Projet 3 — L'appel › L'appel
Production écrite : rédiger un appel
- بناء نداء في ثلاث مراحل: عرض الوضعية، ثمّ الحجاج، ثمّ الحثّ على الفعل
- عرض الوضعية عرضا سلبيا يُبرز مفارقتها
- اختيار حجج تخاطب العقل وأخرى تخاطب العاطفة، وربطها بروابط التعارض
- توظيف الأسلوب الخطابيّ: مخاطبة القارئ، والتكرار (anaphore)، والأمر والأفعال الإنجازية
- ملاءمة مستوى اللغة للجمهور المستهدف
- أجزاء النداء: العرضيّ والحجاجيّ والحثّيّ
- صيغة الأمر والأفعال الإنجازية: j'appelle, je vous demande
- روابط التعارض: mais, cependant, par contre
La consigne
① Trois phases, dans cet ordre
Un appel ne commence jamais par l'ordre. Visant à faire réagir ses destinataires, il s'inscrit dans une stratégie d'argumentation qui lui est propre, et cette stratégie a trois temps : ① La situation actuelle, présentée de manière négative — c'est la phase de sensibilisation, ou partie expositive. Tu décris et tu caractérises, avec des temps organisés par rapport au présent. Dis la nature du phénomène, l'étendue de ses dangers, où il se produit — et surtout le paradoxe qu'il entraîne. ② Une situation alternative meilleure — c'est la phase argumentative. Tu l'étayes par des arguments dont tu choisis le domaine (la raison ou les sentiments) et la pertinence ; tu la relies à la phase précédente par un articulateur d'opposition (par contre, cependant, mais) ; tu enchaînes tes arguments selon un raisonnement (déductif, inductif). ③ L'exhortation à l'action — c'est la phase incitative. Tu interpelles et tu enjoins : verbes performatifs, verbes d'obligation, impératif, pronoms qui désignent ton lecteur ou l'incluent. ⭐ Pourquoi le paradoxe ? Parce qu'une situation présentée dans ses contradictions, dans son aspect négatif et inhumain, rend les arguments plus forts pour sensibiliser, convaincre et pousser à agir.
SANS STRATÉGIE « Ne jetez plus vos déchets dans la cour ! Respectez l'environnement ! » AVEC SES TROIS PHASES ① « Chaque midi, notre cour se couvre de sachets et de bouteilles vides. Nous passons nos journées à apprendre comment protéger la planète — et nous ne savons pas garder propre le seul coin de terre qui nous appartient. » ② « Pourtant, une cour propre ne demande presque rien : une poubelle à dix pas, un geste d'une seconde. Et c'est notre lycée, celui où nos parents ont étudié avant nous, que nous abîmons chaque jour. » ③ « Je vous demande un seul geste : gardez vos déchets jusqu'à la poubelle. Faisons de notre cour la plus propre de la ville ! » → L'ordre est le même dans les deux versions : « gardez vos déchets ». Mais dans la seconde, il arrive en dernier, après un paradoxe (on apprend à protéger la planète, on salit sa cour), un argument de raison (un geste d'une seconde) et un argument de sentiment (notre lycée, celui de nos parents).
Voici la dernière partie d'un appel : « Oui, les hommes peuvent se réconcilier avec eux-mêmes, avec la nature. Chacun d'entre nous doit contribuer à développer autour de lui cette prise de conscience nécessaire […]. Une immense et passionnante campagne d'éducation écologique mondiale doit être menée sans tarder. Demain, il pourrait être trop tard. » (Lucien Mathieu, Terre Opération Survie, 1975) À quoi cet appel incite-t-il ? Quelles parties lui manque-t-il ?Voici la dernière partie d'un appel : « Oui, les hommes peuvent se réconcilier avec eux-mêmes, avec la nature. Chacun d'entre nous doit contribuer à développer autour de lui cette prise de conscience nécessaire […]. Une immense et passionnante campagne d'éducation écologique mondiale doit être menée sans tarder. Demain, il pourrait être trop tard. » (Lucien Mathieu, Terre Opération Survie, 1975) À quoi cet appel incite-t-il ? Quelles parties lui manque-t-il ?إلامَ يدعو هذا النداء؟ وما الأجزاء التي تنقصه؟
Il incite à une prise de conscience écologique et à une campagne d'éducation écologique mondiale : « Chacun d'entre nous doit contribuer… », « … doit être menée sans tarder ». Il lui manque les deux premières phases : on ne sait ni quelle situation menace la nature (la partie expositive), ni pourquoi une autre est possible et meilleure (la partie argumentative). L'exhortation arrive sans avoir été préparée — c'est pourquoi, seule, elle touche peu. ⭐ Remarque ce qu'elle contient déjà, et que tu peux imiter : le « nous » qui inclut (« Chacun d'entre nous »), le verbe d'obligation (« doit »), et l'urgence finale (« Demain, il pourrait être trop tard »).
