اللغة الفرنسية🎓 هدف البكالوريا

Projet 1 — Textes et documents d'histoire Introduire un témoignage

Lexique de la mémoire et verbes introducteurs

🔊 المعلّمة تقرأ لك
Un historien rapporte deux paroles sur le 8 mai 1945. Pour la première, il écrit : « … avoua Henri Benzet ». Pour la seconde : « F. Abbas témoigna ». Il aurait pu écrire « dit » les deux fois — il ne l'a pas fait. Un autre auteur écrit : « On leur avait ôté la vie, on effaçait leurs noms », et parle d'« amnésie volontaire ». Et si le choix d'un seul mot suffisait déjà à prendre position ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • استخراج الحقل المعجميّ للذاكرة والنسيان في نصّ شهادة، وتأويل ما يكشفه عن مقصد الكاتب
  • شرح دلالة عبارتي « ⁦amnésie volontaire⁩ » و« ⁦pour mémoire⁩ » في سياقهما
  • التمييز بين فعل القول المحايد والأفعال التي تحمل حكما: ⁦dire⁩، ⁦affirmer⁩، ⁦témoigner⁩، ⁦avouer⁩
  • إدراج شهادة أو وثيقة في نصّ تركيبيّ مع ذكر مرجعها وصفة صاحبها
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • مفهوم الشهادة وحضور الشاهد في نصّه
  • مفهوم الحقل المعجميّ
  • التعرّف على الكلام المنقول بين علامتي التنصيص « »

① Le lexique de la mémoire : se souvenir contre oublier

معجم الذاكرة يقوم على قطبين متقابلين: التذكّر والنسيان. وكلّ قطب يكشف دورا.

Pour parler de la mémoire, la langue dispose d'un vocabulaire organisé autour de deux pôles opposés : — se souvenir : la mémoire, se souvenir, revenir sur un événement, ne jamais oublier ; — oublier : l'oubli, effacer, l'amnésie (la perte de la mémoire), le refoulement (le fait de repousser hors de sa conscience un souvenir pénible). Autour de ces deux pôles, il y a les traces, ce qui permet de se souvenir : les archives, les journaux, les noms. Dans un témoignage, ce lexique ne sert jamais seulement à décrire. Quand un auteur accumule les mots de l'oubli, c'est pour dénoncer ceux qui font oublier ; quand il accumule ceux de la mémoire, c'est pour combattre l'oubli.

Le lexique de la mémoire dans « Delphine pour mémoire »

« Je n'ai jamais oublié cet Algérien inconnu, pas plus que l'humiliation, l'impuissance qui nous rendaient solidaires. » « Vingt années plus tard, j'ai voulu revenir sur ces émotions vives d'enfant de banlieue, me souvenir de cette peur […]. » « […] consultant les archives des journaux à la Bibliothèque Nationale, je suis tombé sur le 17 octobre 1961 […]. Il m'a fallu du temps pour prendre la mesure de l'événement, l'ampleur du refoulement. » « On leur avait ôté la vie, on effaçait leurs noms. » « Et c'est en réalité à cause de cette amnésie volontaire que les premiers chapitres de “meurtres pour mémoire” se sont appelés Saïd Milache, Kaïra Guélaline, Lounès Tougourd. » « […] pour rendre leur identité à chacune des victimes afin que l'oubli ne soit plus possible. » Didier Daeninckx, dans Actualité de l'Emigration, Paris, 1987.

