Projet 2 — Le débat d'idées › S'inscrire et prendre position dans un débat
Convaincre ou persuader — Compréhension de l'écrit
- التعرّف على نصّ حجاجيّ يعرض موقفين متعارضين من قضيّة واحدة
- استخراج حجج كلّ موقف وتلخيصه في جملة واحدة
- تحديد الرابط الذي ينقل من موقف إلى آخر، واستخراج المسار الحجاجيّ للنصّ
- التمييز بين الحجج التي تخاطب العقل والحجج التي تخاطب العاطفة
- إتمام مسار حجاجيّ بخلاصة مناسبة
- الأطروحة والحجّة والمثال
- روابط التعارض: mais, pourtant, cependant
- أنواع الجمل: الخبرية والاستفهامية والتعجبية
Le médecin doit-il dire ou ne pas dire la vérité ? Doit-il ou non révéler au malade le nom de sa maladie ? Vieux débat sans cesse repris. Quels sont les nombreux arguments avancés contre la vérité ? Le cancer est porteur de mort et le malade atteint de cancer porte la mort en soi. A-t-on le droit de le désespérer ? L'homme est le seul être vivant qui sache qu'il doit mourir. Pourquoi le faire savoir à une seule catégorie d'êtres humains privilégiés, si l'on peut dire, de ce seul point de vue : les cancéreux ? Pourquoi donner à leur vie la compagnie quotidienne de la mort ? La peine capitale n'est pas la mort ; c'est de l'attendre à tout moment sans savoir exactement quand elle doit venir. Si un malade cancéreux guérit, à quoi sert-il de lui dire ce qu'il avait puisque, de toute façon, il va continuer à vivre avec la hantise de la rechute ? On lui impose une angoisse, un désespoir parfaitement inutiles. Pourtant, c'est sa maladie, c'est son affaire à lui. Le simple respect de l'homme exige qu'on lui dise ce qu'il en est. Pourquoi serait-il le seul à n'avoir pas le droit de savoir ce qui le touche si profondément : que la maladie va, au minimum, ralentir sa vie et, au maximum, l'interrompre ? Ce qui est terrible quand on ment au malade, ce n'est pas de lui dissimuler la vérité, c'est de lui cacher ce que les autres savent. Une telle situation crée des relations entièrement faussées où se mêlent la pitié et l'hypocrisie. Il faut réussir à faire comprendre au malade ce qu'il peut ou veut comprendre. S'il souhaite se dissimuler à lui-même la vérité, alors qu'il le fasse ; qu'il soit lui, le responsable du mensonge, et non le médecin. Les rapports médecin-malade gagnent énormément lorsque la vérité est connue. Le malade comprend mieux les exigences du traitement suivi, il accepte beaucoup plus aisément d'en supporter les effets secondaires. Il participe à son propre traitement, le suit avec beaucoup plus de soin et finit parfois par mieux connaître sa maladie que le médecin lui-même. D'après P. Viansson-Ponté et L. Schwartzenberg, Changer la mort, Albin Michel, Paris, 1977.
Observation
Observe le titre. À quel type de phrases appartient-il ? À partir de ce titre, peux-tu anticiper sur le contenu du texte ?Observe le titre. À quel type de phrases appartient-il ? À partir de ce titre, peux-tu anticiper sur le contenu du texte ?لاحظ العنوان: إلى أيّ نوع من الجمل ينتمي؟ وهل تستطيع انطلاقا منه أن تتوقّع مضمون النصّ؟
| Élément | Ce qu'il dit | Ce qu'on en déduit |
|---|---|---|
| Titre | « Faut-il dire la vérité au malade ? » | une phrase interrogative : une question posée, pas une thèse |
| La question elle-même | on peut y répondre par oui ou par non | deux réponses possibles, donc deux camps |
| Ouvrage | Changer la mort | le texte touche à la maladie et à la mort |
| « D'après » | placé devant les noms des auteurs | le texte est adapté, non reproduit mot pour mot |
On peut donc anticiper, avant même d'avoir lu, un texte qui présentera un débat : les arguments de ceux qui disent non, et ceux de ceux qui disent oui. Reste à savoir si l'auteur choisira.
