اللغة الفرنسية🎓 هدف البكالوريا

Projet 1 — Textes et documents d'histoire Introduire un témoignage

Discours direct/indirect et modalisation

🔊 المعلّمة تقرأ لك
« Le grand jour est enfin arrivé », répète Benabès — et le témoin nous laisse entendre sa voix, mot pour mot. Une phrase plus loin, il résume au contraire Laghrour : « Laghrour nous informa officiellement que le jour “J” était fixé pour la nuit du dimanche 31 octobre 1954 au lundi 1er novembre 1954. » Ici la voix de l'autre, là celle du narrateur qui la reprend. Quand un texte rapporte des paroles, comment savoir qui parle — et qui juge ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التمييز بين الخطاب المباشر والخطاب غير المباشر، ونسبة كلّ قول منقول إلى صاحبه
  • تحويل قول من الخطاب غير المباشر إلى المباشر وبالعكس، مع تغيير الضمائر والأزمنة ومؤشّرات الزمان
  • استخراج علامات اليقين والشكّ والحكم ⁦(modalisation)⁩، وإعادة كتابة جملة بصيغة محايدة
  • استنتاج موقف الكاتب من الوصف المادح أو القادح للشخصيات والأفعال
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • علامات التنصيص « » والنقطتان
  • المؤشّرات الزمنية ومرجعها
  • أفعال القول المُدرِجة لكلام الغير

① Le discours direct : laisser parler l'autre avec ses propres mots

في الخطاب المباشر يُنقل الكلام بألفاظ صاحبه بين علامتي التنصيص، ويبقى زمنه وضميره كما قالهما.

Au discours direct, le narrateur s'efface un instant et laisse parler quelqu'un d'autre avec ses propres mots. On le reconnaît à trois signes : — des guillemets « … », qui encadrent la parole ; — un verbe introducteur (dire, avouer, témoigner, déclarer…), placé avant la parole et suivi de deux-points, après elle, ou au milieu, en incise ; — une énonciation qui n'est plus celle du narrateur : entre les guillemets, le « je », le présent et les repères de temps sont ceux de celui qui parle. ⟹ Un récit d'Histoire coupé de la situation d'énonciation peut ainsi contenir des îlots de parole ancrée : ce sont les dires qu'il rapporte.

Des paroles rapportées au discours direct

« C'est à la suite de l'intervention des policiers et des soldats dans les villes de garnisons que les bagarres commencèrent. » avoua Henri Benzet. → le verbe introducteur vient après la parole. F. Abbas témoigna de Sétif, sa ville : « Le 8 mai 1945 est un mardi, c'est le marché hebdomadaire. La ville de Sétif abrite ce jour-là, entre cinq et quinze mille fellahs et commerçants venus des régions les plus éloignées… » → le verbe introducteur vient avant, suivi de deux-points ; entre les guillemets, le verbe est au présent. Quant à Benabès, il disait sans cesse : « Allah Ouakbar (Dieu est grand), le grand jour est enfin arrivé ». → entre les guillemets, un passé composé et un « enfin » : c'est Benabès qui parle, depuis son propre moment. « Histoire du 8 mai 1945 », M. Yousfi · « Le 1er Novembre 1954 à Khenchela », Salem Boubakeur

Dans « Histoire du 8 mai 1945 », l'auteur introduit des « dires » : à qui appartient chacun ? Et qu'est-ce qui change dans le texte quand on passe du récit à la parole rapportée ?
في نصّ « تاريخ 8 ماي 1945 » يُدرج الكاتب أقوالا: لمن كلّ قول منها؟ وما الذي يتغيّر في النصّ حين ننتقل من السرد إلى الكلام المنقول؟

Deux dires, deux personnes — et même un troisième, collectif : — au 3e paragraphe, Henri Benzet : « C'est à la suite de l'intervention des policiers et des soldats… que les bagarres commencèrent. » Le texte ne le présente pas ; le verbe « avoua » laisse entendre qu'il reconnaît un fait qu'il n'avait pas intérêt à dire ; — au 4e paragraphe, F. Abbas, qui témoigne de « Sétif, sa ville » ; — dès le 1er paragraphe, les manifestants, dont le texte cite les slogans : « A bas le colonialisme ! » « Vive l'Algérie indépendante ! ». Et ce qui change se voit à l'œil nu. Le récit de l'auteur est coupé de la situation d'énonciation : « Ce jour du 8 mai, de grandes manifestations furent organisées » — passé simple, 3e personne, repère « ce jour du 8 mai ». Dès qu'on entre dans les guillemets de F. Abbas, le temps bascule : « Le 8 mai 1945 est un mardi ». Ce présent n'est pas une faute : c'est le temps de celui qui parle. ⟹ Le discours direct fait coexister deux énonciations dans un même texte : celle du narrateur, et celle des personnes qu'il fait parler.

