French Language

Projet 1 — CRÉER UN BLOG TOURISTIQUE — « Algérie : Un pays à découvrir » Outils de la langue

La proposition subordonnée complétive

🔊 The teacher reads for you
Sur ton blog, tu veux rapporter ce que pensait une grande figure de notre histoire. Tu écris : « Elle pensait la justice. » La phrase est correcte, et pourtant elle ne dit rien : on ne sait pas ce qu'elle en pensait. Alors tu recommences : « Elle pensait qu'il fallait être juste. » Cette fois, ce n'est plus un mot que tu as mis après le verbe — c'est une phrase entière, avec son propre sujet et son propre verbe, glissée à l'intérieur de la première. Comment une phrase peut-elle en habiter une autre, et quel est ce petit mot qui l'y attache ?
🎓في نهاية هذا الدرس ستكون قادرا على:
  • التعرّف على الجملة المكمّلة (⁦la proposition subordonnée complétive⁩) داخل نصّ، وتحديد الفعل الذي تكمّله
  • التمييز بينها وبين الجملة الموصولة، وكلتاهما تبدأ بـ⁦que⁩
  • اختيار صيغة الفعل فيها : الإخبار (⁦l'indicatif⁩) بعد فعل رأي، والشرط (⁦le subjonctif⁩) بعد فعل شعور أو إرادة
  • تحويل مجموعة اسميّة مفعولٍ به إلى جملة مكمّلة لتُعبّر عن رأيك بدقّة
🔑يفترض هذا الدرس أنّك تتقن:
  • التمييز بين الجملة الأصليّة والجملة الفرعيّة (⁦la principale et la subordonnée⁩)
  • وظيفة المفعول به المباشر (⁦le complément d'objet direct⁩)، وسؤال «ماذا ؟» الذي يكشفه
  • الجملة الموصولة وضميرها ⁦que⁩، ودرس صيغة الشرط (⁦le présent du subjonctif⁩)

J'observe et j'analyse

اقرأ النصّ. الجملة المكتوبة بالخطّ العريض هي موضوع الدرس : انظر إلى الفعل الذي يسبقها مباشرةً.
La Kahina

Khaled contemplait souvent sa mère adoptive et se demandait pourquoi cette femme était considérée comme étant hors du commun. D'abord, El Kahina était pacifique quand elle rétablissait l'équilibre entre ses tribus. Elle pensait qu'il fallait être juste, surtout lorsqu'elle distribuait le grain, les dattes et l'eau. Par ailleurs, c'était une guerrière qui se livrait sans limites à la passion des armes, des joutes et des combats. — D'après Gisèle Halimi, « La Kahina », Pocket (2009)

1. Relève dans le texte deux arguments qui montrent qu'El Kahina était une femme exceptionnelle.
استخرج من النصّ حجّتين تُظهران أنّ الكاهنة كانت امرأةً استثنائيّة.
ConnecteurL'argument
D'abordelle était pacifique : elle rétablissait l'équilibre entre ses tribus, et distribuait le grain, les dattes et l'eau avec justice
Par ailleursc'était une guerrière qui se livrait sans limites à la passion des armes, des joutes et des combats

Deux arguments, et ils sont opposés — pacifique d'un côté, guerrière de l'autre. C'est justement cette contradiction qui prouve la thèse : cette femme était « hors du commun ». ⭐ Et tu as reconnu au passage les connecteurs d'énumération de la leçon précédente : D'abord ouvre la série, Par ailleurs l'allonge.

2. Par quoi est complétée la proposition en gras dans le texte ?
بمَ كُمّلت الجملة المكتوبة بالخطّ العريض ؟
La proposition principaleCe qui la complète
Elle pensait…qu'il fallait être juste

Fais le test de la question : elle pensait quoi ? — « qu'il fallait être juste ». Ce qui complète le verbe n'est donc pas un simple mot, c'est une proposition entière, avec son propre sujet (« il ») et son propre verbe (« fallait »). Et fais ensuite le test de la suppression : « Elle pensait. » ⟹ la phrase se tient encore debout grammaticalement, mais elle a perdu tout son contenu. C'est la marque du complément d'objet : on ne peut pas s'en passer sans vider la phrase.

