Projet 2 — Le débat d'idées › Concéder ou réfuter dans un débat
Concéder ou réfuter dans un débat — Production écrite et compte rendu
- الاعتراف ببعض حجج المخاطَب ثمّ معارضتها بحجّة أقوى منها: التنازل
- دحض أطروحة بنفي العلاقة السببية، أو بنفي صحّة الحكم، أو بإبراز تناقضاتها
- توظيف أدوات التنازل والتعارض، مثل certes… mais أو il est vrai que… cependant
- تحرير تقرير عن نقاش (compte rendu): وضعية التواصل، ثمّ حجج كلّ طرف بأمانة، ثمّ جزء تعليقيّ مستقلّ
- نقل كلام المتدخّلين بضمير الغائب وبفعل تقديم محايد
- الأطروحة والحجّة والمثال في النصّ الحجاجي
- روابط التعارض: mais, cependant, pourtant, néanmoins
- أفعال الرأي والتصريح: dire, penser, affirmer, soutenir
La consigne
① Concéder : donner raison pour mieux s'opposer
Dans un débat, dire « non » ne suffit pas : un refus sec ferme la discussion. La concession fait l'inverse. « Concéder, c'est admettre que les arguments de l'interlocuteur sont recevables pour mieux leur opposer des arguments contraires. » Une concession se construit donc toujours en deux temps, et c'est le second qui compte : ① tu accordes — tu reconnais ce qui, dans la position adverse, est juste : certes…, il est vrai que…, il est possible que… ; ② tu retournes — un connecteur d'opposition fait basculer la phrase, et ton argument, plus fort, arrive en dernier : mais…, cependant…, pourtant… C'est pourquoi une thèse peut s'énoncer après une concession : on accorde d'abord du crédit au raisonnement de la partie adverse, pour mieux défendre ensuite ses propres arguments.
REFUSÉ SÈCHEMENT « C'est faux : l'argent ne libère pas un enfant. » CONCÉDÉ, PUIS DÉPASSÉ « Certes, un salaire, même modeste, donne à l'enfant un peu d'argent à lui. Mais cet argent, il le paie de son école : ce qui l'affranchit aujourd'hui le prive du diplôme qui, demain, aurait été le meilleur garant de son avenir. » → Le fait adverse n'est pas nié : il est admis, puis dépassé. Trois éléments font la différence : certes ouvre la concession, mais la referme, et ton argument vient en dernier — c'est lui que le lecteur retient.
Des trois arguments de ton interlocuteur, lequel concéderais-tu ? Et pourquoi la consigne dit-elle « certains » de ses arguments, et non « tous » ?Des trois arguments de ton interlocuteur, lequel concéderais-tu ? Et pourquoi la consigne dit-elle « certains » de ses arguments, et non « tous » ?أيّ حجج مخاطبك تعترف بها؟ ولماذا تقول التعليمة « بعض » حججه لا « كلّها »؟
« Ils pourront aider leurs parents » est le plus facile à concéder : c'est un constat plus qu'une opinion — un salaire, même petit, entre dans la maison. Le reconnaître ne te coûte rien, et montre à ton interlocuteur que tu l'as écouté. « Certains » et non « tous », parce qu'une concession n'est pas une adhésion. Tu admets qu'un argument est recevable — pour mieux lui opposer un argument contraire. Si tu accordes tout, il ne te reste rien à opposer : tu as changé de camp. ⚠️ Concède ce qui est vrai mais secondaire, jamais le cœur de la thèse adverse : c'est ce cœur-là que ton « mais » doit atteindre.