Classe les mots en gras : lesquels disent la mémoire, lesquels disent l'oubli ? Que remarques-tu sur ceux qui agissent de chaque côté ?
صنّف الكلمات المكتوبة بالخطّ الغليظ: أيّها يدلّ على الذاكرة وأيّها يدلّ على النسيان؟ وماذا تلاحظ عمّن يقوم بالفعل في كلّ جهة؟
Le pôle de la mémoireLe pôle de l'oubli
je n'ai jamais oubliél'ampleur du refoulement
revenir suron effaçait leurs noms
me souvenircette amnésie volontaire
les archives des journauxl'oubli
pour mémoire—

⚠️ Un piège d'abord : « je n'ai jamais oublié » contient le verbe oublier, mais la négation le retourne — c'est une phrase de mémoire. Et regarde qui agit de chaque côté. Les mots de la mémoire ont pour sujet l'auteur : je me souviens, je reviens sur, je consulte les archives. Les mots de l'oubli désignent ce que d'autres ont fait : « on effaçait leurs noms », une amnésie « volontaire », un refoulement collectif. ⟹ Le lexique distribue les rôles : d'un côté ceux qui ont fait oublier, de l'autre celui qui se souvient.

« Amnésie volontaire » : pourquoi ces deux mots, placés côte à côte, forment-ils une accusation ?
لماذا تشكّل هاتان الكلمتان، حين تتجاوران، اتّهاما؟

Parce qu'ils ne vont pas ensemble. Au sens propre, une amnésie est une perte de mémoire que l'on subit — après une maladie, un choc. Personne ne choisit d'être amnésique. En y accolant « volontaire », l'auteur fait de l'oubli un choix : quelqu'un a décidé que ces morts seraient oubliés. ⟹ Deux mots contradictoires qui disent, ensemble : on n'a pas oublié, on a voulu oublier. Et qui dit volonté dit responsables — c'est pourquoi l'expression accuse.

Le titre et la fin du texte répètent « pour mémoire ». Que veut dire cette expression, et pourquoi la répéter après chaque nom ?
ما معنى عبارة « ⁦pour mémoire⁩ »؟ ولماذا يكرّرها الكاتب بعد كلّ اسم؟

« Pour mémoire » veut dire : pour qu'on s'en souvienne, pour en garder la trace. Répétée après chaque nom — « Bélaid Archal, pour mémoire », « Achour Boussouf, pour mémoire » —, elle change la nature de la liste : ce ne sont plus des victimes comptées, ce sont des personnes rappelées une à une. Le texte le dit lui-même : les journaux ne publiaient que « la litanie des morts anonymes » ; l'auteur lui oppose une litanie de noms. ⟹ La formule du titre devient ainsi le refrain du texte : chaque nom est sauvé de l'oubli par les deux mots qui le suivent.

② Les verbes introducteurs : aucun n'est neutre

فعل القول الذي يُدرج كلام الغير لا يكون محايدا أبدا: إنّه يحمل حكما على هذا الكلام.

Pour faire entendre la parole d'un autre, l'auteur a besoin d'un verbe introducteur : c'est lui qui annonce que les mots qui suivent ne sont pas les siens. Mais aucun verbe introducteur n'est innocent. Tous rapportent une parole ; chacun dit en plus quelle sorte de parole c'est : — dire : il rapporte, sans plus — c'est le verbe neutre ; — déclarer, affirmer : la parole est ferme, assumée publiquement ; — témoigner : celui qui parle a vu ou vécu ce qu'il rapporte ; — avouer : celui qui parle reconnaît une vérité qu'il aurait préféré taire ; — informer, recommander : la parole est une nouvelle, ou une consigne. ⟹ En choisissant son verbe, l'auteur juge déjà la parole qu'il rapporte : sa valeur, sa sincérité, son poids.

Des verbes introducteurs pris dans les textes de la séquence

« C'est à la suite de l'intervention des policiers et des soldats dans les villes de garnisons que les bagarres commencèrent. » avoua Henri Benzet. — « Histoire du 8 mai 1945 », M. Yousfi F. Abbas témoigna de Sétif, sa ville : « Le 8 mai 1945 est un mardi, c'est le marché hebdomadaire. […] » — même texte D'un ton solennel, Laghrour nous informa officiellement que le jour « J » était fixé pour la nuit du dimanche 31 octobre 1954 au lundi 1er novembre 1954. — « Le 1er Novembre 1954 à Khenchela », Salem Boubakeur Laghrour nous recommanda de garder pour nous la date et l'heure. — même texte Les soussignés […] déclarent : « Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. » — Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie, dite « des 121 », septembre 1960

« Henri Benzet avoua »… « F. Abbas témoigna » : cherche le sens des deux verbes, et explique pourquoi l'auteur les a choisis.
ابحث عن معنى الفعلين ⁦avoua⁩ و⁦témoigna⁩، وعلّل اختيار الكاتب لهما.

