French Language

Projet 1 — CRÉER UN BLOG TOURISTIQUE — « Algérie : Un pays à découvrir » Outils de la langue

Particularités orthographiques des verbes à l'imparfait

🔊 The teacher reads for you
Tu connais maintenant les six terminaisons de l'imparfait, et tu les crois suffisantes. Alors tu écris pour ton blog : « Nous commencions la visite par le musée, puis nous rangions nos affaires et nous criions de joie. » Trois verbes, trois fautes possibles — et à l'oreille, rien ne t'avertit : « commencions » ne se prononce pas autrement avec ou sans cédille, et le deuxième i de « criions » ne s'entend pas du tout. Pourtant, aucun des trois ne prend ici de cédille, et un seul s'écrit avec deux i. Qu'est-ce qui décide, dans le radical d'un verbe, d'ajouter une cédille, un e ou un second i ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • استخراج جذر الفعل من صيغة ⁦nous⁩ في المضارع، وتصريفه في الماضي الناقص
  • كتابة أفعال ⁦-cer⁩ و⁦-ger⁩ و⁦-ier⁩ كتابةً صحيحة في الماضي الناقص : ⁦je lançais · je rangeais · nous criions⁩
  • معرفة متى تسقط الفارقة (⁦la cédille⁩) ومتى يسقط حرف ⁦e⁩ : أمام ⁦i⁩ لا يبقى أيّ منهما
  • كتابة نصّ وصفيّ في الماضي الناقص دون خطأ إملائيّ في الجذر
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • لواحق الماضي الناقص الستّ : ⁦-ais · -ais · -ait · -ions · -iez · -aient⁩
  • استخراج جذر الفعل من صيغة ⁦nous⁩ في المضارع (درس الماضي الناقص السابق)
  • أنّ الحرفين ⁦c⁩ و⁦g⁩ ينطقان نطقا ليّنا أمام ⁦e⁩ و⁦i⁩، وقاسيا أمام ⁦a⁩ و⁦o⁩ و⁦u⁩

J'observe et j'analyse

اقرأ النصّ. استخرج الأفعال المصرَّفة في الماضي الناقص — هي أربعة — ثمّ انظر في جذر كلٍّ منها : هل يشبه المصدر ؟
Les gorges du Rhummel

Les gorges du Rhummel passent pour être un lieu sans pareil au monde. Les anciens racontent que pour y accéder, ils devaient passer par une succession d'escaliers, de sentiers en corniche et de passerelles agrippés témérairement au roc. De la verdure recouvrait les flancs du ravin et les roches que les eaux pouvaient charrier dans leur course effrénée semblaient être là depuis des siècles. — D'après Charles Ravussin, « Constantine », extrait d'une conférence radiophonique (1969)

1. Quelle est la thèse de l'auteur ?
ما الأطروحة التي يدافع عنها الكاتب ؟
ThèmeThèse
les gorges du Rhummelles gorges du Rhummel sont un lieu sans pareil au monde

Elle tient dans la première phrase, comme toujours dans un texte argumentatif. Tout ce qui suit — les escaliers, les passerelles, la verdure, les roches — ne fait que la prouver : c'est encore une description au service de l'argumentation.

2. Relève dans le texte les verbes conjugués à l'imparfait.
استخرج من النصّ الأفعال المصرَّفة في الماضي الناقص.
devaientrecouvraitpouvaientsemblaient

⚠️ Deux verbes du début n'étaient pas à relever : « passent » et « racontent » sont au présent. Le texte s'ouvre au présent — parce que la thèse, elle, vaut encore aujourd'hui — puis bascule à l'imparfait dès qu'il décrit le passé.