Lecture analytique
De quels malades précis ce texte parle-t-il ?De quels malades précis ce texte parle-t-il ?عن أيّ مرضى يتحدّث هذا النصّ تحديدا؟
Des malades atteints de cancer : « Le cancer est porteur de mort et le malade atteint de cancer porte la mort en soi », « les cancéreux », « un malade cancéreux ». Le débat n'est donc pas général : il porte sur une maladie qui fait peur, parce qu'elle est associée à la mort. C'est ce qui rend la question si difficile.
Étudie les deux premières phrases du texte : combien de réponses peux-tu donner aux questions posées ?Étudie les deux premières phrases du texte : combien de réponses peux-tu donner aux questions posées ?ادرس الجملتين الأوليين: كم جوابا يمكن تقديمه عن السؤالين المطروحين؟
Deux : dire, ou ne pas dire. Les questions contiennent déjà leurs deux réponses : « Le médecin doit-il dire ou ne pas dire la vérité ? Doit-il ou non révéler au malade le nom de sa maladie ? ». ⟹ Dès les deux premières phrases, le lecteur sait qu'il va entendre deux prises de position opposées.
Relève le terme, dans le même paragraphe, qui précise le cadre dans lequel vont s'exprimer les réponses à ces questions.Relève le terme, dans le même paragraphe, qui précise le cadre dans lequel vont s'exprimer les réponses à ces questions.استخرج من الفقرة نفسها اللفظ الذي يحدّد الإطار الذي ستُطرح فيه الأجوبة.
« débat » : « Vieux débat sans cesse repris. » Le mot fixe le cadre : les réponses ne seront pas des vérités, mais des points de vue qui s'opposent. Et « vieux », « sans cesse repris » disent que la question n'a jamais été tranchée.
Quel terme l'auteur utilise-t-il pour marquer la transition entre les deux prises de position ?Quel terme l'auteur utilise-t-il pour marquer la transition entre les deux prises de position ?ما اللفظ الذي استعمله الكاتب للانتقال من الموقف الأوّل إلى الثاني؟
« Pourtant », au début du quatrième paragraphe : « Pourtant, c'est sa maladie, c'est son affaire à lui. » Un seul mot suffit à faire basculer le texte : tout ce qui précède est la position n° 1 (ne pas dire), tout ce qui suit est la position n° 2 (dire). « Pourtant » est un connecteur d'opposition — il annonce que ce qui vient contredit ce qui a été dit.
Quels arguments l'auteur avance-t-il pour étayer la prise de position n° 1 ?Quels arguments l'auteur avance-t-il pour étayer la prise de position n° 1 ?ما الحجج التي قدّمها الكاتب لدعم الموقف الأوّل؟
- On n'a pas le droit de désespérer un homme qui « porte la mort en soi ».
- Pourquoi imposer à une seule catégorie d'hommes, les cancéreux, « la compagnie quotidienne de la mort » ? La peine, c'est d'attendre la mort sans savoir quand elle viendra.
- S'il guérit, la vérité ne sert à rien : il vivra avec « la hantise de la rechute » — « une angoisse, un désespoir parfaitement inutiles ».
Trois arguments, et un même fil : la vérité fait souffrir, sans rien apporter en échange.
En une phrase, résume la prise de position n° 1.En une phrase, résume la prise de position n° 1.لخّص الموقف الأوّل في جملة واحدة.
« Il ne faut pas dire la vérité au malade atteint de cancer, car elle le désespère et lui impose, même guéri, une angoisse inutile. » ⭐ Une bonne phrase de résumé tient en deux temps : la position (il ne faut pas dire), puis la raison principale, introduite par « car ».
Quels arguments l'auteur avance-t-il pour étayer la prise de position n° 2 ?Quels arguments l'auteur avance-t-il pour étayer la prise de position n° 2 ?ما الحجج التي قدّمها الكاتب لدعم الموقف الثاني؟
- C'est sa maladie, « son affaire à lui » : « le simple respect de l'homme exige qu'on lui dise ce qu'il en est ».
- Mentir crée « des relations entièrement faussées où se mêlent la pitié et l'hypocrisie » : le malade est le seul à ignorer ce que tous savent.
- S'il veut se cacher la vérité, c'est à lui d'en décider : « qu'il soit lui, le responsable du mensonge, et non le médecin ».
- Les rapports médecin-malade gagnent : il comprend le traitement, en supporte mieux les effets, y participe.
Quatre arguments, cette fois — et plus variés : une valeur (le respect), une relation (la confiance), une responsabilité, une efficacité.
