اللغة الفرنسية🎓 هدف البكالوريا

Projet 3 — L'appel L'appel

L'appel — Compréhension de l'oral

🔊 المعلّمة تقرأ لك
Un soir d'hiver, une voix sort du poste de radio et commence par trois mots : « Mes amis, au secours… » Pas de bonjour, pas de présentation — un cri. En quelques minutes, cette voix va décrire une nuit glaciale, réclamer des couvertures et fixer un rendez-vous pour le soir même. Comment une voix, sans image, peut-elle pousser ceux qui l'écoutent à se lever et à agir ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التعرّف، بالاستماع، على نداء إذاعيّ: من يتكلّم، ولمن، وبأيّ وسيلة
  • تحديد الجزء العرضيّ الذي يصف الوضعية، وتمييزه عمّا يليه من دعوة إلى الفعل
  • التقاط الكلمات التي تكرّر فكرة البرد، وتسمية هذا الأسلوب: ⁦l'anaphore⁩
  • التمييز بين الحجج التي تخاطب العقل والحجج التي تخاطب العاطفة
  • إلقاء نداء شفويّ بنبرة وإيقاع يُسمعان الاستعجال
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • مؤشّرات التلفّظ: المتكلّم والمخاطَب والزمان والمكان
  • صيغة الأمر في الفرنسية
  • أخذ رؤوس أقلام أثناء الاستماع دون كتابة كلّ شيء

Le document à écouter

استمع مرّتين على الأقلّ: مرّة دون أن تكتب شيئا، ومرّة وأنت تدوّن الكلمات التي تتكرّر.
Écoute le document deux fois avant de répondre. La première fois, n'écris rien : demande-toi seulement qui parle, à qui, et pourquoi si vite. La seconde, note les mots qui reviennent. Le bouton ▶ reprend la lecture depuis le début, autant de fois que tu veux.
Appel de l'Abbé Pierre

Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le boulevard Sébastopol, serrant contre elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée… Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent ! Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DÉPANNAGE, ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici, on t'aime ». La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France. Merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux « sans-abri ». Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : — 5000 couvertures, — 300 grandes tentes américaines, — 200 poêles catalytiques. Déposez-les vite à l'hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la Montagne-Sainte-Geneviève. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris. Merci ! SOURCE — Abbé Pierre, appel lancé sur Radio Luxembourg le 1er février 1954

Première écoute — ce que tu repères sans rien noter

أسئلة الاستماع الأوّل: لا تبحث عن التفاصيل، ابحث عمّن يتكلّم ولمن ولماذا.
Après une seule écoute, qui parle, à qui, et par quel moyen ? Et comment le sais-tu si vite ?
بعد استماع واحد: من يتكلّم، ولمن، وبأيّ وسيلة؟ وكيف عرفت ذلك بهذه السرعة؟

C'est l'Abbé Pierre qui parle — le titre le nomme, et il dit « je » : « Je vous prie ». Il s'adresse à tous ceux qui l'écoutent : « Mes amis », « Écoutez-moi », « vous ». Et il parle à la radio — le 1er février 1954, sur Radio Luxembourg. ⟹ Tout le reste en découle : l'auditeur ne voit rien, il n'a que la voix. C'est pourquoi l'orateur l'interpelle sans cesse — pour ne pas le perdre.

Explique la phrase d'ouverture : « Mes amis, au secours… »
اشرح الجملة الافتتاحية: « ⁦Mes amis, au secours…⁩ »

Deux mots, deux gestes : — « Mes amis » : l'orateur ne s'adresse pas à des inconnus. Il fait de chaque auditeur un proche — et à un ami, on peut tout demander ; — « au secours » : c'est le cri de quelqu'un en danger. Or l'orateur ne parle pas de lui : il crie pour les autres — pour la femme morte cette nuit, pour ceux qui dorment dehors. ⟹ Ni salut ni présentation : l'appel commence par l'urgence. En interpellant ainsi ses auditeurs, l'orateur les met aussitôt en situation de répondre.

