Projet 3 — L'appel › L'appel
Compte rendu objectif
- تقديم النصّ الأصليّ: كاتبه، ومرجعه، وطبيعته، وفكرته الرئيسية
- استخراج الفكرة الرئيسية والأفكار الثانوية، وتحديد طريقة الكاتب في عرضها
- إعادة صياغة أفكار الكاتب بأسلوب شخصيّ، دون نسخ ولا حكم
- توظيف أفعال النقل وضمير الغائب: selon l'auteur, d'après lui, l'auteur affirme
- التمييز بين التقرير الموضوعيّ (compte rendu objectif) والتقرير النقديّ والتلخيص
- تلخيص النصوص (le résumé)
- الفكرة الرئيسية والأفكار الثانوية في النصّ
- النصّ التاريخيّ ومقصده الإخباريّ
La consigne
La durée de la résistance algérienne, armée et politique, soutenue par de nombreux pays, les horreurs de la guerre et ses effets néfastes pour l'économie de la France ont fait réfléchir de nombreux Français. Mus par des sentiments de justice et de paix, ils comprenaient la revendication de l'indépendance des Algériens, éprouvaient une certaine sympathie et s'engageaient parfois aux côtés du F.L.N. En mars 1956, Alban Liechti, communiste, fut le premier conscrit à rédiger une pétition qu'il fit signer par trente soldats en faveur d'un cessez-le-feu. Il écrivit au président de la République une lettre dans laquelle il refusait de « prendre les armes contre le peuple algérien en lutte pour son indépendance ». En novembre, il fut condamné à deux ans de prison. […] Au début de l'année 1957, il existe déjà quelques témoignages de rappelés sur la torture et quelques désertions. On peut mentionner un précurseur, le sergent parachutiste Noël Favrelière. Révolté par les tortures infligées aux suspects, il déserte en emmenant avec lui un jeune Algérien prisonnier qui devait être jeté d'un hélicoptère. Les deux hommes réussiront à rejoindre Tunis. Le film de René Vautier, « Avoir vingt ans dans les Aurès », s'inspire de l'itinéraire de ce sergent. L'indépendance de l'Algérie et les tortures deviendront, pour quelques intellectuels et militants français, des raisons valables justifiant leur refus de la guerre, voire leur désertion. L'aide au FLN commence au printemps 1955 avec la mise à la disposition d'un appartement à un militant algérien ; cette aide de J.J. Rousset est peut-être la première action en France au profit du FLN. Les avocats ont apporté une aide considérable au FLN, leur collectif a été animé par Ould Aoudia, assassiné en 1959, Mourad Oussedik Benabdellah, auxquels se sont joints des avocats français Zavrian, Jacques Vergès, Roland Dumas et beaucoup d'autres qui constituèrent le front de la défense du FLN. M. Kaddache, Et l'Algérie se libéra, Edif 2000, pp. 197 à 201.
① Ce que « rendre compte objectivement » veut dire
« Rendre compte objectivement, c'est rapporter, le plus fidèlement possible, ce dont il est question dans un texte. » Tu informes ton lecteur sur la nature de l'ouvrage (référence, livre spécialisé, thèse, analyse…) et sur les grandes idées qui le structurent ; tu en dégages le sens général, en insistant sur les temps forts, tant au niveau du contenu que de la démarche adoptée par l'auteur. Trois exercices voisins, à ne pas confondre : — le résumé : comme lui, le compte rendu ne reproduit pas le texte, il le reformule de manière claire et concise ; — le compte rendu objectif : il rapporte à la troisième personne — on y lit « l'auteur », « selon lui » —, et il n'a pas besoin de suivre l'ordre des idées du texte d'origine ; — le compte rendu critique : il y ajoute une partie commentative. Là, on ne se contente plus de décrire : on juge. Dans le compte rendu objectif, jamais.
RECOPIÉE « En mars 1956, Alban Liechti, communiste, fut le premier conscrit à rédiger une pétition qu'il fit signer par trente soldats en faveur d'un cessez-le-feu. » → C'est la phrase du texte : aucun travail, rien n'est rendu. JUGÉE « Alban Liechti eut le courage admirable de refuser cette guerre. » → « courage admirable » : c'est ton appréciation, pas celle du texte. RENDUE « L'auteur cite l'exemple d'Alban Liechti, premier conscrit à avoir fait signer, en 1956, une pétition de soldats en faveur d'un cessez-le-feu. » → Le fait est intact, les mots sont les tiens, et l'auteur est nommé : on lit bien le compte rendu d'un texte.
Dans la version « rendue », qu'est-ce qui montre qu'on rend compte d'un texte, et qu'on ne raconte pas l'Histoire soi-même ?Dans la version « rendue », qu'est-ce qui montre qu'on rend compte d'un texte, et qu'on ne raconte pas l'Histoire soi-même ?في الصيغة الثالثة، ما الذي يدلّ على أنّنا ننقل نصّا ولا نروي التاريخ بأنفسنا؟
Deux mots : « L'auteur cite ». Le sujet de la phrase n'est plus Alban Liechti, c'est l'auteur ; et le verbe « cite » dit ce que fait le texte. Le lecteur sait à tout moment que ce qu'il lit vient de M. Kaddache — ni de toi, ni d'ailleurs. ⭐ C'est la marque la plus sûre d'un compte rendu : l'auteur reste présent à la troisième personne, par son nom ou par des tournures comme selon l'auteur, d'après lui, l'auteur affirme, il rapporte.
