », « la chose », « avec précaution », une question — « qu'est-ce que cela pourrait bien être ? ». ⟹ Conséquence sur le rythme : le récit ralentit, puis se tend, et la découverte tombe d'un coup, suspendue par des points de suspension : « et en retira… un nez ! ».

L'épouse du barbier est-elle perturbée par ce fait insolite ? Quelle explication immédiate en donne-t-elle ?
هل اضطربت زوجة الحلّاق أمام هذا الأمر الغريب؟ وما التفسير الفوريّ الذي قدّمته؟

Elle n'est pas troublée par l'étrangeté, elle est en colère : « cette terreur n'était rien auprès de la colère qui s'empara de son épouse ». Son explication est immédiate, et rationnelle : son mari a coupé ce nez à un client en le rasant — « Où as-tu coupé ce nez, animal ? […] J'ai déjà entendu trois clients se plaindre que tu tirais tellement sur leurs nez en leur faisant la barbe que tu as failli le leur arracher ». ⟹ Elle ramène l'inexplicable à l'ordinaire : un accident de métier, un crime à dénoncer à la police. Il n'y a, pour elle, rien de surnaturel — seulement un mauvais barbier.

Le barbier partage-t-il les certitudes de son épouse ?
هل يشارك الحلّاقُ زوجتَه يقينها؟

Non. Lui ne comprend rien, et son corps le dit : « Les bras lui en tombèrent », « Il se frotta les yeux et palpa l'objet », « La terreur se peignit sur son visage », « plus mort que vif ». Il vérifie avec ses sens, comme quelqu'un qui n'en croit pas ses yeux. Et sa seule certitude l'enfonce davantage : « un nez qu'il lui semblait connaître », puis « il avait reconnu ce nez, qui n'était autre que le nez de l'assesseur de collège Kovaliov ». Il sait à qui est ce nez — il ne sait pas comment il est arrivé dans le pain.

Compare les deux types d'attitude face à cet événement extraordinaire.
قارن بين الموقفين أمام هذا الحدث الخارق.
CritèreL'épouseLe barbier
Sentimentla colèrel'étonnement, puis la terreur
Rapport à l'événementelle l'explique aussitôtil ne peut pas l'expliquer
Indices« Où as-tu coupé ce nez, animal ? »« Il se frotta les yeux », « plus mort que vif »

⟹ Deux réactions face au même fait : celle qui refuse l'étrange en l'expliquant, et celle qui le subit sans explication. Le lecteur est placé entre les deux — et c'est dans cet entre-deux que le récit va l'installer.

À la fin de cet extrait, peux-tu dire de façon certaine si ce récit est réaliste ou fantastique ?
في نهاية هذا المقطع، هل تستطيع أن تجزم بأنّ هذه القصّة واقعية أو عجائبية؟

Non — et c'est précisément le but. — Tout est réaliste : une date, une ville, un barbier, des oignons, une dispute de ménage ; — mais un fait inexpliqué a fait irruption : un nez, reconnu comme celui d'un client, cuit dans la mie d'un pain que l'épouse vient de sortir du four. L'explication de l'épouse ne dit pas comment il y est entré. L'action a commencé au cœur d'un univers quotidien ou familier, jusqu'à l'irruption d'un élément ou d'un fait inexpliqué. Le lecteur ne peut trancher ni pour l'explication naturelle, ni pour le surnaturel : cette indécision est la marque du récit fantastique.

Faire le point

أعد قراءة هذه الخلاصة مرّتين، ثمّ أغلق الصفحة وأعد صياغتها بكلماتك. هي التعريف الذي ستعيد توظيفه في الامتحان.
Relis ce paragraphe deux fois, puis ferme la page et reformule-le avec tes mots. C'est la définition que tu réutiliseras en épreuve.
La situation initiale du récit fantastique commence par évoquer une réalité quotidienne et familière. Le personnage lui-même est un être banal, sans qualités exceptionnelles, contrairement aux héros des contes et des romans d'aventures. Cette présentation sert à rassurer le lecteur (pour mieux le perturber ensuite).

Expression écrite

الهدف: أن تكتب بداية قصّة عجائبية تطمئن القارئ قبل أن تربكه. نعمل في مرحلتين — أوّلا نملأ المخطّط، وثانيا فقط نحرّر.
Dans un récit d'une quinzaine de lignes, présente, à ton tour, une situation de la vie quotidienne dans laquelle surgit un événement ou un fait inexpliqué. On y va en deux temps — d'abord tu REMPLIS le plan, ensuite seulement tu rédiges. C'est cet ordre qui t'évite de jeter l'étrange dès la première ligne, avant d'avoir rassuré ton lecteur.
Remplis ce tableau (la 1re ligne est faite pour toi)
ÉtapeCe qu'elle doit contenirCe que tu écris
Le cadre quotidienun lieu, un moment, des gestes ordinaires« Un mardi de novembre, pendant le cours de mathématiques… »
Le personnage banalun être sans qualités exceptionnelles, situé avec précision…
L'irruption du fait inexpliquéun détail qui ne devrait pas être là…
Les réactionsdeux attitudes : celui qui explique, celui qui doute…
Recopie ce tableau sur ton cahier et complète la dernière colonne.
Corrige ton tableau
صحّح جدولك بمقارنته بهذا.
ÉtapeCe qu'on peut écrire
Le cadre quotidienun mardi de novembre, en classe, pendant le cours de mathématiques
Le personnage banalSamir, dix-sept ans, élève sans histoire, fils d'un chauffeur de taxi
L'irruption du fait inexpliquédans son cahier, la solution complète d'un exercice que le professeur n'a pas encore donné, écrite de sa main
Les réactionsson voisin : « Tu l'as copiée hier soir ! » ; Samir, lui, n'a jamais vu cet énoncé

