Projet 2 — Le débat d'idées › S'inscrire et prendre position dans un débat
Le rapport d'opposition
- التعرّف على أدوات التعارض وتصنيفها: الاستدراك، والمقابلة، والتنازل، والتصحيح
- تحديد الرابط الذي يبني نصّا حجاجيّا والعلاقة المنطقية التي يعبّر عنها
- مقابلة حجج الأطروحة المدحوضة بحجج الكاتب، حجّة بحجّة
- الربط بين جملتين بعلاقة تعارض أو تنازل، مع احترام صيغة الفعل بعد bien que وmême si
- مفهوم الأطروحة والأطروحة المضادّة
- أدوات الربط المنطقيّ
- صيغة subjonctif وصيغة indicatif
① Opposer : les termes adversatifs
Le rapport d'opposition met face à face deux faits ou deux idées qui ne vont pas dans le même sens. Il s'exprime surtout par des termes adversatifs : — mais, le plus courant ; — pourtant, cependant, néanmoins, toutefois, quand même, tout de même, pour autant, reste que, en fait : ils annoncent que ce qui suit va contre ce qui précède ; — en revanche, au contraire, à l'opposé : ils placent deux réalités l'une en face de l'autre. Dans une argumentation, l'ordre compte : dans « A, mais B », c'est B qui l'emporte. L'élément introduit par le terme adversatif donne sa direction à la phrase — et parfois au texte entier.
L'idée que la guerre peut avoir des fonctions propres a conduit certains théoriciens à en vanter les mérites. Hegel¹ prétend qu'elle incarne le moment où l'État se réalise pleinement ; Joseph de Maistre² va jusqu'à la glorifier comme le moyen de fortifier la nature humaine ; Nietzsche³ trouve dans les « vertus » guerrières le meilleur stimulant au dépassement de soi-même ; plusieurs évolutionnistes croient pouvoir tirer de la loi de sélection naturelle une justification des pertes qu'engendre la guerre ; L. Gumplowicz⁴ fait même de la guerre la source de toutes les institutions et de la civilisation. Enfin, les sociologues ont parfois hasardé une comparaison de la guerre et de la fête, en leur attribuant des fonctions analogues, notamment l'exaltation collective et le renversement des règles habituelles. Pourtant les arguments de divers ordres ne manquent pas contre les théories bellicistes. On peut, à l'encontre de ceux qui prônent les vertus militaires, faire d'abord état des statistiques qui prouvent l'augmentation de la criminalité à la suite des guerres. S'il est vrai que les grandes civilisations se sont répandues par la force des armes, est-il utile de rappeler que c'est de la même façon qu'elles ont disparu ? Aux progrès techniques et économiques qu'elle provoque, il est aisé en effet d'opposer un calcul des coûts de la guerre, qui sont de plus en plus élevés à mesure qu'elle devient plus totale. Enfin s'il est vrai que la guerre présente bien des caractères de la fête, n'en diffère-t-elle pas en même temps, du fait qu'elle oppose un groupe à un autre et tend plus spécifiquement à la destruction ? ¹ et ³ Philosophes allemands. ² Écrivain savoisien. ⁴ Sociologue autrichien. D'après J. Cazeneuve, Guerre et Paix, 1995 Encyclopaedia Universalis.
Combien y a-t-il de parties dans ce texte ? Quel articulateur le structure, et quel rapport logique exprime-t-il ?Combien y a-t-il de parties dans ce texte ? Quel articulateur le structure, et quel rapport logique exprime-t-il ?كم جزءا في هذا النصّ؟ ما الرابط الذي يبنيه، وما العلاقة المنطقية التي يعبّر عنها؟
Deux parties, et une seule charnière : « Pourtant », qui ouvre le second paragraphe. — 1re partie : la thèse belliciste — des théoriciens qui vantent les mérites de la guerre ; — 2e partie : la thèse de l'auteur — « les arguments de divers ordres ne manquent pas contre les théories bellicistes ». « Pourtant » exprime l'opposition : ce qui suit va contre ce qui précède. Il y a donc deux thèses opposées, et l'auteur exprime la sienne dans la seconde partie. ⭐ Regarde aussi comment il présente la première thèse : Hegel « prétend », les évolutionnistes « croient pouvoir », les sociologues « ont parfois hasardé ». Avant même « Pourtant », ces verbes marquent sa distance : l'opposition se prépare dès la première partie.
