Langue française

Projet 3 — PRODUIRE DES PODCASTS ET DES AFFICHES EN FAVEUR DE LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT Outils de la langue

L'accord du participe passé

🔊 La maîtresse lit pour toi
Trois phrases sur la même gazelle, tirées du même article : « Cette espèce serait menacée » — deux e. « L'Union l'a classée comme vulnérable » — deux e aussi. « Les pays du Maghreb ont développé une stratégie » — rien, alors qu'il y a plusieurs pays. Ces trois participes passés obéissent pourtant à une seule et même logique, et elle n'a rien à voir avec le sens de la phrase. Qu'est-ce qui décide, exactement, qu'un participe passé s'accorde ou reste immobile ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التمييز بين اسم المفعول المصاحب لـ⁦être⁩ والمصاحب لـ⁦avoir⁩ والمستعمل وحده
  • مطابقة اسم المفعول مع الفاعل بعد ⁦être⁩
  • البحث عن المفعول به المباشر وتحديد موضعه : قبل الفعل أم بعده
  • كتابة نصّك دون خطأ في مطابقة اسم المفعول، وهو أكثر أخطاء الإملاء شيوعا
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • الفعلين المساعدين ⁦avoir⁩ و⁦être⁩، وتكوين الماضي المركّب
  • المفعول به المباشر (⁦le complément d'objet direct⁩)، وسؤال «ماذا ؟» الذي يكشفه
  • الجملة الموصولة وضميرها ⁦que⁩، لأنّه يُقدّم المفعول به

J'observe et j'analyse

اقرأ النصّ. ثلاثة أسماء مفعولٍ بالخطّ العريض : اثنان منها طابقا وواحدٌ لم يُطابق. ابحث عن السبب.
La gazelle de Cuvier

La gazelle de Cuvier est une espèce se situant dans l'Afrique du Nord. […] Cette espèce serait menacée au niveau mondial. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) l'a classée comme vulnérable. […] Pour pallier cette situation, les pays du Maghreb ont développé […] une stratégie et un plan d'action transfrontalier. — D'après Florent Breuil, Mediaterre.org, 26 mars 2018

1. Quel est le nom de l'animal menacé de disparition ?
ما اسم الحيوان المهدّد بالانقراض ؟

La gazelle de Cuvier, « une espèce se situant dans l'Afrique du Nord ». ⭐ Note le mot exact employé par l'article : l'UICN l'a classée comme « vulnérable ». Ce n'est pas un mot pris au hasard — c'est un terme de classement officiel, et il vaut mieux qu'un adjectif d'émotion. Pour ton affiche, retiens ce réflexe : cite le mot de la source, pas le tien.

2. Observe les trois participes passés en gras. Que remarques-tu ?
تأمّل أسماء المفعول الثلاثة بالخطّ العريض. ماذا تلاحظ ؟
Le participe passéSon auxiliaireS'accorde-t-il ?Avec quoi
menacéeêtre — serait menacéeoui, féminin singulierle sujet : cette espèce
classéeavoir — l'a classéeoui, féminin singulierle l' placé avant, qui remplace la gazelle
développéavoir — ont développénon, il ne bouge pasrien — son complément est placé après

Ce qu'il fallait remarquer tient en une phrase : l'accord ne suit pas le sujet. Regarde la troisième ligne — le sujet est « les pays du Maghreb », un masculin pluriel, et pourtant « développé » ne prend ni s ni rien du tout. ⟹ Alors qu'est-ce qui décide ? L'auxiliaire d'abord, et, quand c'est « avoir », la place du complément d'objet direct.

3. Peux-tu formuler les règles qui régissent cet accord ?
هل تستطيع صياغة القواعد التي تحكم هذه المطابقة ؟

Elles tiennent en deux questions, à poser toujours dans cet ordre. ① Quel est l'auxiliaire ? — C'est être ⟹ j'accorde avec le sujet. « Cette espèce serait menacée » — cherche le sujet, accorde, c'est fini. ② Si c'est « avoir » : où est le complément d'objet direct ? — Il est après le verbe ⟹ aucun accord. « Les pays ont développé une stratégie » — la stratégie arrive après, le participe ne bouge pas. — Il est avant le verbe ⟹ j'accorde avec lui. « L'UICN l'a classée » — le « l' » remplace la gazelle et se trouve devant, donc accord au féminin. ⚠️ Et retiens l'ordre : on ne regarde le C.O.D. que si l'auxiliaire est « avoir ». Avec « être », la question ne se pose même pas.