② Réfuter : contester la thèse elle-même
Concéder, c'est céder un point pour mieux s'opposer. Réfuter, c'est s'attaquer à la thèse elle-même. « Réfuter consiste à contester la pertinence du point de vue avancé par l'adversaire en niant la relation de cause à effet, en niant la vérité d'un jugement ou en mettant en évidence les contradictions possibles. » Trois voies, donc, et chacune attaque un endroit différent de la thèse : ① la cause — l'adversaire dit « A entraîne B » ; tu montres que B ne découle pas de A ; ② le jugement — l'adversaire affirme une chose ; tu montres qu'elle est fausse ; ③ la contradiction — tu montres que la thèse se dément elle-même, ou que ceux qui la défendent la démentent par leurs actes. ⛔ Une autre voie existe, et elle est à proscrire : attaquer la personne au lieu de ses idées. C'est l'argument de mauvaise foi : il se sert de la personnalité de l'adversaire pour réfuter ses idées. Dans un débat, tu t'opposes aux opinions de tes camarades, non à eux en tant que personnes.
LA THÈSE : « L'argent fait le bonheur. » ① Nier la relation de cause à effet — « L'argent permet d'acheter bien des choses ; il ne s'ensuit pas qu'il rende heureux : on peut tout posséder et vivre dans l'inquiétude. » ② Nier la vérité du jugement — « Dire que l'argent fait le bonheur, c'est confondre le confort et le bonheur : le premier s'achète, le second non. » ③ Mettre en évidence une contradiction — « Ceux qui affirment que l'argent fait le bonheur n'en ont jamais assez : s'il suffisait à rendre heureux, pourquoi en voudraient-ils toujours plus ? » → Trois angles d'attaque différents, et aucun ne vise la personne : on réfute une idée, pas celui qui la défend.
Réfute en une phrase, par la contradiction, cette affirmation : « Fumer est une preuve d'émancipation. »Réfute en une phrase, par la contradiction, cette affirmation : « Fumer est une preuve d'émancipation. »ادحض هذه المقولة في جملة واحدة، بإبراز تناقضها.
« Celui qui fume pour prouver qu'il est libre devient dépendant d'une cigarette : l'émancipation qu'il revendique se retourne en dépendance. » La contradiction est dans la thèse elle-même : s'émanciper, c'est se libérer d'une tutelle ; or le fumeur s'en crée une nouvelle. Tu n'as eu besoin d'aucun argument extérieur — tu as retourné le mot de l'adversaire contre lui. ⭐ C'est exactement la voie que la production du bas de page te demandera de développer : garde cette phrase, elle peut ouvrir un paragraphe.
③ Les mots pour concéder et pour réfuter
| Ce que tu veux faire | Les mots pour le faire |
|---|---|
| Reconnaître un fait (concéder) | certes… ; il est vrai que… ; il est exact que… ; sans doute… mais… ; il ne fait pas de doute que… mais… ; on peut parfaitement admettre… mais… ; il se peut que… ; en admettant que… ; même si… ; bien que… |
| Retourner la concession (s'opposer) | mais ; en fait ; toutefois ; cependant ; néanmoins ; pourtant ; quand même ; reste que ; tout de même ; pour autant |
| Exprimer son désaccord | contester ; objecter ; récuser ; rejeter ; réfuter ; rétorquer ; contredire ; démentir ; nier ; en revanche ; au contraire ; à l'opposé |
| Signaler une contradiction | il est contradictoire de… et au même moment de… ; il est peu logique de… et en même temps de… ; il est illogique de… et simultanément de… ; il est peu cohérent de… et de… |
Complète cette phrase avec deux outils du tableau, sans en changer le sens : « … le travail rapporte un peu d'argent à la famille ; … il prive l'enfant de son école. »Complète cette phrase avec deux outils du tableau, sans en changer le sens : « … le travail rapporte un peu d'argent à la famille ; … il prive l'enfant de son école. »أكمل الجملة بأداتين من الجدول، دون أن تغيّر معناها.
« Certes, le travail rapporte un peu d'argent à la famille ; mais il prive l'enfant de son école. » D'autres couples conviennent : il est vrai que… cependant, sans doute… mais, on peut parfaitement admettre que… mais. Ce qui ne change pas : le premier outil ouvre la concession, le second la referme. ⚠️ Le piège : écrire « Certes, le travail rapporte un peu d'argent à la famille. » et s'arrêter là. Une concession sans son « mais » n'est plus une concession : c'est un argument offert à l'adversaire.