② Le discours indirect : intégrer la parole au récit

في الخطاب غير المباشر يُدمج الكلام في جملة الراوي، فتتغيّر الضمائر والأزمنة ومؤشّرات الزمان والمكان.

Au discours indirect, le narrateur ne cite plus : il intègre la parole à sa propre phrase, sous forme de subordonnée — introduite par que (une affirmation), si (une question) ou de + infinitif (un ordre, un conseil). Plus de deux-points, plus de guillemets. Et comme c'est désormais le narrateur qui parle, tout ce qui dépendait de celui qui parlait se transpose : — les personnes se règlent sur le narrateur : le « je » de celui qui parlait devient « il » ; le « vous » qu'il adressait au groupe dont faisait partie le narrateur devient « nous » ; — les temps, quand le verbe introducteur est au passé : le présent devient imparfait, le futur devient conditionnel, le passé composé devient plus-que-parfait ; — les repères de temps et de lieu : aujourd'hui devient ce jour-là, demain le lendemain, hier la veille, ici là. ⚠️ Ce qui ne bouge jamais : les dates. « le 1er novembre 1954 » se dit de la même façon au direct et à l'indirect.

Des paroles rapportées au discours indirect

D'un ton solennel, Laghrour nous informa officiellement que le jour «J» était fixé pour la nuit du dimanche 31 octobre 1954 au lundi 1er novembre 1954. Laghrour nous recommanda de garder pour nous la date et l'heure et de ne les communiquer à nos combattants que le dimanche. — « Le 1er Novembre 1954 à Khenchela », Salem Boubakeur [Alban Liechti] écrivit au président de la République une lettre dans laquelle il refusait de « prendre les armes contre le peuple algérien en lutte pour son indépendance ». → l'indirect peut garder, entre guillemets, quelques mots exacts de la personne. M. Kaddache, Et l'Algérie se libéra, Edif 2000.

Remets au discours direct : « Laghrour nous informa officiellement que le jour “J” était fixé pour la nuit du dimanche 31 octobre 1954 au lundi 1er novembre 1954. » Qu'as-tu dû changer ?
أعد هذه الجملة إلى الخطاب المباشر. ما الذي اضطررت إلى تغييره؟

D'un ton solennel, Laghrour nous informa officiellement : « Le jour J est fixé pour la nuit du dimanche 31 octobre 1954 au lundi 1er novembre 1954. » Deux changements, pas un de plus : — « que » disparaît, remplacé par les deux-points et les guillemets ; — « était fixé » redevient « est fixé » : l'imparfait n'était là que parce que le narrateur raconte au passé ; Laghrour, lui, parlait dans son présent. ⚠️ Et regarde ce qui n'a pas bougé : la date. « 31 octobre 1954 » est un repère fixe ; il se lit de la même façon dans la bouche de Laghrour et sous la plume du témoin.

Et celle-ci : « Laghrour nous recommanda de garder pour nous la date et l'heure et de ne les communiquer à nos combattants que le dimanche. »
وهذه الجملة أيضا: أعدها إلى الخطاب المباشر.

Laghrour nous recommanda : « Gardez pour vous la date et l'heure, et ne les communiquez à vos combattants que dimanche. » Ici les changements sont plus nombreux, parce que la parole est un conseil : — « de » + infinitif redevient un impératif : « de garder » → « Gardez », « de ne les communiquer » → « ne les communiquez » ; — les personnes se retournent : le narrateur écrivait « pour nous », « nos combattants », parce qu'il faisait partie du groupe ; Laghrour, qui s'adressait à ce groupe, disait « pour vous », « vos combattants » ; — « le dimanche » devient « dimanche » : pour Laghrour, c'est le dimanche qui vient ; pour le narrateur, qui raconte après coup, c'est le dimanche de cette semaine-là. ⟹ Passer d'un discours à l'autre, c'est changer de point de vue : on quitte le moment et la place du narrateur pour ceux de la personne qui parlait. ⭐ Et le futur ? Le témoin écrit aussi : « Les attaques auront lieu simultanément dans toute l'Algérie ». Ni guillemets ni « que » : il redonne la consigne telle qu'elle a été dite. Au discours indirect, il aurait écrit : « Laghrour nous annonça que les attaques auraient lieu simultanément dans toute l'Algérie » — le futur devient conditionnel.

