Langue française

Projet 2 — ÉLABORER UN DÉPLIANT EN FAVEUR DU « VIVRE ENSEMBLE EN PAIX » Outils de la langue

Le discours direct et le discours indirect

🔊 La maîtresse lit pour toi
Tu as assisté à une conférence et tu veux la raconter dans le dépliant. Première façon : « L'intervenant a affirmé : « Ce phénomène est inacceptable. » » Deuxième façon : « L'intervenant a affirmé que ce phénomène était inacceptable. » Les deux sont justes, et pourtant compare-les de près : dans la seconde, les guillemets ont disparu, un « que » est apparu, et le verbe a changé de temps — est est devenu était. Pourquoi une phrase rapportée se déforme-t-elle ainsi, et qu'est-ce qui, exactement, change en chemin ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التمييز بين الكلام المباشر (⁦le discours direct⁩) والكلام غير المباشر (⁦le discours indirect⁩) في نصّ
  • تعليل جوابك بعلامات الترقيم وبوجود الرابطة ⁦que⁩
  • تحويل قولٍ من الصيغة إلى الأخرى، مع تغيير الضمائر وأزمنة الأفعال
  • نقل أقوال متحاورين في نصٍّ صحفيّ قصير
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • أفعال القول وعلامات الحوار : الشرطة، والنقطتان، والمزدوجتان
  • الجملة المكمّلة المبتدئة بـ⁦que⁩، وأنّها تكون مفعولا به لفعل الجملة الأصليّة
  • أزمنة الإخبار : الحاضر، والماضي الناقص، والمستقبل البسيط

J'observe et j'analyse

اقرأ النصّ. فقرتان تنقلان كلام الوزير بطريقتين مختلفتين : ابحث عن الفرق بينهما.
Violence dans les stades algériens

Suite aux actes de vandalisme survenus lors du match opposant le MC Oran à l'USM Bel-Abbès, dans le cadre de la 20e journée de la Ligue professionnelle de football Mobilis, le ministre de la Jeunesse et des Sports a affirmé : « Le phénomène de la violence dans nos stades est inacceptable et étranger à la société algérienne. Il est important que nous luttions tous ensemble pour éliminer ce fléau. » […] S'adressant aux clubs algériens, le ministre a déclaré qu'il pensait que les dirigeants des clubs devaient expliquer aux supporters que la perte d'un seul match n'était pas un drame et qu'il fallait agir pour prôner le fair play. — Algérie Presse Service (APS), 18 février 2008

1. Dans le 1er paragraphe, le journaliste rapporte-t-il fidèlement les paroles du ministre ? Justifie ta réponse.
في الفقرة الأولى، هل نقل الصحفيّ كلام الوزير نقلا أمينا ؟ علّل جوابك.

Oui, fidèlement — et la justification n'est pas dans le sens des mots, elle est dans la ponctuation : — deux points après le verbe « a affirmé » ; — guillemets ouvrants et fermants autour des paroles. ⟹ Ces deux signes sont un engagement du journaliste : ils annoncent que ce qui suit a été prononcé exactement ainsi. Si un seul mot avait été changé, il n'aurait pas eu le droit de mettre les guillemets.

2. Quel est le verbe qui introduit les paroles du ministre ?
ما الفعل الذي أدخل كلام الوزير ؟

C'est « a affirmé ». Tu reconnais un verbe de parole, et un verbe qui n'est pas neutre : « affirmer » n'est pas « dire ». Il indique que le ministre a pris position avec certitude — exactement le degré que tu as étudié dans la leçon précédente. ⭐ Dans le second paragraphe, le journaliste emploie un autre verbe introducteur : « a déclaré ».