3. Par quel mot est introduite cette deuxième proposition ?
بأيّ كلمة ابتدأت هذه الجملة الثانية ؟

Par que — écrit ici qu' parce que le mot suivant commence par une voyelle. Ce « que » n'a aucun sens à lui tout seul, et il ne remplace rien : il attache, c'est tout. On l'appelle pour cette raison une conjonction de subordination — « con-jonction » veut dire « qui joint ensemble », et « subordination » veut dire que la proposition qu'il ouvre dépend de l'autre. ⚠️ Ne le confonds pas avec le pronom relatif « que » de la leçon sur la relative. Celui-là, lui, remplaçait un nom placé avant. Tu verras à l'exercice 2 comment les distinguer à coup sûr.

Je retiens. La subordonnée complétive est dite conjonctive lorsqu'elle est introduite par la conjonction de subordination « que ». Souvent, elle est complément d'objet du verbe de la principale. Elle répond à la question « quoi ? » ou « de quoi ? ». Exemple : Elle était persuadée qu'il fallait être juste.
Le verbe de la principale décide du mode de la subordonnée
Proposition principaleProposition subordonnéeExemple
Verbe d'opinion : croire, penser, affirmer, constater…verbe à l'indicatifJe pense qu'il lira ce roman historique.
Verbe de sentiment ou de volonté : douter, désirer, craindre, vouloir…verbe au subjonctifJe veux qu'il lise ce roman historique.
Verbe impersonnel : il faut que…, il est souhaitable que…verbe au subjonctifIl faut que tu lises ce roman historique.
Principale négative ou interrogativeverbe le plus souvent au subjonctifJe ne crois pas que tu puisses lire ce roman. Est-il possible que tu lises ce roman ?
Le même verbe « lire » passe de « lira » à « lise » sans que rien ne change dans la subordonnée elle-même : c'est le verbe d'à côté qui décide. (« lises » ne compte pas : là, c'est le sujet qui a changé, « tu ».)
Éclairage. Deux « que » se ressemblent comme des jumeaux, et il faut savoir les séparer — c'est la difficulté principale de cette leçon. — Le pronom relatif « que » remplace un nom placé juste avant lui : « les livres que le professeur nous a donnés » ⟹ « que » remplace « les livres », et il est C.O.D. de « a donnés ». Supprime la subordonnée : « Les livres parlent de l'antiquité. » ⟹ la phrase garde tout son sens. — La conjonction « que » ne remplace rien : « Ils étaient sûrs que la violence cesserait » ⟹ « que » n'est là que pour attacher. Supprime la subordonnée : « Ils étaient sûrs. » ⟹ la phrase a perdu son contenu. ⭐ Le test qui ne trompe pas : pose la question « quoi ? » après le verbe de la principale. Si la subordonnée entière répond, c'est une complétive. Si elle ne répond pas mais qu'elle décrit un nom, c'est une relative. ⚠️ Enfin, la complétive ne suit pas toujours un verbe : elle peut suivre un adjectif (« sûrs que… », « heureux que… ») ou un nom (« l'assurance que… »). C'est toujours la même complétive.
التمييز بين ⁦que⁩ الرابطة و⁦que⁩ الموصولة : الموصولة تعوّض اسما قبلها، والرابطة لا تعوّض شيئا. جرّب سؤال «ماذا ؟» بعد الفعل.

Je vérifie

تحقّق من فهمك قبل التمارين. أجب بـ«صحيح» أو «خطأ»، ثمّ افتح الجواب.
Vrai ou faux ?

a. La conjonction de subordination « que » se place toujours après un verbe. b. La complétive est au subjonctif après un verbe d'opinion. c. La complétive est à l'indicatif après un verbe exprimant une volonté.

Les trois réponses, et pourquoi
RéponsePourquoi
aFauxC'est le cas le plus fréquent, mais pas le seul : elle suit aussi un adjectif — « Ils étaient sûrs que la violence cesserait » — et un nom — « Il nous a donné l'assurance que… ». Tu les rencontreras tous les deux dans les exercices.
bFauxAprès un verbe d'opinion, on emploie l'indicatif : « Je pense qu'il lira ce roman », et non « qu'il lise ». Celui qui pense affirme un fait — l'indicatif est le mode du fait.
cFauxC'est l'inverse : après un verbe de volonté, on emploie le subjonctif. « Je veux qu'il lise », jamais « qu'il lira ». Celui qui veut n'affirme rien — il souhaite.

Retiens la logique qui relie b et c, elle vaut mieux qu'une liste : l'indicatif est le mode de ce qui est, le subjonctif est le mode de ce qu'on veut, redoute ou envisage. Un verbe d'opinion pose un fait ⟹ indicatif. Un verbe de volonté ou de sentiment ne pose rien ⟹ subjonctif.