③ La modalisation : quand l'énonciateur juge ce qu'il dit

التلطيف والتأكيد والحكم: علامات يترك بها المتكلّم أثره على ما يقول، حتّى دون أن يقول « أنا ».

Tout énonciateur peut laisser sa marque sur ce qu'il dit : c'est la modalisation. Il peut exprimer : — sa certitude : « C'est sûr », « il est certain que », « certainement » ; — son incertitude, c'est-à-dire une réserve par rapport à ce qu'il dit : le conditionnel (« Le séisme aurait coûté la vie… »), « il me semble que », « peut-être » ; — son jugement, favorable ou défavorable : des adjectifs, des adverbes, des noms qui apprécient — « extraordinaires », « Il est dommage que », « un monument de patriotisme ». Et même quand il ne dit jamais « je », un historien peut prendre parti : « même si le narrateur ne se manifeste pas explicitement, il exprime son point de vue et sa prise de position par la caractérisation (méliorative ou péjorative) des personnages et de l'action ».

La caractérisation dans « Histoire du 8 mai 1945 »

Ce jour du 8 mai, de grandes manifestations furent organisées par le P.P.A.¹ à travers tout le pays, l'Algérie revendicatrice défila en scandant dignement : «A bas le colonialisme !» «Vive l'Algérie indépendante !» «Libérez Messali !» «Libérez les détenus politiques». A l'exemple du 1er mai, les manifestations eurent un caractère pacifique, et partout où les forces de police ne s'interposaient pas, tout se déroula dans l'ordre et le calme absolu. Puis, ce fut la provocation, l'éclatement […]. Le colonat, animé par la haine et la violence, donna libre cours à ses instincts les plus bas. […] Dans cette cité, le cortège parfaitement organisé et autorisé par les autorités à son départ de la mosquée, parvint sans incident jusqu'au niveau du café de France. […] Alors le scénario se déroula furieusement, et la fusillade commença. […] Tout autre Algérien était abattu, impitoyablement. […] Le ratissage s'opéra sauvagement et sans frein. C'était l'hystérie. […] A Chevreuil, les légionnaires du colonel Bourdillat se conduisirent comme en pays conquis. […] On tirait sur tout, partout : fellahs, femmes, enfants, vieillards, tous tombèrent innocemment. ¹ P.P.A. : Parti du Peuple Algérien, Parti nationaliste fondé par Messali Hadj. M. YOUSFI, L'Algérie en marche, ENAL Ed. 1983.

Comment la manifestation est-elle décrite ? Et la réaction de l'occupant ? Qu'en déduis-tu sur la position de l'auteur ?
كيف وُصفت المظاهرة؟ وكيف وُصف ردّ فعل المحتلّ؟ وماذا تستنتج عن موقف الكاتب؟
La manifestationLa répression
« dignement »« animé par la haine et la violence »
« un caractère pacifique »« ses instincts les plus bas »
« dans l'ordre et le calme absolu »« furieusement » · « impitoyablement »
« parfaitement organisé et autorisé »« sauvagement et sans frein » · « C'était l'hystérie »
« sans incident »« comme en pays conquis »

D'un côté, tout est mélioratif : l'auteur insiste sur le calme, l'ordre et la légalité de la manifestation — elle était même « autorisée ». De l'autre, tout est péjoratif : il insiste sur la violence, la haine et l'absence de toute retenue de la répression. Remarque que « dignement » a son contraire exact deux paragraphes plus loin : « ses instincts les plus bas » — la dignité d'un côté, la bassesse de l'autre. ⟹ L'auteur n'écrit jamais « je condamne ». Il n'en a pas besoin : ses adjectifs et ses adverbes ont choisi pour lui. Il prend le parti des manifestants et condamne la répression — c'est la caractérisation qui dit sa position.