Qu'est-ce qui domine dans ce document : le calme ou l'urgence ? Quelles indications de temps te l'ont fait sentir ?
ما الذي يغلب على هذه الوثيقة: الهدوء أم الاستعجال؟ وأيّ مؤشّرات الزمن جعلتك تشعر بذلك؟

L'urgence, d'un bout à l'autre. Écoute les indications de temps : « cette nuit à trois heures », « avant-hier », « ce soir même », « tout de suite », « au plus tard pour demain », « ce soir à 23 heures ». Toutes collent au présent : rien n'est lointain, tout est à faire maintenant. Et une phrase le dit en toutes lettres : « les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent ! » — le mot revient, comme s'il ne suffisait plus.

Deuxième écoute — ce que tu notes

أسئلة الاستماع الثاني: الآن دوّن. توقّف عند كلّ كلمة تتكرّر.
Délimite la partie expositive : où s'arrête-t-elle, et quelle situation décrit-elle ?
حدّد الجزء العرضيّ: أين ينتهي، وأيّ وضعية يصف؟

Elle va de « Une femme vient de mourir gelée… » à « …ce n'est même plus assez urgent ! ». Elle décrit une situation insupportable : une femme expulsée, morte de froid dans la rue, et chaque nuit plus de 2000 personnes qui dorment dehors, « sans toit, sans pain ». « Écoutez-moi » change de registre : l'orateur annonce ce qui a déjà été fait — deux centres ouverts en trois heures — et appelle aussitôt à faire davantage : « il faut en ouvrir partout ». On est passé de ce qui est à ce qu'il faut faire.

Sur quoi l'orateur insiste-t-il dans la situation qu'il décrit ? Relève les mots qui reprennent l'idée de froid.
على أيّ جانب من الوضعية يلحّ المتكلّم؟ استخرج الكلمات التي تعيد فكرة البرد.

Sur le froid et sur la misère, qui tuent ensemble : — le froid : « mourir gelée », « recroquevillés sous le gel », « plus d'un presque nu », « un mois de gelées terribles », « tant que dure l'hiver » ; — la misère : « expulsée », « sans toit, sans pain », « leurs frères mourant de misère ». Et le froid revient encore, en creux, dans tout ce que l'orateur réclame : couvertures, paille, soupe, tentes, poêles. Remarque aussi la même famille de mots, reprise trois fois : gelée, gel, gelées.

Quel effet la reprise de l'idée de froid provoque-t-elle sur l'auditeur ? Comment appelle-t-on ce procédé ?
ما أثر تكرار فكرة البرد في المستمع؟ وما اسم هذا الأسلوب؟

Le froid, dit une fois, serait une information. Repris d'un bout à l'autre, il devient une sensation : l'auditeur, peut-être assis au chaud près de son poste, ne peut plus l'oublier. Ce procédé s'appelle l'anaphore : la reprise d'une idée ou d'un terme. Cette insistance retient l'attention de l'auditeur et le sensibilise — elle le prépare à agir. ⭐ À l'oral, elle est plus nécessaire encore qu'à l'écrit : l'auditeur ne peut pas revenir en arrière pour relire. Ce qui est repris est ce qui reste.

Relève les mots qui disent la solidarité, l'amour de l'Autre, l'entraide.
استخرج الكلمات الدالّة على التضامن وحبّ الآخر والتعاون.

Ils sont partout, et ils changent de personne : — « nous » : « aimons-nous », « Chacun de nous peut venir en aide », « l'âme commune de la France » ; — les liens : « Mes amis », « leurs frères », « CENTRE FRATERNEL DE DÉPANNAGE », « des volontaires » ; — « tu » : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici, on t'aime ». ⭐ Écoute bien ce dernier message : c'est le seul moment où l'orateur ne parle plus aux auditeurs mais à celui qui souffre — et il le tutoie, comme on tutoie un proche.

Les arguments de l'orateur font-ils appel à la raison ou aux sentiments ? Donne un exemple de chaque.
هل تخاطب حجج المتكلّم العقل أم العاطفة؟ هات مثالا عن كلّ منهما.

