اللغة الفرنسية🎓 هدف البكالوريا

Projet 1 — Textes et documents d'histoire Introduire un témoignage

Introduire un témoignage — Compréhension de l'oral

🔊 المعلّمة تقرأ لك
Fin octobre 1954, à 21 heures, un homme reçoit ses camarades chez lui et leur lit deux tracts d'un mouvement dont ils entendent parler pour la première fois. Autour de lui, l'un a les larmes aux yeux, un autre répète « le grand jour est enfin arrivé ». Et celui qui te raconte la scène n'est pas un historien : c'est l'homme qui lisait. Qu'est-ce qui change quand l'Histoire est racontée par quelqu'un qui y était ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التعرّف، بالاستماع، على نصّ شهادة من خلال ضمير المتكلّم ومشاركة الراوي في الحدث
  • التمييز بين المؤرّخ الذي ينسحب من نصّه والشاهد الذي يصبح شخصية فيه
  • التقاط التواريخ والساعات وأسماء الأعلام أثناء الاستماع وتدوينها
  • تعليل استعمال زمن المستقبل في رواية حدث ماضٍ، وشرح كلمة من سياقها
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • خصائص النصّ التاريخيّ الموضوعيّ وانسحاب كاتبه
  • قراءة التواريخ والساعات بالفرنسية
  • أخذ رؤوس أقلام أثناء الاستماع دون كتابة كلّ شيء

Le document à écouter

استمع مرّتين على الأقلّ: مرّة دون أن تكتب شيئا، ومرّة وأنت تدوّن التواريخ والساعات والأسماء فقط.
Écoute le document deux fois avant de répondre. La première fois, n'écris rien : contente-toi de suivre la scène. La seconde, note uniquement les dates, les heures et les noms. Le bouton ▶ reprend la lecture depuis le début, autant de fois que tu veux.
Le 1er Novembre 1954 à Khenchela

Le 29 octobre 1954, Laghrour Abbès rentra de Batna où il venait d'assister à une réunion présidée par Benboulaid et Chihani. Nous nous sommes réunis chez moi à 21 heures. Après l'ouverture de la séance, Laghrour me confia la lecture en français de deux textes. L'un n'était formé que d'un seul feuillet ronéotypé ; c'était un tract provenant de l'Armée de Libération Nationale, court, simple et devant être largement diffusé au sein de la population. L'autre, composé de deux feuillets, était une proclamation du Front de Libération Nationale définissant clairement la plate-forme politique du F.L.N. Les deux tracts avaient en en-tête deux petits drapeaux vert et blanc entrecroisés et frappés du croissant et de l'étoile rouges. C'est la première fois que l'on entendit parler de ce mouvement révolutionnaire. Nous étions tous très émus à la suite de la lecture de ces tracts. Laghrour, plongé dans de profondes pensées, ne disait rien. Ougad avait les larmes aux yeux. Quant à Benabès, il disait sans cesse : « Allah Ouakbar (Dieu est grand), le grand jour est enfin arrivé ». D'un ton solennel, Laghrour nous informa officiellement que le jour «J» était fixé pour la nuit du dimanche 31 octobre 1954 au lundi 1er novembre 1954. L'heure « H » : 1 heure du matin. Les attaques auront lieu simultanément dans toute l'Algérie à la même heure - les mots de passe pour les opérations de cette nuit étaient «Khaled» et «Okba» - Laghrour nous recommanda de garder pour nous la date et l'heure et de ne les communiquer à nos combattants que le dimanche. Ensuite, on procéda à la répartition des tâches. SOURCE — Salem Boubakeur, Le 1er novembre à Khenchela, dans Récits de feu, présentés par Mahfoud Kaddache, Ed. SNED, 1976.

Première écoute — ce que tu repères sans rien noter

أسئلة الاستماع الأوّل: لا تبحث عن التفاصيل، ابحث عمّن يروي وعمّا يرويه.
Qui raconte : un historien, un écrivain ou un témoin de l'événement ? Qu'as-tu entendu qui te permet de le dire ?
من يروي: مؤرّخ، أم كاتب، أم شاهد على الحدث؟ ما الذي سمعته ويسمح لك بالحكم؟

Un témoin — et plus exactement un participant. Il ne raconte pas ce qu'il a lu : il raconte ce qu'il a fait. L'oreille l'attrape tout de suite, parce que le narrateur se désigne sans cesse : — « Nous nous sommes réunis chez moi » ; — « Laghrour me confia la lecture en français de deux textes » ; — « Nous étions tous très émus » ; — « de ne les communiquer à nos combattants que le dimanche ». La source le confirme : le récit est de Salem Boubakeur, et il figure dans un recueil, « Récits de feu », que présente l'historien Mahfoud Kaddache. L'historien rassemble les récits ; le témoin, lui, les a vécus.