Oppose chaque argument de l'auteur à celui qui lui correspond dans la première partie.Oppose chaque argument de l'auteur à celui qui lui correspond dans la première partie.قابل كلّ حجّة من حجج الكاتب بما يقابلها في الجزء الأوّل.
| La thèse belliciste | La réponse de l'auteur |
|---|---|
| les « vertus » guerrières fortifient la nature humaine (Joseph de Maistre, Nietzsche) | les statistiques prouvent l'augmentation de la criminalité à la suite des guerres |
| la guerre est la source des institutions et de la civilisation (L. Gumplowicz) | si les grandes civilisations se sont répandues par les armes, c'est aussi par les armes qu'elles ont disparu |
| la guerre provoque des progrès techniques et économiques (absent de la 1re partie : l'auteur le concède avant d'y répondre) | ses coûts sont de plus en plus élevés à mesure qu'elle devient plus totale |
| la guerre ressemble à la fête : exaltation collective, renversement des règles (les sociologues) | elle en diffère : elle oppose un groupe à un autre et tend à la destruction |
⟹ L'opposition est construite point par point : à chaque argument de la thèse adverse répond un contre-argument. C'est la forme la plus solide de la réfutation — l'adversaire ne peut pas dire qu'on a esquivé ses raisons. (Hegel et les évolutionnistes, eux, ne reçoivent pas de réponse particulière : l'auteur choisit ses cibles.)
② Concéder avant d'opposer : « certes… mais »
Opposer n'est pas toujours rejeter en bloc. On peut d'abord accorder quelque chose à l'adversaire — reconnaître qu'il a en partie raison —, puis s'opposer. C'est la concession, qui consiste à envisager « l'argument de l'adversaire et les objections éventuelles : certes… mais ; il est vrai que… cependant ». Les outils de la concession : — pour reconnaître : reconnaître, admettre, accorder, concéder ; il est vrai que, il est exact que ; certes, assurément, effectivement ; — pour opposer ensuite : mais, cependant, toutefois, pourtant, reste que ; — ou en une seule phrase, avec une subordonnée : bien que et quoique, suivis du subjonctif ; même si, suivi de l'indicatif ; en dépit de, suivi d'un nom. ⟹ La concession est une opposition habile : en montrant qu'on a entendu l'adversaire, on rend sa propre thèse plus crédible.
« S'il est vrai que les grandes civilisations se sont répandues par la force des armes, est-il utile de rappeler que c'est de la même façon qu'elles ont disparu ? » — d'après J. Cazeneuve, Guerre et Paix « Certes, des entreprises ont beaucoup investi dans ces recherches sur l'amélioration génétique des espèces, et les actionnaires entendent se trouver payés de leurs engagements financiers : c'est surtout la voix puissante des actionnaires que nous entendons aujourd'hui dans la promotion des OGM. » D'après J-C Membre, contribution au Forum citoyen sur les OGM, site internet de l'Assemblée Nationale, 7 septembre 1998.
Dans la phrase qui commence par « Certes », où est l'opposition ? Aucun « mais » n'apparaît.Dans la phrase qui commence par « Certes », où est l'opposition ? Aucun « mais » n'apparaît.أين التعارض في الجملة التي تبدأ بـCertes، مع أنّه لا أثر لـmais فيها؟
Après « Certes », l'auteur accorde un point aux entreprises : elles ont investi, et leurs actionnaires attendent un retour. Puis les deux-points prennent la place du « mais » attendu : « c'est surtout la voix puissante des actionnaires que nous entendons aujourd'hui dans la promotion des OGM ». L'opposition est implicite : l'auteur laisse entendre que la promotion des OGM obéit à l'intérêt des actionnaires plutôt qu'à la preuve de leur innocuité — et il le dira ouvertement plus loin, en demandant que les actionnaires financent « les études qui nous prouveront mieux que leur bonne foi l'innocuité des produits ». ⟹ Une concession n'a pas toujours besoin de « mais » : la ponctuation, ou la phrase suivante, peuvent faire le travail.