Je retiens. L'accord du participe passé dépend d'abord de l'auxiliaire, puis, avec « avoir », de la place du complément d'objet direct. ⟹ Le geste, à chaque fois : je repère l'auxiliaire, puis je cherche le C.O.D. en posant la question « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe.
Les trois cas, et rien d'autre
Le participe passé est employéAccordAvec quoiExemple
avec l'auxiliaire êtreouiavec le sujetCette espèce serait menacée au niveau mondial.
avec l'auxiliaire avoir, complément d'objet direct après le verbenonni avec le sujet, ni avec le complémentL'Union internationale pour la conservation de la nature a classé la gazelle comme vulnérable.
avec l'auxiliaire avoir, complément d'objet direct avant le verbeouiavec le complément d'objet directC'est la gazelle de Cuvier que l'UICN a classée comme vulnérable.
Compare les deux dernières lignes : c'est la même phrase, le même verbe, la même gazelle. Seule la PLACE du complément a changé — et avec elle, l'orthographe du participe.
Éclairage. Le participe passé employé seul, sans auxiliaire, s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il accompagne. Exemple : Nous devons absolument reboiser les forêts ravagées par les incendies. ⟹ Dans ce cas, il ne se comporte plus comme un verbe : il travaille exactement comme un adjectif qualificatif. Compare : « les forêts ravagées » et « les forêts noires ». Même place, même accord, même rôle. ⭐ Le test qui le démasque : essaie de remplacer le participe par un adjectif. Si la phrase tient — « les zones humides choisies » ⟹ « les zones humides rares » —, c'est qu'il est employé seul, et l'accord se fait sans se poser d'autre question. ⚠️ Ne le confonds pas avec le cas de « être » : « les forêts sont ravagées » contient un auxiliaire ; « les forêts ravagées par les incendies » n'en contient aucun. Le résultat est le même ici, mais la règle appliquée n'est pas la même.
اسم المفعول قد يأتي دون فعلٍ مساعد : عندئذٍ يعمل عمل النعت، ويطابق الاسم الذي يصفه.

Je vérifie

تحقّق من فهمك قبل التمارين. أجب بـ«صحيح» أو «خطأ»، ثمّ افتح الجواب.
Vrai ou faux ?

a. Le participe passé employé avec l'auxiliaire « avoir » ne s'accorde jamais avec son sujet. b. Le participe passé employé avec l'auxiliaire « être » s'accorde toujours avec son sujet. c. Le participe passé employé avec l'auxiliaire « avoir » s'accorde toujours avec le complément d'objet direct placé avant le verbe.

Les trois réponses, et pourquoi
RéponsePourquoi
aVraiJamais, et c'est le piège le plus fréquent. « Les pays du Maghreb ont développé » : le sujet est pluriel, le participe ne bouge pas. Avec « avoir », le sujet ne compte pour rien.
bVraiToujours, et c'est le cas le plus simple : on cherche le sujet, on accorde. « Cette espèce serait menacée », « beaucoup de zones humides sont protégées ».
cVraiToujours, à condition qu'il soit bien avant le verbe. « C'est la gazelle que l'UICN a classée » : le « que » remplace la gazelle et la précède, donc accord au féminin singulier.

Les trois affirmations sont vraies, et ce n'est pas un hasard : elles forment ensemble la règle complète. Apprends-les comme une seule phrase : avec être, j'accorde avec le sujet ; avec avoir, je n'accorde jamais avec le sujet, mais j'accorde avec le complément d'objet direct s'il est devant. ⭐ Et rappelle-toi le quatrième cas, celui de l'Éclairage : sans auxiliaire, le participe s'accorde comme un adjectif.

