Projet 1 — Textes et documents d'histoire › Introduire un témoignage
Introduire un témoignage — Production écrite
- رواية حدث تاريخيّ مع إدراج شهادة أحد الفاعلين فيه أو أحد شهوده
- تقديم الشاهد بذكر اسمه وصفته وظروف شهادته
- المزاوجة بين الخطاب المباشر للكلمات القويّة والخطاب غير المباشر لبقيّة الشهادة
- إظهار الموقف من الحدث عن طريق الوصف المادح أو القادح، دون الاكتفاء بعبارة « أظنّ »
- الخطاب المباشر والخطاب غير المباشر
- أفعال القول المُدرِجة لكلام الغير
- الوصف المادح والقادح (mélioratif, péjoratif)
La consigne
① Rapporter un témoignage : trois gestes
Rapporter un témoignage, ce n'est ni recopier le témoin, ni parler à sa place. Trois gestes, dans cet ordre : ① Raconter l'événement : les faits, datés et situés, au passé simple. C'est le cadre. ② Introduire le témoin et sa parole : dis qui il est — son nom, sa qualité (participant, victime, témoin visuel) ; cite au discours direct ses mots les plus forts, tels qu'il les a dits ; rapporte le reste au discours indirect ; choisis un verbe introducteur qui lui convient (témoigner, raconter, rapporter, affirmer…). ③ Laisser voir ta position : un historien l'exprime « par la caractérisation (méliorative ou péjorative) des personnages et de l'action » — sans avoir besoin de dire « je ».
PLAT — des faits et un nom, mais aucune voix Fin octobre 1954, à Khenchela, Laghrour Abbès réunit des militants. On lut deux tracts, puis il donna la date des attaques. Salem Boubakeur était présent. RAPPORTÉ — ce qui est attendu de toi Fin octobre 1954, à Khenchela, quelques militants résolus se réunirent autour de Laghrour Abbès. Salem Boubakeur, à qui Laghrour confia la lecture des tracts de l'A.L.N. et du F.L.N., témoigne de l'intensité de ce moment : « Nous étions tous très émus », écrit-il. Il rapporte que Laghrour leur annonça, « d'un ton solennel », que le jour « J » était fixé pour la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954. Benabès, raconte-t-il, répétait sans cesse que « le grand jour » était « enfin arrivé ». → Aucun fait ajouté. Trois ajouts seulement : la qualité du témoin, ses mots exacts, et deux mots qui prennent position — « résolus », « l'intensité ».
Dans la version « rapportée », relève les trois façons de faire entendre le témoin. Puis dis où se cache la position du narrateur.Dans la version « rapportée », relève les trois façons de faire entendre le témoin. Puis dis où se cache la position du narrateur.في النسخة الثانية، استخرج الطرق الثلاث التي يُسمَع بها صوت الشاهد، ثمّ بيّن أين يختفي موقف الراوي.
Trois façons de faire entendre le témoin : — le discours direct : « Nous étions tous très émus », écrit-il — ses mots exacts, entre guillemets ; — le discours indirect : « Il rapporte que Laghrour leur annonça… que le jour “J” était fixé… » — la parole résumée, intégrée au récit, transposée à l'imparfait ; — l'indirect avec citation : « répétait sans cesse que “le grand jour” était “enfin arrivé” » — l'indirect, qui garde pourtant quelques mots exacts. Et la position du narrateur ? Il ne dit jamais « je » — mais elle est partout : dans « résolus », dans « l'intensité de ce moment », dans le choix du verbe « témoigne », et dans les citations retenues, toutes du côté de l'émotion et de la solennité. ⟹ Choisir ce qu'on cite, c'est déjà prendre parti.
