اللغة الفرنسية🎓 هدف البكالوريا

Projet 1 — Textes et documents d'histoire Introduire un témoignage

Introduire un témoignage — Production écrite

🔊 المعلّمة تقرأ لك
Un historien raconte le 8 mai 1945 à Sétif. Il ne dit jamais « je », et pourtant tu sais de quel côté il se tient : les manifestants défilent « dignement », la répression frappe « impitoyablement ». Au milieu de son récit, il laisse parler un témoin : « F. Abbas témoigna de Sétif, sa ville ». Dans ton projet, c'est à toi de faire cela. Comment faire entendre, dans un même texte, la voix d'un témoin et ta propre position ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • رواية حدث تاريخيّ مع إدراج شهادة أحد الفاعلين فيه أو أحد شهوده
  • تقديم الشاهد بذكر اسمه وصفته وظروف شهادته
  • المزاوجة بين الخطاب المباشر للكلمات القويّة والخطاب غير المباشر لبقيّة الشهادة
  • إظهار الموقف من الحدث عن طريق الوصف المادح أو القادح، دون الاكتفاء بعبارة « أظنّ »
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • الخطاب المباشر والخطاب غير المباشر
  • أفعال القول المُدرِجة لكلام الغير
  • الوصف المادح والقادح ⁦(mélioratif, péjoratif)⁩

La consigne

التعليمة: انقل شهادة عن حدث تختاره في إطار مشروعك، يعبّر فيها الراوي عن موقفه من الحدث.
En quelques lignes, rapporte un témoignage sur un événement (ou un fait), choisi dans le cadre de ton projet, et dans lequel le narrateur exprime sa prise de position par rapport à l'événement. Le narrateur, ici, c'est toi : tu racontes l'événement, tu fais parler le témoin, et ta position doit se voir.

① Rapporter un témoignage : trois gestes

نقل الشهادة يقوم على ثلاث حركات: رواية الحدث، ثمّ إدراج كلام الشاهد، ثمّ إظهار الموقف.

Rapporter un témoignage, ce n'est ni recopier le témoin, ni parler à sa place. Trois gestes, dans cet ordre : ① Raconter l'événement : les faits, datés et situés, au passé simple. C'est le cadre. ② Introduire le témoin et sa parole : dis qui il est — son nom, sa qualité (participant, victime, témoin visuel) ; cite au discours direct ses mots les plus forts, tels qu'il les a dits ; rapporte le reste au discours indirect ; choisis un verbe introducteur qui lui convient (témoigner, raconter, rapporter, affirmer…). ③ Laisser voir ta position : un historien l'exprime « par la caractérisation (méliorative ou péjorative) des personnages et de l'action » — sans avoir besoin de dire « je ».

Le même événement, avant et après

PLAT — des faits et un nom, mais aucune voix Fin octobre 1954, à Khenchela, Laghrour Abbès réunit des militants. On lut deux tracts, puis il donna la date des attaques. Salem Boubakeur était présent. RAPPORTÉ — ce qui est attendu de toi Fin octobre 1954, à Khenchela, quelques militants résolus se réunirent autour de Laghrour Abbès. Salem Boubakeur, à qui Laghrour confia la lecture des tracts de l'A.L.N. et du F.L.N., témoigne de l'intensité de ce moment : « Nous étions tous très émus », écrit-il. Il rapporte que Laghrour leur annonça, « d'un ton solennel », que le jour « J » était fixé pour la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954. Benabès, raconte-t-il, répétait sans cesse que « le grand jour » était « enfin arrivé ». → Aucun fait ajouté. Trois ajouts seulement : la qualité du témoin, ses mots exacts, et deux mots qui prennent position — « résolus », « l'intensité ».

Dans la version « rapportée », relève les trois façons de faire entendre le témoin. Puis dis où se cache la position du narrateur.
في النسخة الثانية، استخرج الطرق الثلاث التي يُسمَع بها صوت الشاهد، ثمّ بيّن أين يختفي موقف الراوي.

Trois façons de faire entendre le témoin : — le discours direct : « Nous étions tous très émus », écrit-il — ses mots exacts, entre guillemets ; — le discours indirect : « Il rapporte que Laghrour leur annonça… que le jour “J” était fixé… » — la parole résumée, intégrée au récit, transposée à l'imparfait ; — l'indirect avec citation : « répétait sans cesse que “le grand jour” était “enfin arrivé” » — l'indirect, qui garde pourtant quelques mots exacts. Et la position du narrateur ? Il ne dit jamais « je » — mais elle est partout : dans « résolus », dans « l'intensité de ce moment », dans le choix du verbe « témoigne », et dans les citations retenues, toutes du côté de l'émotion et de la solennité. ⟹ Choisir ce qu'on cite, c'est déjà prendre parti.

② Faire voir sa position sans dire « je pense »

يظهر الموقف في اختيار الصفات والظروف وأفعال القول والوقائع، لا في عبارة « أظنّ ».

Tu pourrais écrire « je pense que… ». Mais l'historien du 8 mai 1945 fait mieux : il ne déclare pas sa position, il la montre. Trois outils, et tu les connais déjà : — la caractérisation : des adjectifs et des adverbes mélioratifs pour ceux que tu approuves (« dignement », « un caractère pacifique »), péjoratifs pour ce que tu condamnes (« impitoyablement », « sauvagement et sans frein ») ; — le verbe introducteur : « avoua » donne à une parole le poids d'une vérité reconnue ; « témoigna », celui d'un vécu ; — le choix des faits et des citations : ce que tu retiens, et ce que tu laisses de côté. ⚠️ Une limite : ta position porte sur l'événement, jamais sur les faits eux-mêmes. Une date, un lieu, un chiffre ne se caractérisent pas — ils se vérifient.