Repère les marques de modalisation, puis réécris chaque énoncé de manière neutre et objective : « C'est sûr, ce pilote n'est pas un inconnu ! » · « Il a la chance d'être aidé par ses voisins qui sont extraordinaires. » · « Le séisme aurait coûté la vie à plusieurs centaines de personnes. » · « Il est dommage que ses résultats ne s'améliorent pas. » · « Il me semble qu'en un certain sens vous avez tort. » · « Ce film est un monument de patriotisme. »
استخرج علامات التلطيف أو التأكيد أو الحكم، ثمّ أعد كتابة كلّ جملة بصيغة محايدة وموضوعية.
ÉnoncéMarque de modalisationRéécriture neutre
C'est sûr, ce pilote n'est pas un inconnu !« C'est sûr » et l'exclamation : certitudeCe pilote n'est pas un inconnu.
Il a la chance d'être aidé par ses voisins qui sont extraordinaires.« a la chance de », « extraordinaires » : appréciationIl est aidé par ses voisins.
Le séisme aurait coûté la vie à plusieurs centaines de personnes.le conditionnel « aurait coûté » : incertitudeLe séisme a coûté la vie à plusieurs centaines de personnes.
Il est dommage que ses résultats ne s'améliorent pas.« Il est dommage que » : regret, appréciationSes résultats ne s'améliorent pas.
Il me semble qu'en un certain sens vous avez tort.« Il me semble que », « en un certain sens » : incertitude, atténuationVous avez tort.
Ce film est un monument de patriotisme.« un monument de » : appréciation méliorative, exagéréeCe film traite du patriotisme.

⟹ Trois familles de marques — certitude, incertitude, jugement — et une seule opération pour les neutraliser : les retirer sans toucher au fait. ⚠️ Une nuance qui rapporte des points : la version neutre du séisme n'est pas plus « vraie » que l'originale. Elle affirme ce que l'énonciateur, lui, ne voulait pas garantir. Retirer un conditionnel, c'est prendre à son compte une information qu'on présentait comme incertaine.

Ajoute une modalité d'incertitude à « L'incendie est dû à un acte de malveillance. » et à « Les enfants regardent trop la télévision. », puis une modalité de certitude à « Il se remettra vite des suites de son accident. » et à « Fumer nuit gravement à la santé. »
أضف علامة شكّ إلى الجملتين الأوليين، ثمّ علامة يقين إلى الجملتين الأخريين.

Incertitude — une réserve de l'énonciateur sur ce qu'il dit : — « L'incendie serait dû à un acte de malveillance. » (le conditionnel) — « Il semble que les enfants regardent trop la télévision. » (une tournure impersonnelle) — on pouvait aussi écrire : « Peut-être les enfants regardent-ils trop la télévision. » (un adverbe) Certitude — l'énonciateur garantit ce qu'il dit : — « Il se remettra certainement vite des suites de son accident. » (un adverbe) — « Il est indéniable que fumer nuit gravement à la santé. » (une tournure impersonnelle) ⟹ Le fait ne change pas ; seul change le degré d'engagement de celui qui parle. C'est cela, modaliser.

Faire le point

أعد قراءة هذه الخلاصة مرّتين، ثمّ أغلق الصفحة وأعد صياغتها بكلماتك. هي التعريف الذي ستوظّفه في الامتحان.
Relis ce paragraphe deux fois, puis ferme la page et reformule-le avec tes mots. C'est la définition que tu réutiliseras en épreuve.
Dans un témoignage, l'énoncé est ancré dans la situation de communication. Les indices qui le montrent sont : le pronom personnel à la 1re personne (moi, je…) ; les temps verbaux : présent, passé composé ; les adverbes de lieu et de temps comme aujourd'hui, hier, ici, là-bas… ; les adjectifs pour une description (méliorative ou péjorative de personnes ou de lieu) et les adverbes permettant d'exprimer un jugement ou une appréciation. La nature des faits choisis, leur caractérisation et les commentaires que peut faire l'auteur (ou le témoin), les descriptions des personnages et les jugements portés montrent que le texte historique ne relève pas de la simple narration de faits mais aussi du discours argumentatif (volonté de convaincre le lecteur d'une vision propre à l'auteur).