3. Observe le radical de chacun de ces verbes. Que remarques-tu ?
تأمّل جذر كلّ فعل من هذه الأفعال. ماذا تلاحظ ؟
Verbe du texteSon infinitif« nous » au présentLe radical
devaientdevoirnous devonsdev-
recouvraitrecouvrirnous recouvronsrecouvr-
pouvaientpouvoirnous pouvonspouv-
semblaientsemblernous semblonssembl-

Voilà ce qu'il fallait remarquer : le radical ne ressemble pas toujours à l'infinitif. « devoir » donne dev- et non « devoi- » ; « pouvoir » donne pouv-. Impossible de le deviner en regardant l'infinitif. ⟹ Mais il se trouve toujours au même endroit : dans le verbe conjugué avec nous au présent, dont on retire le « -ons ». C'est la seule adresse à retenir, et elle ne trompe jamais.

Je retiens. Les verbes irréguliers sont des verbes qui n'appartiennent ni au 1er, ni au 2e groupe. Leurs terminaisons et leurs radicaux varient selon les verbes — au présent, au futur, au passé simple. Mais pour les conjuguer à l'imparfait de l'indicatif, comme pour tous les verbes réguliers, il suffit de prendre le radical de la 1ere personne du pluriel du présent de l'indicatif et d'ajouter les terminaisons -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. ⟹ Vérifie-le sur les verbes qu'on dit les plus difficiles : nous allons ⟹ j'allais · nous faisons ⟹ je faisais · nous disons ⟹ je disais · nous prenons ⟹ je prenais · nous pouvons ⟹ je pouvais · nous voulons ⟹ je voulais · nous partons ⟹ je partais · nous venons ⟹ je venais · nous voyons ⟹ je voyais · nous avons ⟹ j'avais. ⛔ Un seul verbe de toute la langue échappe au procédé : « être ». On dit « nous sommes », et pourtant on écrit j'étais, tu étais, il était, nous étions, vous étiez, ils étaient. Celui-là s'apprend par cœur, et il est le seul.
Verbes particuliers à l'imparfait de l'indicatif
InfinitifRadicalTerminaison
lancerlanç- ; lanc-je lançais ; nous lancions
rangerrange- ; rang-je rangeais ; nous rangions
criercri-je criais ; nous criions
Deux radicaux pour un seul verbe, dans les deux premières lignes : ce n'est pas un caprice, c'est la prononciation qui l'impose. Regarde bien la lettre qui suit le radical — tout se joue là.
Éclairage. Les trois particularités s'expliquent toutes par la lettre qui vient après le radical — et il n'y en a que deux possibles : un a (aux terminaisons -ais, -ait, -aient) ou un i (aux terminaisons -ions, -iez). — Verbes en -cer : le c doit rester doux. Devant le a, il lui faut une cédille ⟹ je lançais, il lançait, ils lançaient. Devant le i, il est déjà doux ⟹ pas de cédille : nous lancions, vous lanciez. — Verbes en -ger : même problème, autre solution. Le g garde son e devant le a ⟹ je rangeais, il rangeait. Devant le i, l'e disparaît ⟹ nous rangions, vous rangiez. — Verbes en -ier, -yer, et verbes dont le radical finit déjà par i : le radical apporte son i, la terminaison apporte le sien, et les deux s'écrivent ⟹ nous criions, vous criiez ; nous étudiions ; nous voyions. ⚠️ Ce troisième cas ne s'entend pas à l'oral. C'est pour cela qu'il se corrige à l'écrit, en se demandant chaque fois : quel est mon radical, et quelle est ma terminaison ? Si le radical finit par i et que la terminaison commence par i, on en écrit deux.
القاعدة كلّها في الحرف الذي يلي الجذر : أمام ⁦a⁩ نحتاج إلى ⁦ç⁩ أو ⁦e⁩ لإبقاء النطق ليّنا ؛ وأمام ⁦i⁩ لا نحتاج إلى شيء، فيسقطان.

Je vérifie

تحقّق من فهمك قبل التمارين. أجب بـ«صحيح» أو «خطأ»، ثمّ افتح الجواب.
Vrai ou faux ?

a. À l'imparfait, le radical d'un verbe se prend sur la 1ere personne du pluriel du présent de l'indicatif. b. Les verbes en -cer gardent la cédille à toutes les personnes de l'imparfait. c. « Nous criions » s'écrit avec deux i.