Avouer, c'est reconnaître une vérité qu'on aurait préféré taire. Témoigner, c'est rapporter ce qu'on a vu ou vécu. — Avec « avoua », les paroles d'Henri Benzet deviennent un aveu. Elles désignent les responsables — « l'intervention des policiers et des soldats » — et le verbe présente cette vérité comme reconnue à contrecœur. Or une vérité avouée pèse plus lourd qu'une simple accusation. — Avec « témoigna », F. Abbas devient un témoin : il parle de « Sétif, sa ville », d'un jour qu'il connaît de l'intérieur — « c'est le marché hebdomadaire ». Sa parole vaut par sa connaissance des lieux. ⟹ Deux verbes, deux façons de rendre une parole crédible : la vérité reconnue, le récit de celui qui connaît les lieux. L'auteur n'écrit jamais « croyez-moi » : il choisit ses verbes pour que le lecteur le croie.

Remplace « avoua » par « dit » : « … que les bagarres commencèrent », dit Henri Benzet. Qu'est-ce que la phrase a perdu ?
ضع ⁦dit⁩ مكان ⁦avoua⁩: ماذا خسرت الجملة؟

Les mots d'Henri Benzet sont restés exactement les mêmes — et pourtant la phrase a perdu sa force. Avec « dit », c'est une déclaration parmi d'autres, que le lecteur peut croire ou non. Avec « avoua », c'est une vérité reconnue — le lecteur comprend que même celui qui parle aurait préféré ne pas la dire. ⟹ Ce que la phrase a perdu, c'est le jugement de l'auteur sur la parole qu'il rapporte. Le verbe neutre le fait disparaître : c'est la preuve que le verbe introducteur, lui, en portait un.

③ Introduire un témoignage dans une synthèse

حين تُدرج شهادة أو وثيقة في نصّك، اذكر مرجعها وصفة صاحبها.

Quand tu rédiges une synthèse, c'est toi qui introduis les témoignages et les documents — et tu dois dire d'où ils viennent. Une source se signale par le nom de son auteur, par sa qualité (historien, témoin visuel, personnage ayant participé au fait) et par l'ouvrage d'où elle est tirée. Pour l'introduire, deux familles de tournures : — selon X…, d'après Y… : elles attribuent l'information à sa source, sans la qualifier ; — Z affirme…, N témoigne… : le verbe dit en plus quelle sorte de source c'est — quelqu'un qui assure, quelqu'un qui a vu.

Des sources introduites dans une synthèse sur « Les Français face à la guerre d'Algérie »

Selon M. Kaddache, historien, Alban Liechti fut en mars 1956 « le premier conscrit à rédiger une pétition » en faveur d'un cessez-le-feu. D'après le même ouvrage, « Et l'Algérie se libéra », ce soldat écrivit au président de la République pour refuser de « prendre les armes contre le peuple algérien en lutte pour son indépendance ». En septembre 1960, les signataires de la Déclaration des 121 affirment que « la cause du peuple algérien […] est la cause de tous les hommes libres ».

Qu'apporte chaque introducteur dans ces trois phrases ? Et pourquoi « affirment » convient-il à la Déclaration des 121, quand « avouent » serait faux ?
ماذا يضيف كلّ مُدرِج في هذه الجمل الثلاث؟ ولماذا يناسب ⁦affirment⁩ بيان الـ121، بينما يكون ⁦avouent⁩ خطأ؟

— « Selon M. Kaddache » et « D'après le même ouvrage » attribuent l'information à sa source : c'est l'historien qui la garantit, et le lecteur sait où la vérifier. — « affirment » dit en plus que la parole est une prise de position ferme, assumée publiquement. C'est exactement ce qu'est une déclaration signée : « Les soussignés […] déclarent ». « Avouent » serait faux : les signataires ne reconnaissent rien à contrecœur, ils revendiquent. Le verbe doit convenir à la personne et à sa parole — sinon il la trahit.