Expression écrite

تمرين تحويل: اقطع هذا المقطع عن وضعية التلفّظ، بتغيير الضمائر والأزمنة والمحدّدات.
Voici un extrait de « Delphine pour mémoire ». Effectue toutes les transformations nécessaires afin d'obtenir un énoncé coupé de la situation d'énonciation. « J'ai onze ans. Sous nos fenêtres, un soir, un barrage de police. Deux jeunes gens en Vespa tentent d'échapper au contrôle. Une rafale arrose la façade. Les deux jeunes ne se relèveront pas. Trop mats de peau… On apprendra plus tard qu'il s'agissait d'enfants d'immigrés italiens. J'ai douze ans. Un visage sur les murs, celui de l'innocence assassinée. Le visage d'une gosse de cinq ans, Delphine Renard, défigurée par la bombe que l'O.A.S destinait à André Malraux. Puis Charonne, deux jours plus tard, Charonne où Suzanne Martorell, une voisine, amie de ma mère, perdra la vie. J'étais dans la rue, le 12 février 1962, un point minuscule dans la foule venue lui rendre hommage. » C'est la même opération que le passage au discours indirect : chaque « je » devient « il », chaque présent passe au passé, chaque futur vu depuis la scène se transpose — et les dates ne bougent pas.
Compare ta transformation avec ce modèle
قارن تحويلك بهذا النموذج.

Il avait onze ans. Sous les fenêtres de chez lui, un soir, il y eut un barrage de police. Deux jeunes gens en Vespa tentèrent d'échapper au contrôle. Une rafale arrosa la façade. Les deux jeunes ne se relevèrent pas. Trop mats de peau… On apprit plus tard qu'il s'agissait d'enfants d'immigrés italiens. Il avait douze ans. Un visage sur les murs, celui de l'innocence assassinée : le visage d'une gosse de cinq ans, Delphine Renard, défigurée par la bombe que l'O.A.S destinait à André Malraux. Puis ce fut Charonne, deux jours plus tard, Charonne où Suzanne Martorell, une voisine, amie de sa mère, perdit la vie. Il était dans la rue, le 12 février 1962, un point minuscule dans la foule venue lui rendre hommage. ⚖️ Ce qui a changé : les personnes (« j'ai » → « il avait », « ma mère » → « sa mère », « nos fenêtres » → « les fenêtres de chez lui ») ; les temps (présent → passé simple ou imparfait ; les futurs « ne se relèveront pas », « on apprendra », « perdra » → passé simple — on pouvait aussi écrire « ne se relèveraient pas », le conditionnel étant le futur vu du passé). Ce qui n'a pas changé : la date du 12 février 1962. ⭐ Pour aller jusqu'au bout, souviens-toi que les jugements sont eux aussi des indices d'ancrage : « l'innocence assassinée » est un mot du témoin. Un énoncé tout à fait coupé de la situation d'énonciation écrirait simplement « le visage d'une enfant de cinq ans ».

Ce point de langue tombe sous trois consignes : « Rapportez au discours indirect les paroles de… », « À qui appartiennent les dires introduits dans le texte ? », « Relevez les marques de modalisation et dites ce qu'elles révèlent de la position de l'auteur ». Aie trois choses prêtes : ① les deux discours — le direct garde les mots et l'énonciation de celui qui parle (guillemets, « je », présent) ; l'indirect les intègre au récit (que, si, de + infinitif) et transpose personnes, temps et repères ; ② la table des transpositions — je → il, présent → imparfait, futur → conditionnel, passé composé → plus-que-parfait, demain → le lendemain, hier → la veille ; ③ les trois familles de modalisateurs — certitude, incertitude, jugement. ⚠️ L'erreur à éviter : transposer les dates. « le 1er novembre 1954 » ne change jamais ; seuls changent les repères qui dépendent du moment où l'on parle.
Ce que je retiens — Pour rapporter la parole d'un autre, il y a deux façons. Le discours direct garde ses mots tels qu'il les a dits, entre guillemets, avec son « je », son présent, ses repères. Le discours indirect les intègre au récit — que, si, de + infinitif — et transpose tout ce qui dépendait de celui qui parlait : les personnes, les temps (le présent devient imparfait, le futur conditionnel), les repères (demain devient le lendemain). Seules les dates ne bougent pas. La modalisation, elle, est la marque de l'énonciateur sur ce qu'il dit : sa certitude, son doute, son jugement. Même sans jamais dire « je », un historien prend position par la caractérisation — « dignement » d'un côté, « impitoyablement » de l'autre — et son récit devient alors un discours qui veut convaincre.

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