Si ta ligne « irruption » arrive avant que le lecteur connaisse le lieu et le personnage, recommence : l'étrange n'a de force que sur un fond déjà rassurant.

② Maintenant, rédige ton récit, en suivant ton tableau ligne par ligne. Vise une quinzaine de lignes, au passé simple pour les actions et à l'imparfait pour le décor, et ne donne pas d'explication à la fin.
Compare avec un modèle
قارن ما كتبتَه بهذا النموذج.

Un mardi de novembre, pendant le cours de mathématiques, Samir ouvrit son cahier comme il le faisait chaque matin. C'était un garçon de dix-sept ans sans histoire, fils d'un chauffeur de taxi, assis au troisième rang, près de la fenêtre. Le professeur écrivait l'énoncé du devoir au tableau ; la craie grinçait, un camion passait dans la rue. Samir tourna une page, puis une autre, et s'arrêta net. Sur la troisième, quelqu'un avait écrit la solution complète de l'exercice que le professeur recopiait à cet instant même — ligne après ligne, jusqu'au résultat encadré. L'écriture était la sienne : il reconnaissait ses chiffres penchés, ses flèches trop longues. « Tu l'as copiée hier soir, voilà tout ! » souffla son voisin. Samir ne répondit pas. Il n'avait jamais vu cet énoncé. Et en bas de la page, d'une encre encore fraîche, une date était écrite : celle du lendemain. ⚖️ Regarde ce que ce modèle fait, et fais pareil : il installe d'abord le quotidien (un jour, une classe, des bruits ordinaires), il situe un personnage banal, il fait surgir un détail impossible, il oppose deux attitudes (le voisin explique, Samir doute) — et il s'arrête sans rien expliquer.

Expression orale

يُنجَز وحدك، بهاتف أو حاسوب: سجّل الحوار بصوتين، أعد الاستماع، ثمّ أعد التسجيل وقارن.
À faire seul, avec un téléphone ou un ordinateur. ① Imagine un dialogue entre Ivan Iakovlévitch et sa femme, qui tentent d'expliquer la présence du nez dans le pain. ② Donne à chacun sa manière : l'épouse explique tout, vite et fort ; le barbier ne comprend rien, hésite, se contredit. ③ Enregistre-toi en jouant les deux voix — une minute au plus — puis réécoute-toi une seule fois : entend-on la différence entre celle qui est sûre d'elle et celui qui doute ? ④ Réenregistre-toi, et compare. ⭐ Ta scène est réussie si, à la fin, personne n'a trouvé l'explication — ni les personnages, ni celui qui écoute.
En épreuve, un début de récit fantastique revient sous des consignes comme : « Les personnages sont-ils situés socialement avec précision ? », « Comparez les deux types d'attitude face à cet événement », « Pouvez-vous dire de façon certaine si ce récit est réaliste ou fantastique ? ». Aie trois choses prêtes : ① la situation initiale en une phrase — une réalité quotidienne et familière, un personnage banal, pour rassurer le lecteur avant de le perturber ; ② le moment de rupture — la phrase où le fait inexpliqué fait irruption, citée ; ③ la comparaison des attitudes — celui qui explique, celui qui doute. ⚠️ L'erreur à éviter : répondre « fantastique » parce qu'il se passe quelque chose d'impossible. Ce qui fait le fantastique, ce n'est pas l'impossible : c'est l'indécision — le cadre est réel, le fait ne s'explique pas, et le lecteur ne peut pas trancher.
Ce que je retiens — Une nouvelle fantastique s'ouvre au cœur d'un univers quotidien et familier : chez Gogol, une chambre, une odeur de pain chaud, un barbier et son épouse qui aime le café. Le personnage est un être banal, situé avec précision — un nom, un métier, une adresse : tout est fait pour rassurer le lecteur, pour mieux le perturber ensuite. Puis un fait inexpliqué fait irruption — un nez dans la mie — et deux attitudes s'opposent : celle qui explique (l'épouse accuse son mari) et celle qui doute (le barbier se frotte les yeux, reste « plus mort que vif »). Le passé simple, en égrenant des gestes ordinaires, ralentit le récit, et l'étrange n'en frappe que plus fort. À la fin, rien ne permet de trancher : c'est cette indécision qui fait le fantastique.

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