3. Est-ce le même cas dans le 2e paragraphe ? Dis pourquoi.
هل الأمر نفسه في الفقرة الثانية ؟ قل لماذا.
1er paragraphe2e paragraphe
deux points et guillemetsouinon, aucun signe
mot qui introduit les parolesaucun, les paroles suivent directementla conjonction que, quatre fois
temps des verbes rapportésprésent : est, luttionsimparfait : pensait, devaient, était, fallait
naturediscours directdiscours indirect

Non, ce n'est pas le même cas. Dans le second paragraphe, le journaliste ne cite plus : il résume. Les paroles y sont devenues des propositions subordonnées introduites par « que », dépendantes du verbe « a déclaré ». ⚠️ Et compte les « que » : il y en a quatre, dont trois emboîtés les uns dans les autres — « a déclaré qu'il pensait que les dirigeants des clubs devaient expliquer aux supporters que la perte d'un seul match n'était pas un drame et qu'il fallait agir ». C'est la marque de fabrique du discours indirect, et c'est aussi sa faiblesse : à la troisième subordonnée, on ne sait plus très bien qui parle.

Je retiens. Les verbes introducteurs du discours sont : dire, déclarer, répondre, annoncer, affirmer, demander… Selon la façon dont on les emploie, on obtient l'un ou l'autre des deux discours.
Les deux façons de rapporter des paroles
Ce que fait le narrateurExemple
Le discours directil rapporte fidèlement les paroles de quelqu'un, sans les modifier. Il est reconnaissable à la ponctuation : les deux points et les guillemets.Le ministre déclare : « Le phénomène de la violence dans nos stades est inacceptable. »
Le discours indirectil rapporte les paroles de quelqu'un dans une proposition subordonnée introduite par « que ».S'adressant aux clubs algériens, le ministre déclare que la violence dans nos stades est inacceptable.
Les deux lignes disent la même chose du même homme. Ce qui les sépare n'est pas le contenu, c'est la promesse : le direct promet les mots exacts, l'indirect ne promet que le sens.
Éclairage. Lorsque l'on passe du discours direct au discours indirect, les pronoms personnels et possessifs, ainsi que le temps des verbes, peuvent changer. ⟹ Et le texte que tu viens de lire le montre : — les pronoms : rapportée au discours indirect, la phrase « Il est important que nous luttions tous ensemble » deviendrait : le ministre a déclaré qu'il était important que les Algériens luttent tous ensemble. Le « nous » de celui qui parle n'est plus le « nous » de celui qui rapporte ; — les temps : au discours direct, le ministre aurait dit « la perte d'un seul match n'est pas un drame » ; le journaliste écrit « la perte d'un seul match n'était pas un drame ». Le présent est devenu imparfait. ⚠️ Pourquoi ce recul ? Parce que le verbe introducteur est lui-même au passé — « a déclaré ». Si l'on écrit « le ministre déclare que la violence est inacceptable », au présent, rien ne bouge. ⭐ Retiens donc la vraie règle : c'est le temps du verbe introducteur qui commande.
عند التحويل إلى الكلام غير المباشر تتغيّر الضمائر والملكيّات، وقد تتغيّر أزمنة الأفعال أيضا.

Je vérifie

تحقّق من فهمك قبل التمارين. أجب بـ«صحيح» أو «خطأ»، ثمّ افتح الجواب.
Vrai ou faux ?

a. Dans le discours direct, les paroles sont rapportées fidèlement. b. Dans le discours indirect, les paroles sont encadrées par des guillemets. c. Les paroles rapportées sont précédées par un verbe introducteur.

Les trois réponses, et pourquoi
RéponsePourquoi
aVraiC'est la définition même, et les guillemets en sont la garantie : ce qui est entre eux a été prononcé mot pour mot.
bFauxLe discours indirect ne porte aucune marque du dialogue. Les paroles y deviennent une subordonnée : « le ministre déclare que la violence est inacceptable ».
cVraiC'est la règle, et elle est absolue au discours indirect : sans verbe introducteur, la subordonnée n'aurait rien à quoi se rattacher. ⚠️ Le discours direct, lui, peut s'en passer quand les tirets suffisent — comme dans le dialogue du texte « Le racisme », qui n'en contient pas un seul.