Les trois réponses, et pourquoi
RéponsePourquoi
aVraiEt c'est vrai même des verbes réputés irréguliers : nous devons ⟹ je devais, nous voyons ⟹ je voyais. Le seul verbe qui refuse est être.
bFauxElle disparaît devant le i : on écrit « je lançais » mais « nous lancions », « vous lanciez ». La cédille ne sert qu'à adoucir le c devant le a.
cVraiLe radical est cri-, la terminaison est -ions : cri + ions ⟹ criions. On n'en entend qu'un, on en écrit deux.

Je m'entraîne

أنجز التمارين على كرّاسك أوّلا، ثمّ افتح التصحيح وقارن.
Exercice 1 — Je repère le radical des verbes particuliers conjugués à l'imparfait

a. Ce que j'aimais chez vous, c'est que vous réussissiez chaque fois à nous épater avec vos destinations touristiques. b. Nous commencions toujours notre visite par la découverte d'un musée. c. Pour nous divertir, nous criions avec le vendeur d'eau qui nous lançait un regard amusé. d. Depuis le balcon de l'hôtel, je voyais la magnifique palmeraie. e. Avant chaque départ en voyage, ma mère rangeait nos affaires dans nos sacs à dos.

Corrigé de l'exercice 1
VerbeRadicalTerminaisonCe qui s'y joue
aréussissiezréussiss--iezradical du 2e groupe, pris sur « nous réussissons » — deux s, et un seul i
bcommencionscommenc--ionsdevant le i, pas de cédille — c'est le piège de l'exercice
ccriionscri--ionsle radical finit par i, la terminaison commence par i ⟹ deux i
clançaitlanç--aitdevant le a, la cédille est obligatoire
dvoyaisvoy--aisradical pris sur « nous voyons » — un y, pas un i
erangeaitrange--aitdevant le a, le e reste pour que le g demeure doux

Mets les phrases b et c côte à côte : « nous commencions » sans cédille, « il lançait » avec cédille. Deux verbes en -cer, deux orthographes, et une seule chose qui a changé : la lettre d'après. ⟹ Le réflexe est là, et il est unique : regarde la lettre qui suit ton radical avant d'écrire.

Exercice 2 — Je construis des phrases en reliant la colonne A à la colonne B

Colonne A : Les touristes · Vous · Je · L'agence de voyage · Elle Colonne B : 1. allait rembourser nos frais de réservation. 2. chargeaient leurs affaires dans la soute du bus. 3. voyait le tourisme comme un moyen de découvrir d'autres langues. 4. changeais de destination de voyage chaque année. 5. pliiez le plan de la ville après l'avoir consulté.

Corrigé de l'exercice 2
SujetLa suite qui lui revientCe qui l'imposait
Les touristeschargeaient leurs affaires dans la soute du bus.seul pluriel disponible en -aient — et charge- garde son e devant le a
Vouspliiez le plan de la ville après l'avoir consulté.seule forme en -iez — radical pli- plus terminaison -iez ⟹ deux i
Jechangeais de destination de voyage chaque année.seule forme en -ais — et change- garde son e devant le a
L'agence de voyageallait rembourser nos frais de réservation.une agence rembourse ; le verbe est au singulier
Ellevoyait le tourisme comme un moyen de découvrir d'autres langues.une personne voit le tourisme ainsi ; radical voy-

Trois des cinq accords se décidaient à l'œil seul, rien qu'en lisant la terminaison : -aient appelle un pluriel, -iez appelle « vous », -ais appelle « je » ou « tu ». Les deux dernières lignes, elles, portaient la même terminaison -ait : là, ce n'est plus la grammaire qui tranche, c'est le sens. Une agence rembourse ; une personne se fait une opinion.

Exercice 3 — Je mets à l'imparfait les verbes entre parenthèses

a. Durant mes voyages, je (prendre) des photos partout où je (aller). b. Si tu (vouloir), tu pourrais organiser un voyage à tes parents. c. Elle (mettre) son chapeau car les rayons du soleil d'Égypte (être) brûlants. d. Ils (prendre) leur congé en été. e. Il (devoir) réserver son billet d'avion qu'il (recevoir) par mail.