De quel moment de l'Histoire ce témoignage parle-t-il ? Et où s'arrête-t-il ?
عن أيّ لحظة من التاريخ تتحدّث هذه الشهادة؟ وأين تتوقّف؟

Il parle de la veille du 1er novembre 1954, vue de Khenchela : l'arrivée des tracts de l'A.L.N. et du F.L.N., leur lecture, puis l'annonce du jour « J » et de l'heure « H ». Et il s'arrête avant l'action : « Ensuite, on procéda à la répartition des tâches. » Pas un mot sur les attaques elles-mêmes. ⟹ C'est ce que seul un témoin peut offrir. La chronologie de l'Histoire dit en une ligne « 1er novembre 1954. Déclenchement de la révolution algérienne. » ; le témoin, lui, fait entendre la pièce où l'on apprend que cela va arriver.

Compare avec les documents d'Histoire que tu as déjà écoutés : qu'entends-tu ici que tu n'entendais jamais là-bas ?
قارن بالوثائق التاريخية التي استمعت إليها من قبل: ما الذي تسمعه هنا ولم تكن تسمعه هناك؟

Trois choses, et elles sautent à l'oreille : — un « je » et un « nous » : le narrateur est dans la pièce, avec les autres ; — des émotions : « très émus », « les larmes aux yeux », « plongé dans de profondes pensées » ; — des voix : on entend Benabès répéter « le grand jour est enfin arrivé ». Dans une chronologie ou chez un historien, rien de tout cela : le scripteur s'efface. Ici, au contraire, celui qui raconte fait partie de ce qu'il raconte. C'est la marque du témoignage.

Deuxième écoute — ce que tu notes

أسئلة الاستماع الثاني: الآن دوّن. توقّف عند كلّ تاريخ وكلّ ساعة وكلّ اسم.
Quelles dates et quelles heures as-tu notées ?
ما التواريخ والساعات التي دوّنتها؟

— le 29 octobre 1954 : Laghrour rentre de Batna ; — 21 heures : la réunion chez le narrateur ; — la nuit du dimanche 31 octobre 1954 au lundi 1er novembre 1954 : le jour « J » ; — 1 heure du matin : l'heure « H » ; — le dimanche : le jour où les combattants seront prévenus. ⟹ Un témoin n'est pas un conteur approximatif : il date à l'heure près, comme l'historien. Ce qu'il ajoute à l'historien, ce n'est pas du flou — c'est son vécu.

Quels noms propres as-tu entendus ? Que représentent, dans le récit, les personnes citées ?
ما أسماء الأعلام التي سمعتها؟ وماذا تمثّل الشخصيات المذكورة في الرواية؟
NomCe que c'estCe que le récit en dit
Laghrour Abbèsune personnerentre de la réunion de Batna, ouvre la séance, annonce le jour « J » et l'heure « H »
Benboulaid et Chihanideux personnesont présidé la réunion de Batna
Ougadune personnea les larmes aux yeux
Benabèsune personnerépète « le grand jour est enfin arrivé »
Batna · Khencheladeux villesBatna, lieu de la réunion d'où revient Laghrour ; Khenchela, où le titre situe le récit
A.L.N. · F.L.N.deux organisationsles auteurs des deux tracts
« Khaled » · « Okba »deux mots de passepour les opérations de la nuit

Toutes ces personnes sont des acteurs du déclenchement : le récit les montre en train de le préparer. Et le narrateur est l'un d'eux — c'est à lui que Laghrour confie la lecture des tracts.

Relève les expressions qui montrent que ces hommes ont conscience de vivre un grand moment.
استخرج العبارات التي تبيّن أنّ هؤلاء الرجال يدركون أنّهم يعيشون لحظة عظيمة.

— « Nous étions tous très émus à la suite de la lecture de ces tracts » ; — « Laghrour, plongé dans de profondes pensées, ne disait rien » ; — « Ougad avait les larmes aux yeux » ; — « le grand jour est enfin arrivé », que Benabès répète sans cesse ; — « D'un ton solennel, Laghrour nous informa officiellement » ; — « C'est la première fois que l'on entendit parler de ce mouvement révolutionnaire ». ⟹ Remarque que chacun réagit à sa façon — le silence, les larmes, la parole répétée. Le témoin ne dit pas « c'était un moment historique » : il montre ce moment sur les visages.