En une phrase, résume la prise de position n° 2.En une phrase, résume la prise de position n° 2.لخّص الموقف الثاني في جملة واحدة.
« Il faut dire la vérité au malade, par respect pour lui, et parce qu'elle assainit sa relation avec le médecin et l'aide à suivre son traitement. »
L'auteur penche-t-il pour l'une des deux positions ? Comment le fait-il comprendre sans le dire ?L'auteur penche-t-il pour l'une des deux positions ? Comment le fait-il comprendre sans le dire ?هل يميل الكاتب إلى أحد الموقفين؟ وكيف يُفهمنا ذلك دون أن يصرّح به؟
Oui, pour la seconde — et c'est l'ordre qui le dit : — la position n° 1 est présentée comme celle des autres : « Quels sont les nombreux arguments avancés contre la vérité ? » ; — la position n° 2 vient après « Pourtant », elle a plus d'arguments, et c'est elle qui termine le texte — le lecteur reste sur les bienfaits de la vérité. ⟹ L'auteur s'appuie sur la thèse adverse pour mieux la dépasser : il l'expose d'abord, puis la retourne. C'est un circuit argumentatif : l'ordre choisi pour présenter les arguments fait partie de l'argumentation.
Les arguments font-ils appel à la raison ou aux sentiments ? L'auteur cherche-t-il à convaincre ou à persuader ?Les arguments font-ils appel à la raison ou aux sentiments ? L'auteur cherche-t-il à convaincre ou à persuader ?هل تخاطب الحجج العقل أم العاطفة؟ وهل يسعى الكاتب إلى الإقناع العقليّ أم إلى التأثير العاطفيّ؟
Aux deux, et pas au même endroit : — la position n° 1 touche surtout la sensibilité : des images et des questions qui serrent le cœur — « porte la mort en soi », « A-t-on le droit de le désespérer ? », « la compagnie quotidienne de la mort » ; — la position n° 2 s'adresse surtout à la raison : un principe (le respect de l'homme), des conséquences observables (des relations faussées, un traitement mieux suivi). ⟹ Toucher les sentiments du lecteur, c'est chercher à le persuader ; lui donner des raisons, c'est chercher à le convaincre. Ce texte fait les deux — et il laisse le dernier mot à la raison.
Faire le point
Expression écrite
| Étape | Circuit 1 | Circuit 2 |
|---|---|---|
| Sujet du débat | Faut-il dire la vérité au malade ? | Faut-il dire la vérité au malade ? |
| Argument 1 | Lorsqu'il sait de quoi il est malade, cela peut aider à le guérir. | Le médecin ne doit pas le désespérer. |
| Argument 2 | Mais lui dire la vérité peut le désespérer encore plus. | Mais personne n'a le droit de lui mentir. |
| Conclusion | … | … |
Corrige ton tableauCorrige ton tableauصحّح جدولك بمقارنته بهذا.
| Circuit | Conclusion attendue |
|---|---|
| Circuit 1 | il vaut mieux ne pas lui dire toute la vérité |
| Circuit 2 | il faut lui dire la vérité, en le ménageant |
Dans les deux circuits, l'argument 1 est accordé, puis « Mais » introduit l'argument 2, qui l'emporte. La conclusion suit donc toujours le second argument : c'est la structure de la concession — « certes… mais ». ⚠️ Le piège : conclure dans le sens de l'argument 1, parce qu'il est cité en premier. C'est l'inverse : ce qui vient après « mais » a le dernier mot.
Compare avec un modèleCompare avec un modèleقارن ما كتبتَه بهذا النموذج.
Circuit 2 : « Certes, le médecin ne doit pas désespérer son malade : apprendre brutalement que l'on est gravement atteint peut briser les forces dont on a besoin pour lutter. Mais personne n'a le droit de lui mentir : c'est de sa vie qu'il s'agit, et il est le seul à qui l'on cacherait ce que tout son entourage sait déjà. C'est pourquoi il faut lui dire la vérité, mais en choisissant les mots et le moment, pour qu'elle l'aide au lieu de l'accabler. » ⚖️ Regarde ce que ce modèle fait, et fais pareil : il accorde l'argument 1 (« Certes »), le retourne avec « Mais », appuie chaque argument d'une explication, et conclut avec « C'est pourquoi » dans le sens du second argument.
Expression orale
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