Corrigé de l'exercice 3
La phrase complétéeLe radical, et où je l'ai pris
aDurant mes voyages, je prenais des photos partout où j'allais.nous prenons ⟹ pren- · nous allons ⟹ all-
bSi tu voulais, tu pourrais organiser un voyage à tes parents.nous voulons ⟹ voul-
cElle mettait son chapeau car les rayons du soleil d'Égypte étaient brûlants.nous mettons ⟹ mett- · être est l'exception à apprendre par cœur
dIls prenaient leur congé en été.nous prenons ⟹ pren- · sujet pluriel ⟹ -aient
eIl devait réserver son billet d'avion qu'il recevait par mail.nous devons ⟹ dev- · nous recevons ⟹ recev-

Huit verbes, et sept d'entre eux se sont écrits sans rien apprendre : il a suffi de les conjuguer d'abord avec « nous » au présent, à voix basse, puis de couper le « -ons ». Le huitième, en c, est « être » — le seul de la langue qu'il faut savoir sans le déduire. ⚠️ Et remarque b : après « si », on n'écrit jamais un conditionnel. C'est l'imparfait qui pose la condition, et le conditionnel qui suit dans l'autre moitié de la phrase — « si tu voulais, tu pourrais ».

Dictée — je lis le texte, puis je l'écris sans le regarder
اقرأ النصّ، ثمّ اكتبه دون أن تنظر إليه، ثمّ قارن. راقب خاصّةً جذور الأفعال.

Lis le texte à voix haute une première fois. Écoute-le, puis écris-le sans le regarder. Reviens ensuite le comparer mot à mot avec le tien.

Le texte de la dictée

C'était un beau jour de juin avec grand soleil mais sur ces terres sans abri et hautes dans le ciel, le vent soufflait avec une brutalité insupportable. Ses grondements qui se faisaient entendre dans les carcasses des maisons semblaient être ceux d'un fauve dérangé dans son repas. — D'après Jean Giono, « L'homme qui plantait des arbres », Éditions Gallimard (1996)

Quatre verbes à l'imparfait, et quatre radicaux à vérifier : C'était (le verbe être, l'exception) · le vent soufflait (nous soufflons ⟹ souffl-) · qui se faisaient entendre (nous faisons ⟹ fais-, et non « fes- ») · semblaient (nous semblons ⟹ sembl-). ⚠️ Le piège de cette dictée est « faisaient » : on l'entend « fe- » et on l'écrit fai-. Le radical vient de « nous faisons », qui s'entend pourtant lui aussi « fe- ». Là encore, c'est le radical qui commande, pas l'oreille.

Au BEM, ces particularités ne font jamais l'objet d'une question à elles seules : elles se paient dans la note d'orthographe, à chaque fois que tu écris un verbe à l'imparfait, dans la dictée comme dans la production écrite. Trois réflexes à avoir prêts : le radical se prend sur « nous » au présent (nous faisons ⟹ je faisais) ; devant un a, il faut une cédille ou un e (je lançais, je rangeais) ; devant un i, ni l'un ni l'autre (nous lancions, nous rangions). ⛔ L'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle ne s'entend pas : le double i de « nous criions », « nous étudiions », « nous oubliions », « vous pliiez ». Chaque fois que ton radical finit par i ou par y et que la terminaison commence par i, écris-les tous les deux.
À l'imparfait, tout se joue dans le radical — les terminaisons, elles, ne changent jamais. Ce radical se lit toujours dans le verbe conjugué avec « nous » au présent, moins le « -ons » : nous devons ⟹ devais, nous voyons ⟹ voyais, nous faisons ⟹ faisais. Un seul verbe échappe à la règle, être. Restent trois familles à surveiller, et une seule question à se poser à chaque fois — quelle lettre vient après mon radical ? Devant un a, le c prend une cédille et le g garde son e (je lançais, je rangeais) ; devant un i, tous deux disparaissent (nous lancions, nous rangions), et si le radical finit lui-même par i, on écrit les deux i (nous criions).

Page 1/3

© Madrassati — a lesson written by Madrassati · madrassati.net