Faire le point

أعد قراءة هذه الخلاصة مرّتين، ثمّ أغلق الصفحة وأعد صياغتها بكلماتك. هي القاعدة التي ستوظّفها في كلّ تركيب.
Relis ce paragraphe deux fois, puis ferme la page et reformule-le avec tes mots. C'est la règle que tu appliqueras chaque fois que tu introduiras un témoignage.
Dans chaque partie, les références aux sources de l'information doivent être mentionnées : l'auteur, l'ouvrage, l'édition, l'année de l'édition (dans le cas d'un texte écrit), le nom de la personne interviewée, la date de l'interview. Au début de chaque paragraphe, donner l'idée développée, puis se référer très précisément aux différents documents d'où elle est extraite. Un document est signalé de diverses façons : le nom de son auteur, sa qualité (historien, témoin visuel, personnage ayant participé au fait, etc.), l'ouvrage d'où il est extrait, etc. Ces références sont introduites par des tournures comme : selon X…, d'après Y…, Z affirme…, N témoigne…, etc.

Expression écrite

تمرين قصير: إدراج ثلاث شهادات من هذه الوحدة في جمل تركيبية، مع ذكر مراجعها وصفة أصحابها.
Pour la synthèse de ton projet, tu retiens trois témoignages de cette séquence : celui de Didier Daeninckx (« Delphine pour mémoire »), celui de Salem Boubakeur (« Le 1er Novembre 1954 à Khenchela ») et celui d'une ancienne détenue (« Femmes algériennes dans les camps », présenté par M. Kaddache dans « Récits de feu »). Introduis chacun en une phrase de synthèse. Trois contraintes, et elles résument la leçon : ① chaque phrase donne la référence de sa source ; ② chaque témoin est désigné par sa qualité — souvenir d'enfance, participant, ancienne détenue ; ③ trois introducteurs différents, dont au moins un verbe qui juge la parole (témoigner, affirmer…) — et vérifie qu'il convient vraiment à la personne. Tu peux, pour le premier, reprendre un mot du lexique de la mémoire : c'est tout le sens de son texte.
Ce point de langue tombe sous trois consignes : « Relevez le champ lexical de la mémoire (ou de l'oubli) », « Expliquez l'emploi du verbe “avoua” », « Pourquoi l'auteur a-t-il choisi ce verbe plutôt que “dire” ? ». Aie trois choses prêtes : ① les deux pôles du lexique — la mémoire (se souvenir, revenir sur, archives, pour mémoire) et l'oubli (effacer, amnésie, refoulement) — et ce que leur opposition révèle ; ② l'échelle des verbes introducteurs — dire (neutre), affirmer ou déclarer (ferme), témoigner (vécu), avouer (reconnu à contrecœur) ; ③ la réponse en deux temps — donne le sens du verbe, puis dis ce que son choix apporte à la parole rapportée. ⚠️ L'erreur à éviter : relever un champ lexical sans l'interpréter. Une liste de mots ne rapporte rien ; ce qui compte, c'est ce que leur accumulation dit de l'intention de l'auteur.
Ce que je retiens — Les mots de la mémoire s'organisent autour de deux pôles : se souvenir (mémoire, revenir sur, archives, « pour mémoire ») et oublier (oubli, effacer, amnésie, refoulement). Dans un témoignage, leur accumulation n'est jamais neutre : « amnésie volontaire » accuse ceux qui ont voulu faire oublier. Pour faire parler les autres, l'auteur choisit un verbe introducteur, et ce choix est déjà un jugement : dire rapporte, affirmer assure, témoigner atteste un vécu, avouer présente une vérité reconnue. Et quand j'introduis moi-même un témoignage dans une synthèse, je donne sa référence et la qualité de son auteur — selon X, d'après Y, Z affirme, N témoigne.

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