« Les attaques auront lieu simultanément dans toute l'Algérie » : pourquoi un futur, dans le récit d'un fait passé ?
لماذا جاء الفعل في المستقبل ⁦(futur)⁩ في رواية حدث ماضٍ؟

Parce que le narrateur se replace au moment de la réunion, fin octobre 1954, et rapporte les consignes telles qu'elles ont été données ce soir-là. À cet instant, les attaques n'ont pas encore eu lieu : elles sont prévues pour la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Vu de la réunion, c'est l'avenir — d'où le futur, « auront lieu ». ⟹ Le futur fait entendre la décision comme les hommes l'ont reçue : un plan, pas encore un fait. L'auditeur, qui connaît la suite, sait ce que les participants ne savaient pas encore.

« D'un ton solennel, Laghrour nous informa… » : que veut dire « solennel » ? Pourquoi ce ton, d'après la date du titre ?
ما معنى « ⁦solennel⁩ »؟ ولماذا هذه النبرة، انطلاقا من التاريخ الوارد في العنوان؟

Solennel : grave et cérémonieux, comme on parle dans les grandes occasions. Et l'occasion est la plus grande qui soit : le titre donne la date du 1er novembre 1954, celle que la chronologie de l'Histoire enregistre comme le déclenchement de la révolution algérienne. Laghrour n'annonce pas une nouvelle ordinaire : il annonce le début de la lutte armée. ⟹ Le mot est renforcé par son voisin, « officiellement » : ce n'est plus une rumeur, c'est une décision. Le ton de la voix dit déjà l'importance de ce qu'elle annonce.

Faire le point

أعد قراءة هذه الخلاصة مرّتين، ثمّ أغلق الصفحة وأعد صياغتها بصوتك. هي التعريف الذي ستوظّفه في الامتحان.
Relis ce paragraphe deux fois, puis ferme la page et redis-le à voix haute avec tes mots. C'est la définition que tu réutiliseras en épreuve.
La relation d'un fait historique se fait à la première personne quand il s'agit du témoignage d'une personne qui a participé au fait rapporté. Le témoin n'est plus narrateur : il devient personnage.

Expression orale

يُنجَز وحدك، بهاتف أو حاسوب: سجّل صوتك، أعد الاستماع، لاحظ ما تغيّر، ثمّ ابحث وقدّم عرضا قصيرا.
À faire seul, avec un téléphone ou un ordinateur. ① Réécoute le document une dernière fois. ② Page fermée, enregistre-toi deux fois en racontant la réunion en une minute : une première fois à la 3e personne, comme un historien (« Le 29 octobre 1954, Laghrour Abbès rentra de Batna… ») ; une seconde fois à la 1re personne, comme le témoin. ③ Réécoute les deux versions et note ce qui a changé : les pronoms, bien sûr — mais surtout ce que tu as ajouté dans la seconde, sans même y penser. Puis, la recherche : « Les deux tracts avaient en en-tête deux petits drapeaux vert et blanc entrecroisés et frappés du croissant et de l'étoile rouges. » Il s'agit du drapeau algérien, porté sur les tracts de l'A.L.N. et du F.L.N. Renseigne-toi sur l'historique du drapeau algérien et sa symbolique, puis présente-les brièvement à la classe, en citant tes sources.
Ce type de texte revient sous trois consignes : « Qui est le narrateur ? Justifiez », « Ce texte est-il l'œuvre d'un historien, d'un écrivain ou d'un témoin ? », « Relevez les indices de la présence du narrateur ». Aie trois choses prêtes : ① la définition — un témoignage est raconté à la 1re personne par quelqu'un qui a participé au fait, et qui devient ainsi personnage de son propre récit ; ② trois indices à citer — les pronoms et les possessifs (« chez moi », « me confia », « nos combattants »), les émotions rapportées (« très émus », « les larmes aux yeux »), les paroles entendues ; ③ le contraste avec l'historien, qui s'efface derrière les faits alors que le témoin se tient au milieu d'eux. ⚠️ L'erreur à éviter : conclure qu'un témoignage est « subjectif, donc sans valeur historique ». Il est subjectif, oui — mais ses faits restent datés et vérifiables (le 29 octobre 1954, 1 heure du matin) : le témoin ajoute son vécu aux faits, il ne les remplace pas.
Ce que je retiens — Un témoignage se reconnaît à l'oreille : quelqu'un dit « je » et « nous », parce qu'il était là. Le narrateur ne raconte plus de l'extérieur, comme l'historien : il fait partie de ce qu'il raconte, il devient personnage. Il garde les repères de l'Histoire — des dates, des heures, des noms — mais il y ajoute ce que l'historien efface : les émotions, les voix, l'attente de ce qui va arriver, que le futur fait entendre. C'est cela qui change quand l'Histoire est racontée par quelqu'un qui y était : on n'apprend pas seulement ce qui s'est passé, on apprend comment on l'a vécu.

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