Je m'entraîne

أنجز التمارين على كرّاسك أوّلا، ثمّ افتح التصحيح وقارن.
Exercice 1 — Je classe ces phrases : discours direct ou discours indirect ?

a. Notre professeur nous a dit que la discussion était préférable à l'affrontement. b. « Crois-tu qu'il changera d'avis en permettant à sa fille de poursuivre ses études ? » me questionna notre voisin. c. Martin Luther King a commencé son discours par : « J'ai fait un rêve. » d. Mon camarade de classe a déclaré que les filles n'étaient pas assez autoritaires pour devenir responsables de classe. e. Mandela a déclaré aux journalistes que les racistes croyaient à l'infériorité des gens de couleur.

Corrigé de l'exercice 1
Discours directDiscours indirect
b — guillemets, point d'interrogation, et inversion du sujet dans « me questionna notre voisin »a — « nous a dit que », et le verbe passé à l'imparfait : était
c — deux points puis guillemets, et une majuscule au premier mot des parolesd — « a déclaré que », verbe à l'imparfait : n'étaient pas
e — « a déclaré que », verbe à l'imparfait : croyaient

Le classement se fait à l'œil, sans lire le sens : cherche les guillemets. S'il y en a, c'est du direct ; s'il y a un « que » à la place, c'est de l'indirect. ⭐ Et vérifie l'indice qui confirme, sur a, d et e : les trois verbes introducteurs sont au passé (a dit, a déclaré), et les trois verbes rapportés sont à l'imparfait. Ce n'est pas une coïncidence, c'est la règle de l'Éclairage. ⚠️ Attention au piège de b : la phrase contient un « qu' » — « Crois-tu qu'il changera d'avis ? ». Mais ce « que » est à l'intérieur des paroles citées : il ne sert pas à les rapporter.

Exercice 2 — Je transforme du discours indirect au discours direct

a. Les professeurs nous apprennent que la tolérance est importante. b. De nombreuses associations déclarent que le combat mené par les femmes est important. c. Mes parents me disent toujours qu'il faut aider son prochain. d. Un journaliste affirme que certains peuples sont encore colonisés. e. Un responsable du Croissant-Rouge réaffirme que les enfants ont des droits.

Corrigé de l'exercice 2
  1. Les professeurs nous apprennent : « La tolérance est importante. »
  2. « Le combat mené par les femmes est important », déclarent de nombreuses associations.
  3. Mes parents me disent toujours : « Il faut aider son prochain. »
  4. Un journaliste affirme : « Certains peuples sont encore colonisés. »
  5. « Les enfants ont des droits », réaffirme un responsable du Croissant-Rouge.

Trois gestes, dans cet ordre, et la transformation est faite : ① je supprime le « que » ; ② je pose les deux points et les guillemets — ou, si je place le verbe après, des guillemets puis une virgule et l'inversion du sujet ; ③ je mets une majuscule au premier mot des paroles. ⭐ Ici, les temps n'ont pas bougé — « est » reste « est », « ont » reste « ont ». Pourquoi ? Parce que tous les verbes introducteurs sont au présent : apprennent, déclarent, disent, affirme, réaffirme. Compare avec l'exercice précédent, où ils étaient au passé et où les verbes rapportés étaient à l'imparfait.

Exercice 3 — Je complète les phrases

a. Le ministre déclare que… b. Cette femme dit : … c. Gandhi déclare que… d. L'arbitre agressé dit : … e. Un réfugié de guerre affirme que…

Corrigé de l'exercice 3
Une suite possibleCe qu'il fallait respecter
a…que les clubs seront tenus responsables des débordements de leurs supporters.indirect : pas de guillemets, pas de majuscule après « que »
b« Personne ne m'a demandé mon avis. »direct : deux points déjà donnés, donc guillemets et majuscule
c…que la non-violence est la plus puissante des armes.indirect : la subordonnée suit directement le « que »
d« Je n'ai fait qu'appliquer le règlement. »direct : guillemets et majuscule, point final avant le guillemet fermant
e…qu'il n'a rien emporté d'autre que le nom de son village.indirect : « que » devient « qu' » devant une voyelle

Le début de chaque phrase t'imposait tout : « … que » ⟹ discours indirect, « … : » ⟹ discours direct. Il n'y avait rien à choisir, seulement à suivre. ⚠️ Et note ce qui distingue a et c de b et d dans ta copie : après « que », jamais de majuscule ; après les deux points et le guillemet ouvrant, toujours une majuscule.