② Préparer : lire pour trier
Avant d'écrire une ligne, tu lis pour trier. Les étapes sont toujours les mêmes : ① observer le texte et son contexte — titre, source, auteur — pour en déterminer la nature (argumentative, explicative, informative…) ; ② répondre à quatre questions : par qui ? pour qui ? sur quoi ? comment ? ③ repérer la structuration du texte (logique, chronologique, énumérative) et la démarche de l'auteur ; ④ prendre des notes : les mots clés, le sens des articulateurs, les champs lexicaux ; ⑤ rassembler les idées secondaires autour de l'idée principale — exemple, argument, illustration, citation ; ⑥ regrouper les idées semblables pour éviter les répétitions. Rappel : le compte rendu n'a pas besoin de suivre l'ordre des idées du texte d'origine.
| Question | Pour le texte de M. Kaddache |
|---|---|
| Par qui ? | par un historien, M. Kaddache, dans son ouvrage Et l'Algérie se libéra |
| Pour qui ? | pour les lecteurs d'un ouvrage d'Histoire sur la libération de l'Algérie |
| Sur quoi ? | sur l'attitude de Français face à la guerre d'Algérie |
| Comment ? | une idée générale au premier paragraphe, puis des exemples nommés et datés |
Dégage l'idée principale du texte, puis classe ses exemples. Suivent-ils l'ordre chronologique ?Dégage l'idée principale du texte, puis classe ses exemples. Suivent-ils l'ordre chronologique ?استخرج الفكرة الرئيسية للنصّ، ثمّ صنّف أمثلته. هل تتبع الترتيب الزمنيّ؟
L'idée principale est au premier paragraphe : la durée de la résistance, les horreurs de la guerre et ses effets sur l'économie ont fait réfléchir de nombreux Français, qui, mus par des sentiments de justice et de paix, comprenaient la revendication d'indépendance et s'engageaient parfois aux côtés du FLN. Les exemples se rangent en formes d'engagement : — refuser de combattre : la pétition et la lettre d'Alban Liechti (1956) ; — témoigner et déserter : les témoignages de rappelés sur la torture et les désertions du début de 1957, dont celle d'un « précurseur », Noël Favrelière ; — aider le FLN : dès le printemps 1955, un appartement prêté à un militant ; — défendre les militants : le collectif d'avocats algériens et français. L'ordre n'est pas chronologique : 1956, 1957, puis 1955. Tu es donc libre de regrouper autrement — par formes d'engagement, par exemple. C'est ton plan, pas une copie du sien.
③ Rédiger : présenter, reformuler, rester à distance
Ton compte rendu a une introduction et un développement. — L'introduction présente l'œuvre : le nom de l'auteur, les informations bibliographiques (titre, ouvrage, édition), et l'idée principale. Des renseignements sur l'auteur, seulement s'ils sont utiles et si la longueur le permet. — Le développement reformule les idées dans ton propre style, regroupées, agencées en un tout cohérent, logique et suivi. Chaque idée est rapportée à sa source par des tournures comme selon X, d'après Y, Z affirme, N témoigne. Et trois règles de distance, qui font l'objectivité : ① la troisième personne : ni « je », ni « nous » ; ② peu de citations, toujours entre guillemets — le compte rendu est avant tout un travail de résumé ; ③ aucun jugement : tu rapportes, tu n'apprécies pas.
| Ce qui est vérifié | Comment tu le contrôles toi-même |
|---|---|
| La source | le titre, l'auteur et l'ouvrage sont donnés dans l'introduction |
| Le thème et l'idée principale | exposés de manière claire et concise, dès l'introduction |
| Les idées secondaires | reformulées, et présentées selon leur rapport à l'idée principale |
| La démarche de l'auteur | on sait comment il avance : une idée générale, puis des exemples |
| La troisième personne | aucun « je », aucun « nous » : l'auteur est désigné par son nom |
| Les citations | peu nombreuses, placées entre guillemets |
| L'objectivité | aucun mot d'appréciation : ni « magnifique », ni « admirable », ni « a raison » |
Relis ce début de compte rendu d'élève et dis ce qui ne va pas : « Dans ce texte magnifique, l'auteur nous montre que les Français étaient vraiment courageux. En mars 1956, Alban Liechti, communiste, fut le premier conscrit à rédiger une pétition qu'il fit signer par trente soldats en faveur d'un cessez-le-feu. Je trouve que c'est admirable. »Relis ce début de compte rendu d'élève et dis ce qui ne va pas : « Dans ce texte magnifique, l'auteur nous montre que les Français étaient vraiment courageux. En mars 1956, Alban Liechti, communiste, fut le premier conscrit à rédiger une pétition qu'il fit signer par trente soldats en faveur d'un cessez-le-feu. Je trouve que c'est admirable. »أين الخلل في هذه البداية؟ المعلومة صحيحة، لكنّ التقرير لم يعد موضوعيّا.
Presque tout est à reprendre : — des jugements : « magnifique », « vraiment courageux », « admirable » ; — la première personne : « nous », « Je trouve » ; — une phrase recopiée mot pour mot : la deuxième ; — un contresens : le texte ne dit pas que « les Français » étaient courageux, il dit que de nombreux Français, mus par des sentiments de justice et de paix, ont soutenu la cause algérienne. Généraliser, c'est trahir ; — aucune présentation : ni le titre de l'ouvrage, ni l'idée principale. Un début possible : « Dans Et l'Algérie se libéra, l'historien M. Kaddache montre que de nombreux Français, mus par des sentiments de justice et de paix, ont soutenu la cause de l'indépendance algérienne. Il cite d'abord le cas d'Alban Liechti, premier conscrit à avoir fait signer, en 1956, une pétition de soldats en faveur d'un cessez-le-feu. »
À toi d'écrire
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