Aux deux, et c'est ce qui rend l'appel si fort : — aux sentiments : l'image de la femme morte de froid, « serrant contre elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée » ; la pancarte qui dit « ici, on t'aime » ; « aimons-nous » ; — à la raison : des chiffres — « plus de 2000 » sans-abri, « 5000 couvertures », « 300 grandes tentes », « 200 poêles » — et un fait qui prouve que l'urgence va durer : « La météo annonce un mois de gelées terribles ». ⟹ Le sentiment donne envie d'agir ; la raison dit quoi faire, et combien il en faut.

Quelle est la visée de cet appel ? Qu'attend l'orateur de ceux qui l'écoutent — et pour quand ?
ما مقصد هذا النداء؟ ماذا ينتظر المتكلّم من مستمعيه، ومتى؟

Faire agir, tout de suite. L'appel ne demande pas seulement de la pitié : il donne des consignes précises. — quoi : des couvertures, des tentes, des poêles ; des centres ouverts partout ; — où : à l'hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie ; devant la tente de la Montagne-Sainte-Geneviève ; — quand : « ce soir », « au plus tard pour demain », « ce soir à 23 heures ». Et la dernière phrase remercie d'avance : « Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ». L'orateur parle comme si l'aide était déjà donnée : il ne reste à l'auditeur qu'à tenir la promesse.

Faire le point

أعد قراءة هذه الخلاصة مرّتين، ثمّ أغلق الصفحة وأعد صياغتها بصوتك. هي التعريف الذي ستوظّفه في الامتحان.
Relis ce paragraphe deux fois, puis ferme la page et redis-le à voix haute avec tes mots. C'est la définition que tu réutiliseras en épreuve.
Pour convaincre son interlocuteur et le pousser à réagir, les arguments choisis peuvent faire appel à la raison ou aux sentiments. Le style oratoire s'appuie sur des procédés comme l'anaphore (reprise d'une idée, d'un terme). Cette insistance permet de retenir l'attention de l'interlocuteur et de le sensibiliser.

Expression orale

يُنجَز وحدك، بهاتف أو حاسوب: سجّل صوتك وأنت تلقي النداء، أعد الاستماع، ثمّ أعد التسجيل وقارن.
À faire seul, avec un téléphone ou un ordinateur. ① Cet appel a été écrit pour être dit, à la radio. Prépare ta lecture : souligne les mots sur lesquels ta voix doit monter, et marque les silences — après « au secours… », après « on t'aime ». ② Enregistre-toi en le lisant : l'intonation, le timbre de ta voix, ton rythme doivent faire entendre l'urgence. ③ Réécoute-toi une seule fois et note un passage où ta voix est restée plate. ④ Réenregistre-toi, et compare. Puis, à ton tour : prépare en une minute un appel oral à la solidarité, adressé à tous. Use du style oratoire et d'une anaphore — un même mot ou une même idée repris au moins trois fois.
Un appel tombe à l'épreuve sous des consignes comme : « Retrouvez, dans ce texte, la structure de l'appel », « Relevez les marques du style oratoire », « Quelle réaction veut-il provoquer ? ». Aie trois choses prêtes : ① la définition de l'anaphore en une phrase — la reprise d'une idée ou d'un terme, qui retient l'attention et sensibilise ; ② la distinction raison ou sentiments, avec un exemple de chaque tiré du texte ; ③ le réflexe de délimiter — où finit ce qui est décrit, où commence ce qui est demandé. ⚠️ L'erreur à éviter : relever une anaphore sans dire son effet. « Le froid est répété » ne rapporte rien ; « la reprise de l'idée de froid rend la souffrance présente à l'auditeur et le pousse à agir » répond à la question.
Ce que je retiens — Un appel lancé à la radio n'a que la voix pour agir : il interpelle sans cesse ceux qui l'écoutent (Mes amis, Écoutez-moi, vous, nous). Il décrit d'abord une situation insupportable — c'est la partie expositive —, puis dit précisément quoi faire, où et quand. Ses arguments font appel aux sentiments (une femme morte de froid) et à la raison (des chiffres, un fait, des consignes précises). Et il insiste : l'anaphore, reprise d'une idée ou d'un terme — ici le froid —, retient l'attention de l'auditeur et le sensibilise. Le style oratoire n'est pas un ornement : c'est lui qui fait passer de l'émotion à l'action.

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