② Faire réagir : le style oratoire
Un appel ne parle pas de son lecteur : il lui parle à lui. « Le style est oratoire et le destinataire constamment interpellé. Ce style renforce le contact avec l'interlocuteur et rend les arguments avancés irréfutables. » Quatre procédés font ce style : — l'implication de l'émetteur : pour exhorter, tu t'impliques directement dans ton discours — le pronom « je » ; — l'interpellation : « vous », « toi qui… », « chacun d'entre nous » ; — l'anaphore, reprise d'une idée ou d'un terme : cette insistance retient l'attention de l'interlocuteur et le sensibilise ; — la narration : un fragment de vie, un événement, un épisode ou une anecdote justifie la prise de position et renforce l'incitation à réagir. Et une règle pour tout le texte : le niveau de langue est adapté au public visé. L'ordre et l'exhortation s'atténuent quand on s'adresse à un supérieur hiérarchique ou à une personnalité reconnue.
« Apprends, homme à l'hospice ! Apprends, homme en prison ! Apprends, femme de cuisine ! Apprends, vieille de soixante ans ! » — B. Brecht, La Mère « Apprenez l'arabe, il vous fera toujours honneur. Apprenez le français, vous en aurez toujours besoin. » — la devise d'un cheikh, rapportée par Slimane Bénaissa, Les fils de l'amertume → Le même verbe revient en tête de chaque ligne. Chez Brecht, chaque reprise ajoute un destinataire — l'homme à l'hospice, l'homme en prison, la femme de cuisine, la vieille de soixante ans : personne n'est dispensé. C'est l'anaphore : la répétition, à intervalles réguliers, d'un terme ou d'une expression, pour attirer l'attention sur une idée essentielle.
Voici le début d'un appel adopté par le Bureau de la conférence des ONG à Genève, en janvier 1986 : « Nous répétons que la course aux armements constitue le plus grand danger pour la paix et la survie. […] Des centaines de personnes sont tuées chaque jour par des armes non nucléaires. La faim fait quotidiennement des milliers de victimes. » Rédige en quelques lignes la partie exhortative qui conviendrait à cet extrait.Voici le début d'un appel adopté par le Bureau de la conférence des ONG à Genève, en janvier 1986 : « Nous répétons que la course aux armements constitue le plus grand danger pour la paix et la survie. […] Des centaines de personnes sont tuées chaque jour par des armes non nucléaires. La faim fait quotidiennement des milliers de victimes. » Rédige en quelques lignes la partie exhortative qui conviendrait à cet extrait.اكتب في بضعة أسطر الجزء الحثّيّ المناسب لهذا المقتطف.
Un modèle possible : « C'est pourquoi nous appelons tous les gouvernements à mettre fin à la course aux armements. Nous leur demandons de consacrer à la faim ce qu'ils consacrent aux armes. Chaque jour de retard coûte des milliers de vies : il faut agir maintenant, il faut choisir la survie. » Trois choix à remarquer : — « C'est pourquoi » relie l'exhortation à ce qui précède : l'appel découle de la situation ; — les destinataires sont des gouvernements : l'exhortation passe par des verbes performatifs (« nous appelons », « nous demandons »), pas par l'impératif ; — « il faut… il faut… » : une anaphore, pour que la dernière idée reste.
③ Ce que le correcteur regarde
| Ce qui est vérifié | Comment tu le contrôles toi-même |
|---|---|
| Les trois phases | tu peux tracer deux traits dans ton texte : où finit la situation, où commence l'exhortation |
| La situation et son paradoxe | ta première partie décrit un fait négatif et montre une contradiction |
| Les arguments | au moins un argument de raison et un de sentiment, reliés par cependant, mais ou par contre |
| L'interpellation | ton lecteur est interpellé : « vous », « toi qui… », « chacun d'entre nous » |
| L'exhortation | elle dit précisément quoi faire, avec un impératif ou un verbe performatif |
| Le niveau de langue | il est adapté à ton public : pas d'impératif sec pour un supérieur |
Relis cet appel d'élève et dis ce qui ne va pas : « Respectez l'environnement ! Ne jetez rien ! Pensez à la planète ! La pollution est un grand problème. C'est très grave. »Relis cet appel d'élève et dis ce qui ne va pas : « Respectez l'environnement ! Ne jetez rien ! Pensez à la planète ! La pollution est un grand problème. C'est très grave. »أين الخلل في هذا النداء؟ الأوامر موجودة، لكنّ الطريق إليها غائب.
Tout y est à l'envers, et il manque l'essentiel : — l'ordre des phases est inversé : l'exhortation vient d'abord, la situation après — le lecteur reçoit des ordres avant de savoir pourquoi ; — la situation n'est pas décrite : « un grand problème », « très grave » ne montrent rien. Quel problème ? Où ? Avec quelles conséquences ? — aucun argument, ni de raison ni de sentiment ; — trois impératifs de suite, sans préparation : c'est un règlement, pas un appel. Ce qui est récupérable : les impératifs eux-mêmes. Place-les à la fin, après une situation décrite et deux arguments, et ils deviendront une exhortation.
À toi d'écrire
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