Je m'entraîne

أنجز التمارين على كرّاسك أوّلا، ثمّ افتح التصحيح وقارن.
Exercice 1 — Je classe ces verbes dans le tableau

s'étonner, détester, falloir, estimer, croire, être sûr, douter, exiger, craindre, vouloir, déclarer, penser, être persuadé, ordonner.

Corrigé de l'exercice 1
Verbes exprimant une opinionVerbes exprimant un sentiment, une volonté
estimer, croire, être sûr, déclarer, penser, être persuadés'étonner, détester, falloir, douter, exiger, craindre, vouloir, ordonner

La colonne de gauche demandera l'indicatif, celle de droite le subjonctif. Le classement n'est donc pas un exercice de vocabulaire : c'est déjà la moitié de la conjugaison de tes phrases. ⚠️ Deux verbes méritent qu'on s'arrête. Douter ressemble à un verbe d'opinion, mais il exprime en réalité l'incertitude : « je doute qu'il vienne » ⟹ subjonctif. Et falloir ne s'emploie qu'à la forme impersonnelle « il faut que » ⟹ subjonctif également.

Exercice 2 — Je repère la proposition subordonnée complétive

a. Dans un débat concernant l'histoire, il faut que tu sois précis dans tes interventions. b. Dans le sud algérien, existaient des lieux que les colons ne connaissaient pas. c. Les livres que le professeur nous a donnés à lire parlent de l'antiquité. d. Ils étaient sûrs que la violence faite à leur peuple cesserait un jour. e. Larbi Ben M'Hidi avait déclaré à ses geôliers que les Algériens allaient tôt ou tard obtenir leur indépendance.

Corrigé de l'exercice 2
La subordonnéeSa natureLa preuve
aque tu sois précis dans tes interventionscomplétive« il faut quoi ? » — elle répond. Et « que » ne remplace aucun nom.
bque les colons ne connaissaient pasrelative — pas une complétive« que » remplace « des lieux ». Supprime-la : « existaient des lieux » garde son sens.
cque le professeur nous a donnés à lirerelative — pas une complétive« que » remplace « les livres ». Supprime-la : « Les livres parlent de l'antiquité » garde son sens.
dque la violence faite à leur peuple cesserait un jourcomplétive« sûrs de quoi ? » — elle répond. Ici elle complète un adjectif, pas un verbe.
eque les Algériens allaient tôt ou tard obtenir leur indépendancecomplétive« il avait déclaré quoi ? » — elle répond. C'est le C.O.D. de « avait déclaré ».

Deux phrases sur cinq étaient des pièges, et ils étaient placés exprès au milieu. Retiens le geste qui les démasque en une seconde : supprime la subordonnée et relis la principale. — S'il reste une phrase qui a du sens ⟹ c'était une relative (elle enrichissait un nom). — S'il reste une phrase creuse, qui appelle une suite ⟹ c'était une complétive (elle portait le contenu).

Exercice 3 — Je transforme le groupe nominal complément d'objet en proposition subordonnée complétive

a. À l'école, les professeurs nous apprennent l'importance de la nation. b. De nombreuses associations pensaient la solution politique possible. c. Les colons croyaient à l'incapacité des Algériens à se libérer. d. Je crois en l'intelligence des êtres humains.

Corrigé de l'exercice 3
La phrase transforméeLe nom devenu verbe ou adjectif
aÀ l'école, les professeurs nous apprennent que la nation est importante.l'importance ⟹ est importante
bDe nombreuses associations pensaient qu'une solution politique était possible.possible reste adjectif, mais il lui faut maintenant un verbe : était
cLes colons croyaient que les Algériens étaient incapables de se libérer.l'incapacité ⟹ étaient incapables
dJe crois que les êtres humains sont intelligents.l'intelligence ⟹ sont intelligents

La méthode est la même quatre fois, et elle tient en trois gestes : ① je cherche le nom abstrait (l'importance, l'incapacité, l'intelligence) ; ② je le rends à sa famille — un adjectif ou un verbe (important, incapable, intelligent) ; ③ je lui donne un sujet et le verbe « être », et j'attache le tout avec « que ». ⭐ Regarde ce que tu as gagné en c et d : la préposition disparaît. On écrivait « croire à », « croire en » ; avec une complétive, on écrit simplement « croire que ». La subordonnée se branche directement sur le verbe.