Mon avis en quelques lignes — je rapporte les propos d'un débat télévisé
انقل في نصّ قصير أقوال المتحاورين موظّفا الكلام المباشر. ثمّ افتح النموذج وقارن — لا تنسخه.

Durant un débat télévisé, différents responsables de clubs ont reconnu que le football est devenu une source de conflit et de violence. Rapporte dans un court texte les propos des uns et des autres. Utilise le discours direct. ⭐ Puisque tu cites, varie tes verbes introducteurs : reconnaître, affirmer, protester, admettre, proposer… Écris ton texte sur ton cahier avant d'ouvrir le modèle.

Un exemple de production possible

Le premier invité a ouvert le débat sans détour : « Nous avons trop longtemps regardé ailleurs. » « Le stade n'a pas inventé la violence, a protesté un second responsable, il la reçoit. » Un troisième a reconnu : « Il est vrai que nous, dirigeants, nous chauffons parfois les tribunes avant même le coup d'envoi. » « Alors commençons par nous taire la veille des matchs », a proposé le premier. Et tous ont admis la même chose, chacun avec ses mots : « La perte d'un seul match n'est pas un drame. »

Passe le modèle en revue signe par signe, comme le fera ton correcteur : — cinq prises de parole, toutes entre guillemets : c'est bien du discours direct ; — le verbe introducteur change de place trois fois — avant (avec deux points), au milieu (« a protesté un second responsable », entre virgules), après (« a proposé le premier ») ; — l'inversion du sujet partout où le verbe n'est pas en tête ; — cinq verbes différents — a ouvert, a protesté, a reconnu, a proposé, ont admis — et pas un seul « a dit ». ⭐ Et remarque la dernière phrase : elle reprend mot pour mot une parole du texte de départ. C'est permis, et même recommandé — à condition de la mettre entre guillemets.

Au BEM, les deux discours tombent presque chaque année, en compréhension comme en maîtrise de la langue, sous trois formes : ① « le passage souligné est-il au discours direct ou indirect ? Justifie ta réponse », ② « transforme au discours indirect », ③ « qui parle dans ce passage ? ». Aie ces trois choses prêtes : la justification se donne par la ponctuation — deux points et guillemets pour le direct, « que » pour l'indirect ; le temps du verbe introducteur commande — s'il est au passé, le verbe rapporté recule d'un temps (présent ⟹ imparfait, futur ⟹ conditionnel) ; et les pronoms changent de personne — le « nous » de celui qui parle devient « ils » sous la plume de celui qui rapporte. ⛔ L'erreur la plus fréquente : transformer au discours indirect en gardant les guillemets, ou en oubliant de changer « je » en « il ». Relis-toi en te demandant chaque fois : qui parle maintenant ?
Rapporter des paroles se fait de deux façons. Au discours direct, le narrateur les reproduit fidèlement, sans les modifier : on le reconnaît à sa ponctuation — les deux points et les guillemets, ou le tiret dans un dialogue. Au discours indirect, il les rapporte dans une proposition subordonnée introduite par « que », et toute la ponctuation du dialogue disparaît. Le passage de l'un à l'autre n'est jamais une simple réécriture : les pronoms personnels et possessifs changent de personne, et le temps des verbes recule dès que le verbe introducteur est au passé — « la perte d'un match n'est pas un drame » devient « la perte d'un match n'était pas un drame ». Dans les deux cas, un verbe introducteur commande la phrase : dire, déclarer, répondre, annoncer, affirmer, demander — et plus tu le choisis avec soin, plus ton lecteur entend celui que tu cites.

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