Fais apparaître une prise de position dans cette phrase neutre, sans employer « je » : « Le 8 mai 1945, à Sétif, les policiers tirèrent sur les manifestants. »
أظهر موقفا في هذه الجملة المحايدة دون أن تستعمل ضمير المتكلّم.

« Le 8 mai 1945, à Sétif, les policiers tirèrent sans pitié sur des manifestants pacifiques, venus défiler dignement. » Le fait n'a pas bougé : la date, le lieu, les acteurs, l'action sont les mêmes. Trois ajouts ont suffi — « sans pitié », « pacifiques », « dignement » — et le lecteur sait désormais de quel côté se tient le narrateur. ⭐ Remarque d'où viennent ces trois mots : tous figurent dans « Histoire du 8 mai 1945 ». Pour prendre position, tu n'as pas besoin d'inventer : les mots de tes documents sont déjà chargés.

③ Ce que le correcteur regarde

ما ينظر إليه المصحّح: خمسة أشياء، لا أكثر.
Ce qui est vérifiéComment tu le contrôles toi-même
Le témoin est présentéson nom, sa qualité (participant, victime, témoin visuel), la circonstance de sa parole
Sa parole est rapportéeau moins une citation exacte, entre guillemets ; le reste au discours indirect, bien transposé
Les verbes introducteurs sont justestémoigner, raconter, rapporter, affirmer… — chacun convient à la personne
Ta position est visiblepar la caractérisation et par le choix des faits et des citations
Les faits restent exactschaque date, chaque lieu, chaque nom se retrouve dans ta source
Grille de relecture — à passer sur ton brouillon avant de recopier.
Relis ce paragraphe d'élève et dis ce qui ne va pas : « Salem Boubakeur dit : “Laghrour nous dit que demain c'est le jour J.” Il dit aussi que tout le monde était content. Je pense que c'était un moment important. »
أين الخلل في هذه الفقرة؟ الشاهد موجود، لكنّ شهادته خُرِّبت.

Le témoin est là, mais sa parole a été abîmée. Quatre fautes : — « dit », trois fois : aucun verbe ne dit quelle sorte de parole c'est, et le témoin n'est pas présenté — qui est Salem Boubakeur ? — une citation inventée : Salem Boubakeur n'a jamais écrit « demain c'est le jour J ». Entre guillemets, on met ses mots exacts, ou rien ; — « content » trahit la source, qui dit « très émus » et « les larmes aux yeux » ; — « Je pense que c'était un moment important » déclare une position au lieu de la montrer — alors que le témoignage la montrait déjà : « d'un ton solennel ». La version attendue : « Salem Boubakeur, qui prit part à la réunion de Khenchela, témoigne : “Nous étions tous très émus à la suite de la lecture de ces tracts.” Il rapporte que Laghrour leur annonça, “d'un ton solennel”, que le jour J était fixé pour la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954. » ⟹ Retiens le test : entre guillemets, seulement des mots que le témoin a vraiment dits.

À toi d'écrire

التمرين: اختر شهادة في إطار مشروعك، وانقلها في فقرة من عشرة أسطر تقريبا.
Choisis, dans le cadre de ton projet, un témoignage sur un événement : celui d'une personne de ton entourage que tu auras interrogée (note son nom, sa qualité et la date de l'entretien), ou, à défaut, l'un des témoignages de cette séquence. Rapporte-le en une dizaine de lignes. Trois contraintes, et elles se vérifient : ① le témoin est présenté dès sa première apparition — nom et qualité ; ② au moins une citation exacte au discours direct, et au moins une phrase au discours indirect ; ③ ta position se voit à au moins trois mots de caractérisation, sans « je pense » — passe la grille du ③ sur ton brouillon avant de recopier. ⭐ Un conseil de méthode : écris d'abord le récit des faits, puis insère la parole du témoin, puis ajoute tes mots de caractérisation. Trois passages, trois vérifications.
En épreuve, cette production se présente sous des consignes du type « Rapportez un témoignage sur un événement en exprimant votre prise de position » ou « Relatez un événement en y intégrant le témoignage d'un acteur ». Aie trois choses prêtes : ① la présentation du témoin en une ligne — nom, qualité, circonstance ; ② le dosage des deux discours — une ou deux citations exactes pour les mots forts, l'indirect pour le reste, avec ses transpositions ; ③ trois ou quatre mots de caractérisation, mélioratifs ou péjoratifs selon ta position, choisis d'avance. ⚠️ L'erreur à ne jamais commettre : prêter au témoin des paroles qu'il n'a pas dites. Entre guillemets, il n'y a que ses mots exacts ; tout le reste passe au discours indirect.
Ce que je retiens — Rapporter un témoignage, c'est tenir trois voix dans un même texte sans les confondre. La mienne raconte l'événement : des faits datés et situés. Celle du témoin se fait entendre après que je l'ai présenté — son nom, sa qualité — par ses mots exacts au discours direct et par le reste au discours indirect, avec un verbe introducteur qui lui convient. Et ma position, je ne la déclare pas : je la montre, par la caractérisation et par le choix de ce que je cite. Rien d'inventé entre les guillemets, rien de faux dans les faits, une position visible : c'est à cela que se reconnaît un témoignage bien rapporté.

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