Exercice 4 — Je complète les phrases

a. Les indépendantistes pensaient que… b. Les Algériens étaient convaincus que… c. Le colonel de l'ALN nous a donné l'assurance que… d. Les musulmans souhaitaient que… e. Nous sommes heureux que…

Corrigé de l'exercice 4
Le mode imposéPourquoiUne suite possible
aindicatif« penser » est un verbe d'opinion…que l'indépendance finirait par venir.
bindicatif« être convaincu » est une opinion, portée par un adjectif…que leur pays serait libre un jour.
cindicatif« l'assurance » est une opinion, portée cette fois par un nom…que les combattants seraient protégés.
dsubjonctif« souhaiter » exprime une volonté…que la paix revienne dans le pays.
esubjonctif« être heureux » exprime un sentiment…que tu sois parmi nous aujourd'hui.

Les trois premières lignes montrent les trois supports possibles d'une même complétive : un verbe (pensaient), un adjectif (convaincus), un nom (l'assurance). Le mot change, la complétive ne change pas. ⟹ Avant d'écrire le verbe de ta subordonnée, pose-toi toujours une seule question : ce qui la précède affirme quelque chose, ou bien le souhaite ? Affirme ⟹ indicatif. Souhaite, redoute, ordonne ⟹ subjonctif.

Mon avis en quelques lignes — je donne mon avis sur le combat de Fatma N'Soumer
اكتب فقرة قصيرة تُبدي فيها رأيك في نضال فاطمة نسومر، موظّفا جملة مكمّلة على الأقلّ. ثمّ افتح النموذج وقارن — لا تنسخه.

Fatma N'Soumer a sacrifié sa vie en luttant contre l'invasion des troupes françaises. Construis un court paragraphe dans lequel tu donneras ton avis sur le combat de cette glorieuse femme, en utilisant au moins une proposition subordonnée complétive. Écris tes quelques lignes sur ton cahier avant d'ouvrir le modèle.

Un exemple de production possible

Je pense que le combat de Fatma N'Soumer mérite d'être raconté à chaque génération. Elle n'avait que vingt-trois ans, et elle a choisi de résister dans son Djurdjura natal alors que tout lui commandait de se taire. Je suis persuadé qu'une telle décision demande plus de courage qu'une bataille, parce qu'elle se prend seule. Il faut donc que nous retenions son nom, et je souhaite que nos livres lui donnent la place qu'ils accordent aux hommes de son temps.

Compte les complétives du modèle : il y en a quatre, et elles ne portent pas le même mode. — « Je pense que le combat… mérite » ⟹ opinion, indicatif. — « Je suis persuadé qu'une telle décision demande » ⟹ opinion après un adjectif, indicatif. — « Il faut que nous retenions » ⟹ verbe impersonnel, subjonctif. — « je souhaite que nos livres lui donnent » ⟹ volonté, subjonctif. Quatre fois « que », deux modes : c'est le verbe de gauche qui a décidé, à chaque fois.

Au BEM, la complétive tombe parmi les questions de la Compréhension de l'écrit, sous les trois formes que tu viens de pratiquer : ① « relève la proposition subordonnée et donne sa nature », ② « remplace le groupe nominal souligné par une subordonnée complétive », ③ « mets le verbe entre parenthèses au mode qui convient ». Aie ces trois choses prêtes : le test de la question « quoi ? » distingue la complétive de la relative en une seconde ; le mode se lit à gauche, jamais à droite — c'est le verbe de la principale qui commande ; et une complétive peut suivre un adjectif ou un nom, pas seulement un verbe. ⛔ L'erreur la plus fréquente, chaque année : appeler « complétive » une relative, parce que les deux commencent par « que ». Le réflexe qui la corrige : remets le nom qui précède « que » DANS la subordonnée — si la phrase tient (« les livres que le professeur nous a donnés » ⟹ « le professeur nous a donné les livres »), c'est une relative ; si la subordonnée est déjà complète sans lui (« l'idée que tu viennes »), c'est une complétive.
La proposition subordonnée complétive est une phrase entière logée dans une autre, attachée par la conjonction de subordination « que ». Elle est le plus souvent complément d'objet du verbe de la principale et répond à la question « quoi ? » ou « de quoi ? » — mais elle peut aussi compléter un adjectif (« sûr que… ») ou un nom (« l'assurance que… »). Ne la confonds jamais avec la relative : le « que » relatif remplace un nom, le « que » conjonctif ne remplace rien. Enfin, le mode de son verbe ne lui appartient pas : après une opinion, l'indicatif (je pense qu'il lira) ; après un sentiment, une volonté ou un verbe impersonnel, le subjonctif (je veux qu'il lise, il faut qu'il lise). Pour ton blog comme pour ton BEM, c'est l'outil qui te permet de rapporter une pensée entière sans la réduire à un seul mot.

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