Projet 4 — La nouvelle fantastique › Rédiger une nouvelle fantastique
Rédiger une nouvelle fantastique — Production écrite
- بناء قصّة عجائبية في بنية مركّبة: حكاية إطار وحكاية مؤطَّرة يرويها راوٍ وسيط
- وضع شخصيات عادية في إطار واقعيّ مألوف قبل اقتحام الحدث الغريب
- تدرّج الحدث العجائبيّ: علامات منذرة، ثمّ ظهور، ثمّ تجلٍّ، ثمّ تضخّم، ثمّ اختفاء
- توظيف معجم الخوف والشكّ، وأزمنة السرد، والوقفة الوصفية
- اختتام القصّة دون تفسير، بحيث يبقى القارئ متردّدا
- الراوي والراوي الوسيط، والحكاية الإطار والحكاية المؤطَّرة
- معجم الخوف والشكّ: sembler, croire, peut-être
- أزمنة السرد، والوقفة، والحذف
La consigne
① Un récit dans le récit
La nouvelle fantastique a une structure particulière : un récit encadré dans un récit-cadre. ① Le récit-cadre : un premier narrateur installe la situation — un décor réaliste, des personnages banals, un moment ordinaire. Il introduit le phénomène et prévient le lecteur. ② Le récit encadré : dans ce récit-cadre s'insère un autre récit, raconté par un narrateur-relais, le plus souvent à la 1re personne. Ce narrateur-relais, pour être digne de foi, est témoin ou acteur du drame. ③ Le retour au cadre : à la fin, le premier narrateur réapparaît pour clore la nouvelle. Pourquoi ce détour ? Parce qu'un fait incroyable, raconté par quelqu'un qui l'a vécu et qui dit « je », se discute moins facilement qu'un fait rapporté de loin. Le narrateur-relais prête sa crédibilité à l'invraisemblable.
(À la tombée de la nuit, les habitants du village […], dans la forêt équatoriale, se réunissent autour d'un feu de bois pour chanter, danser et écouter des histoires qui sont un peu la mémoire de la communauté.) Le vieillard commença alors à parler, non pas pour s'adresser à nous, mais comme s'il voulait se parler lui-même, comme s'il avait envie de se dire des confidences, ses propres confidences : « Le cri du hibou, qui arrête la joie des enfants dans la nuit limpide, demande à l'homme sage d'ouvrir les yeux pour apercevoir la mort qui rôde à la croisée des chemins. » Ce fut en ces termes remplis de mystère que Ngalandji, dit Ngala, le patriarche du village de Légroto, entama sa longue histoire, non pour les gamins pétrifiés par la peur que nous étions, mais pour lui. Histoire que nous étions obligés d'écouter parce que Ngala parlait à haute voix. — Écoutons-le ! « Notre village nichait au confluent des rivières Kossio et Yingou. En cet endroit, les galeries forestières des deux cours d'eau constituaient une véritable forêt aux arbres gigantesques […]. Je ne puis dire quelle raison avait poussé nos parents à bâtir notre village au plus profond de cette forêt. […] » E. Goyémidé, Le dernier survivant de la caravane, Éd. Hatier, 1985 → Deux narrateurs. Dans le récit-cadre, « nous » — les gamins qui écoutent — raconte la scène autour du feu. Dans le récit encadré, Ngala prend la parole à la 1re personne : « Notre village », « Je ne puis dire ». Entre les deux, une phrase de passage — « Écoutons-le ! » — et des guillemets.
Dans cet extrait, comment la première partie prépare-t-elle la seconde ?Dans cet extrait, comment la première partie prépare-t-elle la seconde ?كيف يمهّد الجزء الأوّل للجزء الثاني في هذا المقطع؟
Elle installe trois choses avant de passer la parole : — un cadre : la nuit, le feu de bois, des histoires « qui sont un peu la mémoire de la communauté » — un moment familier, presque rassurant ; — un narrateur-relais digne de foi : le patriarche du village, le plus âgé, celui qui se souvient ; — une annonce : « le cri du hibou », « la mort qui rôde à la croisée des chemins », des « termes remplis de mystère », des gamins « pétrifiés par la peur ». Avant même la première phrase de Ngala, le lecteur sait que l'histoire sera inquiétante. ⟹ C'est exactement le travail du début d'une nouvelle fantastique : introduire le phénomène et prévenir le lecteur, en faisant parler le narrateur-relais pour l'annonce.