④ Rendre compte du débat
Le débat terminé, il reste à en rendre compte pour ceux qui n'y étaient pas. Le compte rendu d'un débat ne rapporte pas d'abord ta position : il rapporte celles des autres, fidèlement, et ne les juge qu'à la fin. Il se construit en trois parties : ① l'introduction — la situation de communication (le lieu, le moment, le statut des intervenants), le sujet du débat et les antagonistes ; ② le développement — la synthèse des arguments avancés par les uns et les autres, sans oublier le rôle joué par le modérateur, ainsi que les procédés et les figures les plus marquants (concession, réfutation, ironie) ; ③ la partie commentative — ta position par rapport aux antagonistes du débat. Pour rapporter un propos, choisis ton verbe introducteur : il dit déjà ce que tu penses de ce propos. Trois positions sont possibles — neutre : « X dit que… », « pense que… », « estime que… » ; défavorable : « X prétend que… », « voudrait nous faire croire que… » ; mise à distance : « X soutient que… », « affirme que… », « assure que… ». Dans l'introduction et le développement, qui exposent, préfère la position neutre : « prétend que » est déjà un jugement, et le jugement attend la partie commentative.
| Ce qui est vérifié | Comment tu le contrôles toi-même |
|---|---|
| La situation de communication | l'introduction dit où, quand et entre qui le débat a eu lieu, et sur quel sujet |
| Les intervenants | chaque argument est rattaché à l'intervenant ou au groupe qui l'a avancé |
| La fidélité | aucun contresens, aucune omission : rien n'est rapporté qui n'ait été dit |
| Le rôle du modérateur | on voit qui a distribué la parole et recentré le débat |
| La troisième personne | même si tu as participé au débat, ton groupe devient « le premier groupe », jamais « nous » |
| La partie commentative | elle est séparée du reste et identifiable : c'est le seul endroit où ton jugement apparaît |
| Les verbes introducteurs | ils sont variés et justes : « estime que » n'a pas le sens de « prétend que » |
Rousseau écrit en 1755 : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Voltaire lui oppose en 1770 les paroles qu'aurait dites un « honnête homme » à ses enfants : « Imitons notre voisin, il a enclos son champ […] nous serons mieux nourris, plus sains, plus paisibles. » Rends compte de cet échange en deux phrases, à la troisième personne, sans prendre parti.Rousseau écrit en 1755 : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Voltaire lui oppose en 1770 les paroles qu'aurait dites un « honnête homme » à ses enfants : « Imitons notre voisin, il a enclos son champ […] nous serons mieux nourris, plus sains, plus paisibles. » Rends compte de cet échange en deux phrases, à la troisième personne, sans prendre parti.انقل هذا النقاش في جملتين، بضمير الغائب، دون أن تنحاز إلى أحد الطرفين.
« Dans son Discours sur l'origine de l'inégalité (1755), Rousseau estime que la propriété privée est à l'origine de l'inégalité : pour lui, le premier qui clôtura un terrain en disant « Ceci est à moi » fut le vrai fondateur de la société civile. Voltaire lui répond, dans ses Questions sur l'Encyclopédie (1770), que celui qui clôt son champ agit en « honnête homme » : ceux qui l'imiteraient seraient mieux nourris et plus paisibles. » Trois choses à remarquer : — la source et la date de chaque intervention sont données : c'est la situation de communication ; — les verbes « estime que » et « répond que » rapportent sans juger ; — les mots de l'auteur restent entre guillemets : « honnête homme » est à Voltaire, pas à toi. ⛔ Ce qu'il ne fallait pas écrire : « Voltaire a bien raison de rappeler que… » — c'est un jugement. S'il vient, il viendra dans la partie commentative, à la fin.
À toi d'écrire
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