Je m'entraîne

أنجز التمارين على كرّاسك أوّلا، ثمّ افتح التصحيح وقارن.
Exercice 1 — Le participe passé employé avec « être »

a. Beaucoup de zones humides sont (protéger). b. La gazelle de Cuvier est (menacer) de disparition. c. Certains oiseaux migrateurs sont (obliger) de changer de destination à cause de la pollution. d. Vous serez (étonner) d'apprendre que certains élèves étudient la nature au bord du lac d'El Kala. e. Tu es (surprendre) par le comportement des braconniers.

Corrigé de l'exercice 1
La forme attendueLe sujetGenre et nombre
asont protégéesbeaucoup de zones humidesféminin pluriel
best menacéela gazelle de Cuvierféminin singulier
csont obligéscertains oiseaux migrateursmasculin pluriel
dserez étonnésvousmasculin pluriel
ees surpristumasculin singulier — le participe de « surprendre » finit déjà par s

Avec « être », une seule question suffit : quel est le sujet ? Aucune autre ne se pose. ⚠️ La phrase a contient le piège classique : le sujet est « beaucoup de zones humides ». Ce n'est pas « beaucoup » qui commande l'accord, c'est zones humides — féminin pluriel. ⚠️ Et e : « surpris » ne prend pas de s supplémentaire au masculin singulier, parce qu'il en a déjà un. Au féminin, en revanche, on écrirait « tu es surprise ».

Exercice 2 — Le participe passé employé avec « avoir »

a. Les personnes qui ont (couper) des arbres ignorent qu'elles ont, dans le même temps, (détruire) l'habitat de certaines espèces animales. b. Nous avons (reboiser) une clairière qu'un incendie avait (ravager). c. Certaines espèces d'oiseaux que vous avez (connaître) ont (disparaître). d. Les services vétérinaires du parc ont (prendre) en charge un bébé panda. e. J'ai (photographier) des arbres centenaires que mes ancêtres ont (planter).

Corrigé de l'exercice 2
La forme attendueLe complément d'objet directSa place
aont coupé … ont détruitdes arbres — l'habitataprès ⟹ aucun accord, deux fois
bavons reboisé … avait ravagéeune clairière — que, qui remplace la clairièreaprès, puis avant ⟹ accord au féminin singulier
cavez connues … ont disparuque, qui remplace les espèces — aucun pour disparaîtreavant ⟹ féminin pluriel ; puis pas de complément du tout
dont pris en chargeun bébé pandaaprès ⟹ aucun accord
eai photographié … ont plantésdes arbres centenaires — que, qui remplace les arbresaprès, puis avant ⟹ accord au masculin pluriel

Les phrases b, c et e sont bâties de la même façon, et c'est la construction que les examens préfèrent : un premier participe sans accord, puis une relative en « que » qui place le complément devant le second. ⟹ Le réflexe à installer : dès que tu vois « que », arrête-toi. Demande-toi ce que ce « que » remplace, et accorde le participe qui suit avec lui. ⚠️ Le cas de c mérite une seconde de plus : « ont disparu » ne s'accorde pas, non pas parce que le complément serait après, mais parce qu'il n'y en a aucun — on ne disparaît pas quelque chose. Sans complément d'objet direct, pas d'accord possible.

Exercice 3 — J'écris convenablement le participe passé

a. Les zones humides (choisir) par la Direction générale des forêts algériennes seront (étudier) par des spécialistes en écologie. b. La ministre de l'Environnement et des Énergies renouvelables a (décider) de mettre en ligne des programmes éducatifs à destination des collégiens. c. Les plantes aromatiques que nous avons (cueillir) ont des vertus médicinales. d. L'édification du barrage vert a (freiner) l'avancée du désert. e. Les élèves (sélectionner) pour le concours du meilleur dessin en faveur de la nature ont (recevoir) un prix.