Réunis ces deux arguments en une seule phrase, de trois façons : avec « certes… mais », avec « bien que », avec « même si » : « Savoir de quoi il est malade peut aider le malade à guérir. » · « La vérité peut le désespérer encore plus. »Réunis ces deux arguments en une seule phrase, de trois façons : avec « certes… mais », avec « bien que », avec « même si » : « Savoir de quoi il est malade peut aider le malade à guérir. » · « La vérité peut le désespérer encore plus. »اجمع الحجّتين في جملة واحدة بثلاث طرق، وانتبه إلى صيغة الفعل بعد كلّ أداة.
— « Certes, savoir de quoi il est malade peut aider le malade à guérir ; mais la vérité peut le désespérer encore plus. » — « Bien que savoir de quoi il est malade puisse aider le malade à guérir, la vérité peut le désespérer encore plus. » — « Même si savoir de quoi il est malade peut aider le malade à guérir, la vérité peut le désespérer encore plus. » ⚠️ Regarde le verbe de la subordonnée : puisse après « bien que » (le subjonctif), peut après « même si » (l'indicatif). Et dans les trois phrases, c'est la même idée qui l'emporte : celle qui n'est pas concédée — le risque de désespérer le malade.
③ Écarter une idée pour imposer la bonne : « ce n'est pas… mais »
Une autre forme d'opposition sert à éviter un malentendu : on écarte une idée pour la remplacer par la bonne. On dispose pour cela de tournures comme ce n'est pas… mais (ou ce n'est pas… c'est), non pas… mais, non… mais, bien loin de…, c'est moins… que…. ⟹ L'opposition ne sert plus à contredire un adversaire, mais à préciser sa propre pensée : on dit d'abord ce qu'on ne veut pas dire.
« Ce qui est terrible quand on ment au malade, ce n'est pas de lui dissimuler la vérité, c'est de lui cacher ce que les autres savent. » — Faut-il dire la vérité au malade ?, d'après P. Viansson-Ponté et L. Schwartzenberg « D'ailleurs, les gens ne réclament pas qu'on les aime mais qu'on les respecte dans leur dignité d'être humain. […] L'étranger réclame non de l'amour et de l'amitié, mais du respect. » Tahar Ben Jelloun, Le Racisme expliqué à ma fille, Editions du Seuil, 1998.
Dans la phrase sur le malade, quelle idée l'auteur écarte-t-il, et laquelle impose-t-il ? Que gagne-t-il à ce détour ?Dans la phrase sur le malade, quelle idée l'auteur écarte-t-il, et laquelle impose-t-il ? Que gagne-t-il à ce détour ?في الجملة المتعلّقة بالمريض: ما الفكرة التي يستبعدها الكاتب، وما الفكرة التي يثبتها؟ وما الذي يكسبه من هذا الالتفاف؟
Il écarte une idée attendue — le mal serait de « dissimuler la vérité » — pour imposer la sienne : le mal, c'est de « cacher ce que les autres savent ». Le détour déplace le problème. Ce qui blesse le malade n'est pas seulement ce qu'il ignore : c'est d'être le seul à l'ignorer, entouré de gens qui savent. D'où la phrase suivante : « Une telle situation crée des relations entièrement faussées où se mêlent la pitié et l'hypocrisie. » ⟹ « Ce n'est pas… c'est… » oblige le lecteur à abandonner l'idée qu'il avait en tête : c'est une opposition qui corrige.
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Expression écrite
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