② Le fait fantastique : du signe annonciateur à la chute
Le fait fantastique ne tombe pas d'un coup : il apparaît, s'amplifie, puis s'estompe brusquement. Chaque étape a son effet sur les personnages — et c'est cet effet, plus que le fait lui-même, que tu dois écrire. Tout au long, fais avancer le récit en mettant en relief les sentiments du narrateur face à l'événement : le champ lexical de la peur, de l'incompréhension, du doute ; des temps verbaux maîtrisés ; des modalisateurs. Et la chute ne donne pas la clé : le fait disparaît, la situation redevient normale, le premier narrateur réapparaît et conclut l'histoire sans proposer d'explication. La situation finale maintient le lecteur dans l'indécision : elle lui laisse le choix entre une interprétation naturelle ou surnaturelle. Il n'y a pas de révélation finale, comme dans le roman policier : le fait n'est ni explicable, ni réfutable.
| Étape du récit | Ce qu'éprouvent les personnages |
|---|---|
| Les signes annonciateurs du fait | des appréhensions |
| Son apparition | l'incompréhension |
| Sa manifestation | l'étonnement |
| Son développement | un sentiment de peur intense |
| Ses conséquences, s'il y en a | sur l'environnement ou sur les personnages |
| La chute : le fait disparaît, retour à une situation normale | l'incompréhension, l'incrédulité |
Pourquoi une nouvelle fantastique ne doit-elle finir ni par « Ce n'était qu'un rêve », ni par « C'était bien un fantôme » ?Pourquoi une nouvelle fantastique ne doit-elle finir ni par « Ce n'était qu'un rêve », ni par « C'était bien un fantôme » ?لماذا لا يجوز أن تنتهي القصّة العجائبية بـ « كان مجرّد حلم » ولا بـ « كان شبحا فعلا »؟
Parce que les deux phrases ferment la question — chacune dans un sens. — « Ce n'était qu'un rêve » donne une explication naturelle : tout rentre dans l'ordre, et la nouvelle devient un simple récit réaliste ; — « C'était bien un fantôme » confirme le surnaturel : on bascule dans le conte, où l'impossible va de soi. Or la nouvelle fantastique vit de l'entre-deux. Sa fin laisse au lecteur le choix entre l'explication naturelle et l'explication surnaturelle — et ne lui donne rien pour trancher. Le fait n'est ni explicable, ni réfutable : c'est cette indécision qui provoque, chez le lecteur, trouble et questionnement.
③ Ce que le correcteur regarde
| Ce qui est vérifié | Comment tu le contrôles toi-même |
|---|---|
| La structure | un récit-cadre et un récit encadré : on voit où le narrateur-relais prend la parole |
| La narration | le narrateur-relais dit « je » : il est témoin ou acteur de ce qu'il raconte |
| Le cadre | le lieu et le moment sont réalistes, les personnages bien désignés |
| Le phénomène | il est original, ou il apparaît dans des conditions particulières |
| Le lexique et le doute | la peur et l'angoisse ; des verbes comme sembler, croire, se demander ; des modalisateurs |
| La description et le rythme | des passages descriptifs liés aux événements ; des pauses, des accélérations, des ellipses |
| La clôture | une phrase qui clôt le récit et provoque une réflexion, sans rien expliquer |
Relis cette fin d'élève et dis ce qui ne va pas : « Soudain, la porte s'ouvrit toute seule et un fantôme entra. J'ai eu très peur. Le lendemain, mon père m'a expliqué que c'était le vent. »Relis cette fin d'élève et dis ce qui ne va pas : « Soudain, la porte s'ouvrit toute seule et un fantôme entra. J'ai eu très peur. Le lendemain, mon père m'a expliqué que c'était le vent. »أين الخلل في هذه الخاتمة؟ الحدث الغريب موجود، لكنّ كلّ ما يصنع العجائبيّ غائب.
Le point de départ est bon — une porte qui s'ouvre seule. Tout le reste le gâche : — aucun signe annonciateur : le fait tombe d'un coup, sans appréhension, sans préparation ; — le phénomène est nommé : « un fantôme ». Rien n'est suggéré, le lecteur n'a plus rien à imaginer ; — la peur est dite, pas rendue : « J'ai eu très peur » ne fait peur à personne — pas de lexique, pas de gradation ; — l'explication ferme tout : « c'était le vent ». L'indécision a disparu ; — les temps se mélangent : « entra » (passé simple), puis « j'ai eu », « m'a expliqué » (passé composé), sans raison. Une fin possible : « Mon père dit que c'était le vent. Je le crus, ou voulus le croire. Il n'y avait pourtant pas eu un souffle de vent, cette nuit-là. » — l'explication est donnée… et aussitôt fragilisée par un seul détail.
À toi d'écrire
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