Corrigé de l'exercice 3
La forme attendueLe cas appliqué
achoisies … seront étudiéesparticipe employé seul (accord avec « les zones humides ») ; puis auxiliaire être (accord avec le sujet)
ba décidéauxiliaire avoir, et aucun complément d'objet direct — « de mettre en ligne » est un infinitif ⟹ aucun accord
cavons cueilliesauxiliaire avoir, complément « que » (les plantes) placé avant ⟹ féminin pluriel
da freinéauxiliaire avoir, complément « l'avancée du désert » placé après ⟹ aucun accord
esélectionnés … ont reçuparticipe employé seul (accord avec « les élèves ») ; puis auxiliaire avoir avec « un prix » placé après ⟹ aucun accord

Cet exercice mélange les quatre cas de la leçon, et c'est exactement ce que fait un sujet d'examen. Les phrases a et e en contiennent même deux chacune, à quelques mots d'intervalle : un participe seul, puis un participe avec auxiliaire. ⚠️ La phrase b est le piège le plus discret : on croit voir un complément d'objet direct dans « des programmes éducatifs ». Mais ce complément n'appartient pas à « décider » — il appartient à « mettre en ligne ». La ministre a décidé quoi ? De mettre en ligne. C'est un infinitif, et un infinitif ne fait jamais accorder. ⟹ Ne cherche donc pas le complément à l'œil : pose la question « quoi ? » juste après le participe, et prends la première réponse.

Dictée — je lis le texte, puis je l'écris sans le regarder
اقرأ النصّ، ثمّ اكتبه دون أن تنظر إليه، ثمّ قارن. راقب أسماء المفعول وعلامات الاستفهام.

Lis le texte à voix haute une première fois. Écoute-le, puis écris-le sans le regarder. Reviens ensuite le comparer mot à mot avec le tien.

Le texte de la dictée

« Pourquoi la souffrance d'une bête me bouleverserait-elle ainsi ? Pourquoi ne puis-je supporter l'idée qu'une bête souffre, au point de me relever la nuit, l'hiver, pour m'assurer que mon chat a bien bu sa tasse d'eau ? […] Une créature qui souffre et qui n'a aucun moyen de nous faire entendre comment et pourquoi elle souffre, n'est-ce pas affreux, n'est-ce pas angoissant ? » — Émile Zola

Cinq points à vérifier dans ce que tu as écrit : — « a bien bu » : auxiliaire avoir, et le complément « sa tasse d'eau » est après ⟹ aucun accord. C'est exactement la règle de l'exercice 2 ; — « bouleverserait-elle » est un conditionnel présent, avec son s, et le trait d'union de l'inversion du sujet ; — « ne puis-je » : la forme ancienne de « je peux » dans une question. On écrit puis, jamais « peux-je » ; — « l'idée qu'une bête souffre » : une complétive après un nom, et son verbe est au subjonctif ; — trois points d'interrogation : le texte est fait de questions, et c'est ce qui lui donne sa force. Ne les remplace pas par des points.

Au BEM, l'accord du participe passé est la question d'orthographe la plus régulière de toutes, sous la consigne « accorde le participe passé quand il le faut » — et il se paie en plus dans la dictée et la production écrite. Aie ces trois choses prêtes : avec être ⟹ accord avec le sujet ; avec avoir ⟹ jamais avec le sujet, mais avec le complément d'objet direct s'il est placé devant ; sans auxiliaire ⟹ accord comme un adjectif. ⛔ Les deux erreurs qui reviennent chaque année : ① accorder avec le sujet alors que l'auxiliaire est « avoir » — « les pays ont développés » est faux ; ② ne pas voir le complément caché derrière un « que » — « les plantes que nous avons cueillies ». ⭐ Le geste qui te sauve à chaque fois, et il prend deux secondes : repère l'auxiliaire, puis pose la question « quoi ? » juste après le participe. Si la réponse arrive après, tu n'écris rien de plus.
L'accord du participe passé se décide en deux questions, dans cet ordre. ① Quel est l'auxiliaire ? Avec être, il s'accorde avec le sujet — « cette espèce serait menacée ». ② Si c'est « avoir », où est le complément d'objet direct ? Placé après le verbe, aucun accord — « ils ont développé une stratégie » ; placé avant, accord avec lui — « la gazelle qu'ils ont classée ». ⛔ Avec « avoir », le sujet ne compte jamais : c'est l'erreur la plus fréquente de tout le français écrit. Reste un quatrième cas, le plus simple : employé seul, sans auxiliaire, le participe passé s'accorde avec le nom qu'il accompagne, exactement comme un adjectif — « les forêts ravagées par les incendies ».

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