② Faire voir sa position sans dire « je pense »
Tu pourrais écrire « je pense que… ». Mais l'historien du 8 mai 1945 fait mieux : il ne déclare pas sa position, il la montre. Trois outils, et tu les connais déjà : — la caractérisation : des adjectifs et des adverbes mélioratifs pour ceux que tu approuves (« dignement », « un caractère pacifique »), péjoratifs pour ce que tu condamnes (« impitoyablement », « sauvagement et sans frein ») ; — le verbe introducteur : « avoua » donne à une parole le poids d'une vérité reconnue ; « témoigna », celui d'un vécu ; — le choix des faits et des citations : ce que tu retiens, et ce que tu laisses de côté. ⚠️ Une limite : ta position porte sur l'événement, jamais sur les faits eux-mêmes. Une date, un lieu, un chiffre ne se caractérisent pas — ils se vérifient.
Fais apparaître une prise de position dans cette phrase neutre, sans employer « je » : « Le 8 mai 1945, à Sétif, les policiers tirèrent sur les manifestants. »Fais apparaître une prise de position dans cette phrase neutre, sans employer « je » : « Le 8 mai 1945, à Sétif, les policiers tirèrent sur les manifestants. »أظهر موقفا في هذه الجملة المحايدة دون أن تستعمل ضمير المتكلّم.
« Le 8 mai 1945, à Sétif, les policiers tirèrent sans pitié sur des manifestants pacifiques, venus défiler dignement. » Le fait n'a pas bougé : la date, le lieu, les acteurs, l'action sont les mêmes. Trois ajouts ont suffi — « sans pitié », « pacifiques », « dignement » — et le lecteur sait désormais de quel côté se tient le narrateur. ⭐ Remarque d'où viennent ces trois mots : tous figurent dans « Histoire du 8 mai 1945 ». Pour prendre position, tu n'as pas besoin d'inventer : les mots de tes documents sont déjà chargés.
③ Ce que le correcteur regarde
| Ce qui est vérifié | Comment tu le contrôles toi-même |
|---|---|
| Le témoin est présenté | son nom, sa qualité (participant, victime, témoin visuel), la circonstance de sa parole |
| Sa parole est rapportée | au moins une citation exacte, entre guillemets ; le reste au discours indirect, bien transposé |
| Les verbes introducteurs sont justes | témoigner, raconter, rapporter, affirmer… — chacun convient à la personne |
| Ta position est visible | par la caractérisation et par le choix des faits et des citations |
| Les faits restent exacts | chaque date, chaque lieu, chaque nom se retrouve dans ta source |
Relis ce paragraphe d'élève et dis ce qui ne va pas : « Salem Boubakeur dit : “Laghrour nous dit que demain c'est le jour J.” Il dit aussi que tout le monde était content. Je pense que c'était un moment important. »Relis ce paragraphe d'élève et dis ce qui ne va pas : « Salem Boubakeur dit : “Laghrour nous dit que demain c'est le jour J.” Il dit aussi que tout le monde était content. Je pense que c'était un moment important. »أين الخلل في هذه الفقرة؟ الشاهد موجود، لكنّ شهادته خُرِّبت.
Le témoin est là, mais sa parole a été abîmée. Quatre fautes : — « dit », trois fois : aucun verbe ne dit quelle sorte de parole c'est, et le témoin n'est pas présenté — qui est Salem Boubakeur ? — une citation inventée : Salem Boubakeur n'a jamais écrit « demain c'est le jour J ». Entre guillemets, on met ses mots exacts, ou rien ; — « content » trahit la source, qui dit « très émus » et « les larmes aux yeux » ; — « Je pense que c'était un moment important » déclare une position au lieu de la montrer — alors que le témoignage la montrait déjà : « d'un ton solennel ». La version attendue : « Salem Boubakeur, qui prit part à la réunion de Khenchela, témoigne : “Nous étions tous très émus à la suite de la lecture de ces tracts.” Il rapporte que Laghrour leur annonça, “d'un ton solennel”, que le jour J était fixé pour la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954. » ⟹ Retiens le test : entre guillemets, seulement des mots que le témoin a vraiment dits.
À toi d'écrire
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